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Le discours d’Obama en deçà des attentes




Le discours d’Obama en deçà des attentes
Le discours «historique» du Président américain Barack Obama de jeudi dernier sur l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient est en deça des attentes et espérances des uns et des autres…On peut même dire que les Etats-Unis paraissent aujourd’hui hors course !

Venant après le discours historique du Caire de 2009, celui du jeudi du 19 mai 2011 qui se voulait de même nature, et que tout le monde attendait avec intérêt, d’autant qu’il a été préparé méticuleusement suite à différentes consultations une semaine avant, n’a pas produit l’effet escompté. Scepticisme et déception, tel est le sentiment ressenti particulièrement chez les protagonistes du problème palestinien. Voulant contenter, plaire aux uns et aux autres, c'est-à-dire aux Palestiniens et aux  Israéliens, le Président américain semble avoir perdu le pari ! Bien que reconnaissant aux Palestiniens le droit de retrouver les territoires de 1967 (une première), il a néanmoins mis des limites à la création d’un Etat palestinien pour ne pas fâcher l’ami (encombrant et pressant) israélien, c'est-à-dire éviter de mener à terme l’approche palestinienne pour la reconnaissance de l’Etat palestinien par la prochaine Assemblée générale de l’ONU risquant de provoquer l’isolement d’Israël, ce dont Washington ne veut pas. C'est-à-dire la création d’un Etat palestinien doit être le résultat de négociations entre les deux parties concernées. Deux points importants, selon Obama, doivent être aussi mis en veilleuse pendant ce temps, et examinés plus tard. Il s’agit du statut de Jérusalem et le retour des réfugiés palestiniens. En somme la création de l’Etat palestinien en deux étapes.
Il va de soi que les propositions du Président américain pour un Etat palestinien au rabais ne sont pas  accueillies avec empressement, le moins qu’on puisse dire, par les Palestiniens que ce soit ceux de Ramallah ou de Gaza, les deux parties venant juste de sceller leurs retrouvailles.
Quant aux Israéliens dont le Premier ministre, qui a entrepris un long séjour aux Etats-Unis, et comme on s’y attendait, ils ont dit niet à la proposition du locataire actuel de la Maison Blanche de déclarer l’Etat palestinien dans les frontières de 1967.
Le désir ardent de Benyamin Natanyahu et seule concession qu’il daigne admettre est de réduire le prochain Etat palestinien à la portion congrue. Pourquoi pas sous forme d’un Bantoustan ? Autrement dit, les Israéliens voudraient reprendre à leur compte la politique d’Apartheid révolue de l’Afrique du Sud. Le Premier ministre israélien comptant sur le puissant lobby pro-israélien aux Etats-Unis, l’AIPAC qui a ses entrées dans toutes les sphères influentes américaines et la sympathie du Congrès américain acquis à la cause israélienne, entend faire pression sur l’Administration américaine et particulièrement la Maison Blanche pour arriver à ses fins. Le Premier des Israéliens ne s’en cache pas. Il a eu l’outrecuidance d’afficher ouvertement et devant les journalistes son refus de la proposition américaine lors de la rencontre au Salon ovale. Natanyahu  pourra-t-il indéfiniment défier tout le monde ?  Les Israéliens aveuglés par leur excès d’assurance, voire leur arrogance, semblent en retard d’un lustre de ne pas s’apercevoir que le monde est en train de changer autour d’eux et même au-delà. S’ils n’acceptent pas une solution négociée dans un climat de paix  et de sérénité pour l’instauration d’un Etat palestinien viable avec des frontières partagées, la décision leur sera imposée d’une manière ou d’une autre…
 Il faut savoir ce que veut réellement le gouvernement de Tel Aviv , vivre en paix avec ses voisins arabes ou continuer sa politique jusqu’au-boutiste mais avec la peur au ventre ? Les Israéliens sauront-ils enfin faire preuve de pragmatisme et se montrer raisonnables ? C’est une question à cent shekels !
En tout cas, les Palestiniens ne semblent pas renoncer à leur projet de  demander à l’Assemblée générale de l’ONU en septembre prochain d’entériner la création d’un Etat palestinien.
Si le discours du Président Barack Obama a été quelque peu décevant sur la question palestino-israélienne, on peut dire qu’il a été mieux accueilli pour ce qui concerne le mouvement libérateur dans le monde arabe, notamment quand il prend fait et cause pour les populations au détriment des gouvernants, surtout ceux qui ne  sont pas au diapason de leurs populations avides de dignité, de justice sociale, de liberté… En un mot de démocratie avec un grand «D».
C’est une évolution marquante de la politique américaine qui soutient désormais les aspirations des populations…C’est un changement de cap notoire !
Pour les précurseurs du mouvement libérateur, c'est-à-dire les Tunisiens et les Egyptiens, le Président américain a prévu un soutien économique pour les aider à affronter les difficultés du moment et donc les aider à réussir la transition de pays despotiques à pays démocratiques. On s’attendait à un Plan Marshall, ça ne sera pas le cas ! Les pays concernés se contenteront de quelques aménagements financiers. Les Etats-Unis ne peuvent pas être généreux actuellement souffrant eux-mêmes d’une crise financière sans précédent !
Néanmoins, Barack Obama veut jouer le rôle de garant de la réussite de la démocratie dans ces pays.
En ce qui concerne le Maroc, même s’il n’a pas été cité nommément dans le discours du chef de la Maison Blanche, il a été présent dans l’esprit du Président Obama. L’administration américaine, qui a préparé une semaine avant l’intervention du Président américain consacrée exclusivement à l’Afrique du Nord et au monde arabe, a tenu à manifester son soutien aux efforts du Royaume visant la consolidation du processus démocratique en cours. Cela démontre, si besoin est, la place particulière du Maroc dans l’agenda américain.

Youssef BENZAHRA
Lundi 23 Mai 2011

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