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Le gouvernement Benkirane poursuit sa politique de croissance du …chômage

L’Exécutif hérite d’une nouvelle note de cancre infligée par BAM




Bank Al-Maghrib a décidé de maintenir inchangé son taux directeur à 2,25 %, tout en confirmant un taux de croissance de 1,2% pour 2016. Ce dernier tranche complètement avec les fantasmagoriques 7% promis par Benkirane et son PJD.  
Triste constat rappelé, mardi à Rabat, par le Wali de Bank Al Maghrib (BAM), Abdelatif Jouahri. Et ce n’est pas tout. Le gouverneur de BAM n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme quant au niveau du taux de chômage. En faisant état d’une hausse de 0,1 point à 10 % au niveau national, passant ainsi de 14,3% à 14,6% en milieu urbain et de 4,7% à 4,5% en milieu rural, M. Jouahri a jeté un pavé dans la mare : la situation pour les chômeurs au Maroc va de mal en pis.
En effet, toutes les institutions nationales publiques et privées s’accordent à dire, preuves à l’appui, que l’emploi au Royaume traverse une mauvaise passe. Mais depuis quand ? Pas depuis toujours en tout cas, surtout lorsque l’on sait qu’à partir de la prise des commandes par le  gouvernement mené par le PJD, les choses ont vraiment empiré.
Ainsi, selon les principaux indicateurs du Haut-commissariat au plan (HCP) relatifs à la situation du marché du travail au premier trimestre de l’année en cours, trois tragédies sont à mettre au passif de Benkirane et de son team.
Primo, le nombre de chômeurs dans le Royaume a atteint 1.169.000 personnes.
Secundo, le taux de sous-emploi s’est accru de 1 point.
Et tertio, les lauréats des grandes écoles et instituts sont sur le point de connaître le même sort dramatique que les autres catégories des diplômés du supérieur, en l’occurrence de se retrouver sur le pavé sitôt leurs sésames en poche.  
C’est dire que l’actuel Exécutif n’a cure de la barre du chômage qui frise les 1,5 million d’individus en comptant les personnes sans travail ou disposant d’emplois précaires ainsi que ceux qui sont présentés par le HCP comme travaillant sans rémunération aucune, et ce au moment même où la population en âge d’activité s’accroît de plus en plus et que le phénomène de sous-emploi commence à faire tache d’huile, aussi bien en milieu urbain que rural !
Pis. Le HCP avait aussi fait ressortir que le volume global de l’emploi est passé, entre le premier trimestre 2016 et celui de l’année dernière, de 10.513.000 à 10.500.000,précisant que le taux d’emploi a, de ce fait, reculé de 0,6 point au niveau national, passant de 42,3% à 41,7% et baissé de 0,6 point en milieu urbain (de 35,6% à 35%) et de 0,7 point en milieu rural (de 52,9% à 52,2%).
Emboîtant le pas au HCP, le Centre marocain de conjoncture (CMC), qui s’est, récemment, focalisé sur le marché du travail et le climat social, a mis en exergue des faits à la fois patents et latents.  
Ainsi, les experts du CMC ont, de prime abord, dévoilé des principaux facteurs qui déterminent le fonctionnement du marché du travail dont une demande d’emploi qui est fortement tirée par la démographie urbaine précisant que sur la période 2004-2014, la population en âge d’activité au Maroc est passée de 20,94 à 24,6 millions de personnes, soit un taux d’accroissement annuel moyen de 1,6%. Et de souligner que l’urbain s’accapare 61% de la population en âge d’activité, contre 58% en 2004, expliquant, dans ce sens, que cette hausse très accélérée de la demande est due principalement à l’exode rural.
«La demande théorique d’emploi est de 367.000 personnes par an. Sur ce total, la demande réelle qui se dégage des statistiques de la période (2004-2014) n’est que de 80.000 personnes, soit une part de 22% seulement», avaient-ils évoqué mettant en exergue une perte économique inestimable ainsi qu’une lourde charge économique pour les actifs occupés.
En somme, pour le CMC, les perspectives de la demande d’emploi ne sont pas si reluisantes mettant en relief, à la lumière des résultats du RGPH de 2014, un nombre additionnel de ménages en milieu urbain qui sera de 195.000 chaque année pour la période allant de 2015 à 2024 et d’un total d’actifs demandeurs d’emplois qui sera de 115.000 annuellement.
Autre bémol, le secteur privé reste le principal pourvoyeur d’emplois puisque sa part dans l’offre globale au cours de la période susmentionnée a été de 77% contre 23% pour l’ensemble du secteur public (administration et entreprises confondues), a continué de faire savoir l’observatoire privé et indépendant de l’économie marocaine spécialisé dans l’analyse et le suivi de la conjoncture, la prévision et l’évaluation d’impact. L’on apprend également de cette même source que les besoins théoriques d’emplois au Maroc sont estimés à 120.000 postes annuellement relevant que sur la période 2004-2014, si les besoins d’emplois ont été de 1.200.000, le marché du travail local n’a pu offrir que 540.000 emplois nets au total, soit près de 37,5% seulement.
Par conséquent, les analystes du CMC sont catégoriques : le déficit de cette période a été de 650.000 emplois ajoutant qu’une partie de ce déficit se trouve dans les statistiques du chômage, particulièrement celles du long terme.
Et de rappeler que l’autre partie de la demande, soit près de 400.000 est satisfaite sur le marché du travail international notant, selon les données des Nations unies (référence 2015), que près de 40.000 actifs quittent le Maroc vers l’étranger à la recherche de travail et qu’un total de 3,6 millions actifs marocains se trouve à l’étranger sur une population qui y réside de 4,9 millions.
Le déficit grandissant en matière d’emploi constitue un défi permanent pour les politiques publiques, avait souligné le CMC ajoutant, que ledit déficit dépasse actuellement la moyenne de 10% de la population active et présente de fortes disparités, selon le milieu de résidence, les groupes d’âge et le niveau de qualification et de diplômes.
Partant de ce constat, la même source avait relevé qu’au lieu de formuler avec précision les mesures à prendre dans le cadre de politiques actives de l’emploi, les actions de la nouvelle stratégie du Maroc  ne préconisent que la nécessité d’instaurer des politiques macroéconomiques et sectorielles favorables à l’emploi… Sur le plan des objectifs quantitatifs, le CMC tient à noter que le taux de chômage ciblé à l’horizon 2025 et qui, selon le scénario retenu, ne dépasserait guère 3,9% paraît difficilement réalisable compte tenu du potentiel de croissance dans les dix années à venir et des changements démographiques en cours.
Benkirane qui a le don de s’offusquer des données chiffrées de la catastrophe vers laquelle il a conduit le pays durant son mandat, va-t-il faire son numéro de nouveau en s’en prenant au patron de la Banque centrale après avoir traîné dans la boue les responsables des  instituts de statistiques et de prévisions ainsi que la patronne des patrons ?
Durement rattrapé par la réalité, il ne semble avoir d’autres choix que de verser dans la polémique stérile au lieu de prendre à bras-le-corps le problème ou d’avoir le courage politique de se retirer sur la pointe des pieds

Meyssoune Belmaza
Jeudi 23 Juin 2016

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