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Le feuilleton du Conseil de la ville perdure




Les projets structurants de Casablanca accumulent les retards

La crise du Conseil de la ville de Casablanca se poursuit et se durcit. Chaque partie semble camper sur ses positions et aucune issue ne semble se profiler à l’horizon. La série de pourparlers conduite depuis quelques mois par le maire, le wali et certains membres du conseil ne semble pas aboutir à des résultats notables.
 «Les positions de la majorité et de l’opposition n’ont pas bougé d’un iota. C’est le blocage total », nous a précisé un élu de l’opposition sous le saut de l’anonymat. Même son de cloche du côté de cet autre élu : « Le Conseil de la ville est totalement paralysé. Seul  le président a l’air d’avoir les mains encore libres mais pas complètement ».
En effet,  depuis le début de la crise, Sajid est devenu le seul pilote à bord et il a commencé à gérer à titre individuel les affaires de la métropole en gelant le travail de plusieurs commissions du conseil et en monopolisant le pouvoir de signer.
Pour plusieurs observateurs, cette situation est à double tranchant. «Car si le maire peut jouir des pleins pouvoirs en matière de décision et de gestion, le revers de la médaille, c’est qu’il risque de multiplier les erreurs d’appréciation et de décision. Et du coup ses responsabilités vis-à-vis des autorités de tutelle et de la Cour des comptes seront plus lourdes à assumer », nous a affirmé un fin connaisseur du Conseil de la ville.
« La situation actuelle n’a rien de réjouissant pour le président du conseil, puisqu’elle crée plus de problèmes qu’elle n’en résout. Sajid, seul, est incapable de gérer toute une ville comme Casablanca. Il manque de charisme et de capacités de manœuvre», nous a expliqué un élu.
Du côté des partis politiques présents au Conseil, la prudence et la réserve sont de mise. Les éventuelles élections en octobre ou dans les mois à venir les  poussent à tempérer leurs ardeurs.
« Personne ne veut s’aventurer dans une entreprise aussi risquée. L’ombre des élections hante les esprits et l’ensemble des élus agissent en prenant ce paramètre en considération », nous a expliqué un élu de la majorité. Un avis largement partagé par d’autres édiles locaux qui estiment que l’approche des élections a brouillé les cartes et que l’ensemble des élus devront dès lors se mobiliser pour tirer profit de la nouvelle donne.
Et qu’en est-il du ministère de l’Intérieur? Pourquoi croise-t-il encore les bras et pourquoi préfère-t-il ne pas intervenir? Pour y répondre, les points de vue divergent. Selon certaines sources, les autorités de tutelle essaient de gagner du temps en espérant extirper la tumeur sans trop de dégâts. Ceci d’autant plus que la situation politique tendue du pays pousse à plus de retenue.
Pour d’autres, toute ingérence de l’Etat peut causer préjudice à l’image même du Conseil en faisant apparaître les élus comme des mineurs immatures qui ne peuvent se passer de la tutelle de l’Etat. « C’est l’expérience démocratique elle-même qui risque de s’en ressentir à jamais. Notamment dans un contexte où la question de la démocratie et de la confiance des citoyens dans l’action politique est mise sur le devant de la scène», nous a expliqué un observateur.
Mais pour cet élu de la majorité, le ministère de l’Intérieur n’a jamais exclu cette hypothèse. Le hic, c’est qu’il est confronté aux dispositions de l’article 25 de la charte communale qui ne lui donnent qu’un délai ne dépassant pas trois mois pour gérer pareilles situations. Ce qui est insuffisant d’autant plus que le Conseil de la ville vit ses derniers jours. 
Que faut-il faire donc? Silence radio. Peut être qu’il faut donner du temps au temps. Mais en attendant, c’est aux Casablancais de payer les pots cassés car la crise a un prix fort. « Aujourd’hui, l’ensemble des grands projets structurants de la capitale économique sont en stand-by. C’est le cas du Tramway qui accumule les retards, le grand théâtre qui peine à sortir des tiroirs du Conseil, les travaux du pont à l’entrée Sud - Est de la ville et la liste est longue. Les particuliers sont aussi touchés par cette crise. C’est le cas de Dar El Mouatine où des dizaines de projets attendent d’être autorisés. C’est le cas aussi pour un certain nombre de citoyens qui trouvent énormément de difficultés, en raison de l’absence d’interlocuteurs», nous a expliqué notre source qui ajoute que les prochains mois seront décisifs et que la situation va se compliquer davantage, notamment avec le vote des subventions accordées aux arrondissements et l’approbation du budget d’octobre.
Pour certains édiles de la ville, la crise actuelle du Conseil de Casablanca est profondément politique et non pas juridique. Elle résulte de l’intervention de certaines parties dans le vote et la composition du bureau du Conseil au lendemain des élections de ce dernier, sans aucun respect pour les résultats des urnes et les rapports de force qui règnent entre les partis politiques..
Ils estiment que cette main invisible a donné naissance à une majorité hybride, hétérogène et faible, qui manque de solidarité entre ses composantes et de projet mobilisateur.
Ces édiles font allusion au Parti Authenticité et Modernité (PAM) qui a vu siéger six de ses membres dans le bureau du Conseil  alors qu’il ne dispose que de 16 conseillers. Une aberration pour les uns, une insulte pour les autres. « Cette situation absurde a trop longtemps duré et je crois qu’il est temps d’en dresser le bilan», a conclu un élu de l’opposition.

Hassan Bentaleb
Dimanche 10 Juillet 2011

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