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Le diktat des “taxi drivers” à Casablanca




Le diktat des “taxi drivers” à Casablanca
«Taxi… !» Dans la métropole, cet appel a rarement un écho. Prendre un taxi à n’importe quelle heure de la journée devient un véritable calvaire. Il faut dire que dès la tombée de la nuit, demander les services d’un cab coûte des cents et des mille. Les Casablancais ou les visiteurs de la capitale économique s’apercevront sans grande peine que s’offrir ce service payant relève de l’impossible. La plupart des chauffeurs de taxis, pour ne pas dire tous, dictent leur loi dans l’exercice de leur métier. Ils prennent le client qu’ils veulent, ils empruntent le parcours et choisissent la destination à leur guise sans se préoccuper  de la loi ni des attentes des clients qu’ils sont censés servir. Les "taxis rouges", appelés aussi "petits taxis", pour les courses dans le périmètre urbain, prennent  jusqu'à trois passagers et sont équipés d’un compteur que la plupart respectent. Pourtant, le secteur connaît une anarchie et un laxisme  voire une indifférence  de la part des autorités et des représentants de la corporation. Le désordre règne au détriment du consommateur qui paie rubis sur l’ongle,  tout en étant lésé face au  laisser-aller de ceux qui sont censés  le protéger contre toutes sortes d’abus.
8141 taxis rouges exactement desservent la métropole sans pour autant satisfaire une clientèle de plus en plus nombreuse, notamment au niveau des prestations de qualité. L’octroi des permis de confiance entachée de clientélisme et d’espèces sonnantes et trébuchantes, a introduit dans ce  transport vital pour les Casablancais des personnes qui nuisent à la profession. Lorsqu’on prend un petit taxi, on souffre le martyre. C’est le chauffeur qui dicte sa loi sans se soucier du client. Le racolage est de mise et on n’accorde aucune attention au consommateur qui tient à arriver à l’heure à son travail ou qui ne voudrait pas rater son train ou son autocar. Il faut dire que le bien-être du consommateur est le cadet des soucis de nos taxis drivers. Dans des véhicules vétustes et  qui  puent le combustible et la cigarette que beaucoup de conducteurs fument sans gêne aucune en pleine course, le pauvre client est pris en otage et subit la loi des conducteurs qui imposent non seulement leur système déloyal mais également le prix à payer convenu parfois au départ en dépit de l’existence d’un compteur. Le racolage est poussé à l’extrême devant les gares et la station d’Oulad Ziane où les véhicules rouges sont garés dans le parking pendant que leurs chauffeurs sont à la chasse de leurs proies dans  l’enceinte de la gare et parfois sur les quais. S’il n’y a pas trois clients (c'est-à-dire trois fois le prix de la course) et qui ne prennent pas la même direction, le taxi driver refusera alors la course. Parfois on vous prend vos bagages, on vous place dans ces sales boîtes rouges pendant un bon quart d’heure avant de venir s’excuser de ne pas pouvoir vous déposer faute de place. Certes, il y a des conducteurs honnêtes, mais c’est une exception. Par ailleurs, on ne peut que louer l’idée d’un taxi vert, mais qui reste inaccessible pour le grand public ou totalement méconnue.

KAMAL MOUNTASSIR
Mercredi 17 Mars 2010

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