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Le foot redore son image avec Drogba, mais à quel prix ?




Le foot redore son image avec Drogba, mais à quel prix ?
L'arrivée de Didier Drogba au Shanghai Shenhua provoque une polémique en Chine sur l'afflux massif de vedettes étrangères dans le championnat local, encore convalescent après plusieurs affaires de corruption.
Lors de la dernière décennie, le foot chinois était surtout célèbre pour la corruption de ses arbitres, surnommés les "sifflets noirs", les fréquents accès de violences dans ses stades, ainsi que les déboires répétés de son équipe nationale, incapable de se qualifier pour les deux dernières Coupes du monde.
La semaine dernière encore, plusieurs officiels et joueurs ont été condamnés à de lourdes peines de prison dans le cadre d'un énième scandale de pots-de-vin et de matches truqués.
Désormais la Chinese Super League (CSL), la première division locale, se fait davantage remarquer par le biais de ses recrues étrangères payées à prix d'or, comme Drogba pour plus d'un million d'euros par mois, son équipier au Shenhua Nicolas Anelka, lui aussi venu de Chelsea, ou Marcelo Lippi, entraîneur du Guangzhou Evergrande après avoir gagné le Mondial-2006 avec l'Italie.
Le jour même où l'international ivoirien, héros de la récente finale de la Ligue des champions remportée par Chelsea, révélait le nom de son nouveau club, la Fédération chinoise de football (CFA) adoptait une nouvelle règle permettant aux clubs disputant la Ligue des champions d'Asie (ACL) de recruter sept joueurs étrangers, au lieu de cinq auparavant.
Les écarts s'accroissent
Principal bénéficiaire de cette règle, Evergrande sera en septembre la première équipe chinoise en six ans à disputer les quarts de finale de l'ACL contre les Saoudiens d'Al-Ittihad.
En juin 2011, ce club a lancé la mode des transferts faramineux en débauchant l'Argentin Dario Conca de l'équipe brésilienne du Fluminense et en lui versant un salaire annuel de 10,6 millions d'euros.
"Le football chinois est confronté à une grave polarisation. Les riches deviennent encore plus riches alors que les pauvres sont de plus en plus pauvres", a déclaré l'ancien capitaine de la sélection chinoise Li Weifeng au quotidien China Daily.
"Les fans sont heureux que le championnat chinois ait enfin des joueurs et des entraîneurs de classe mondiale en son sein, mais seront-ils encore là si ceux-ci partent un jour?", a-t-il ajouté.
Zhang Lu, le gardien du Liaoning FC, pense que l'afflux de joueurs étrangers peut aider leurs équipiers chinois mais il émet aussi des réserves. "Bien sûr que les supporteurs seront sous le charme. Mais est-ce que cela veut dire que la CSL est désormais réservée aux riches?", se demande-t-il, dans le même journal.
L'équipe nationale de Chine, dirigée depuis août par l'Espagnol José Antonio Camacho, a participé à une seule Coupe du monde en 2002. Elle avait perdu ses trois rencontres, sans parvenir à inscrire un seul but.

Libé
Samedi 23 Juin 2012

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