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Le diabète ou l’infortune de près de deux millions de Marocains

50% de femmes âgées de plus de 25 ans sont diabétiques




Le diabète, cette maladie qui se caractérise par une hyperglycémie chronique, à savoir un excès de sucre dans le sang et donc un taux de glucose (glycémie) trop élevé, rythme le quotidien de plus de deux millions de Marocains âgés de plus de 25 ans dont 50 % de femmes. Justement, la Journée mondiale du diabète, célébrée hier, et placée sous le thème "Les femmes et le diabète» fut l’occasion pour le ministère de la Santé de se pencher sur le sujet. Par voie de communiqué, le ministère a tenu à rappeler les contraintes auxquelles est confrontée la femme diabétique marocaine.
En effet, obnubilée et partagée entre responsabilités familiales et professionnelles, la femme diabétique marocaine en oublierait même son suivi médical régulier. Cette dangereuse mansuétude serait à l’origine d’effets dramatiques comme des difficultés à concevoir des bébés ou des complications pour la santé de la femme et celle du fœtus ou du nouveau-né durant la grossesse ou l’accouchement.
C’est pour atténuer les effets de cette maladie incurable qui cause plus de 24.000 décès au Maroc annuellement, que le ministère l’a érigée comme priorité dans sa stratégie sectorielle.
Sur le terrain, la concrétisation de cette prise en main se décline par l’amélioration de la prise en charge des personnes diabétiques quant au dépistage de la maladie, mais aussi, par l’extension de l’offre de soins en renforçant les centres de santé niveau 2 et des ressources humaines spécialisées, au même titre que la prise en charge des femmes diabétiques, précisément, celles qui sont à l’aube d’un heureux événement, en leur prodiguant un suivi médical et biologique gratuit pour leur assurer une grossesse dénuée de risque pour leur santé et celle de leur futur nouveau-né.
De ce fait, plusieurs mesures ont été actées par le ministère de la Santé, entre autres, l’augmentation du budget alloué à l’achat des médicaments antidiabétiques et la consolidation de la communication sur le diabète et ses complications. Sans omettre le développement en matière d’éducation thérapeutique et du diabète de l’enfant grâce à un partenariat avec les organismes de prévoyance sociale, le secteur privé et la société civile. Ainsi, selon les chiffres publiés par le ministère, 748.000 diabétiques dont 64% femmes jouissent de soins nécessaires et d’une disponibilité médicamenteuse gratuite au sein des établissements de soins de santé primaires. Ces actions de prévention et d’accompagnement mobilisent une enveloppe budgétaire annuelle d’environ 156 700 000 DH pour l’achat de l’insuline et des antidiabétiques oraux et 15 millions de dirhams pour l’acquisition du matériel médico-technique et des réactifs pour assurer le dépistage du diabète et le suivi métabolique des malades.
Ce dépistage est pratiqué en laboratoire d'analyses médicales. Un diabète est avéré lorsque la glycémie à jeun est égale ou supérieure à 1.26 g/l à deux reprises ou égale ou supérieure à 2 g/l à n’importe quel moment de la journée. Le diabète qui touche 422 millions de personnes dans le monde et connaît une expansion très significative qui atteindrait 552 millions d’ici 2030, se divise en deux types. Le diabète de type 1, habituellement découvert chez les personnes jeunes : enfants, adolescents ou jeunes adultes. Ses symptômes sont généralement une soif intense, des urines abondantes, un amaigrissement rapide et résulte de la disparition des cellules bêta du pancréas entraînant une carence totale en insuline. Le second type constitue, quant à lui, l’infortune des personnes âgées de plus de 40 ans. Le surpoids, l’obésité et le manque d’activité physique en sont les causes révélatrices chez des personnes génétiquement prédisposées. Sournois et indolore, il peut longtemps passer inaperçu et on estime qu’il s’écoule en moyenne 5 à 10 ans entre l’apparition des premières hyperglycémies et le diagnostic, d’où l’intérêt du dépistage.  . Deux anomalies sont responsables de l’hyperglycémie : soit le pancréas fabrique toujours de l’insuline mais pas assez, par rapport à la glycémie : c’est l’insulinopénie ; soit cette insuline agit mal, on parle alors d’insulinorésistance.
Si les gens souffrant de cette maladie parviennent à s’en accommoder, sa gravité n’est plus à prouver; elle trouve sa source dans les complications qu’elle engendre. De fait, elle est la première cause d’insuffisance rénale terminale, de cécité et d’amputation des membres inférieurs.
En dépit de la recherche médicale absorbant des millions de dollars, ce fléau reste une maladie qui se soigne très bien mais qui est incurable. D’où la  priorité d’une surveillance continue, mais aussi, la prise de bonnes habitudes alimentaires, jumelée à une pratique d’activité physique régulière.
 

Chady Chaabi
Mercredi 15 Novembre 2017

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