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Le devoir de clarté




Au vu de la conjoncture par laquelle passe le Maroc, les Marocains ont le droit de se tenir informés en toute franchise et sincérité de la situation actuelle du pays.
Cela devrait passer en premier par un diagnostic réaliste et précis, sans aucun rapport avec ces pratiques démagogiques faites de louanges hypocrites ou, au contraire, la volonté d’amplification et d’exagération pour définir notre situation politique. Le danger est là puisque tout le monde se laisse aujourd’hui dominer par un sentiment d’insatisfaction ou d’inquiétude quand il s’agit de trouver une réponse à  la question cruciale : où va le Maroc ?
Certes, notre pays vient d’entamer une nouvelle étape en adoptant une nouvelle Constitution. Cette nouvelle étape doit à coup sûr trancher avec l’ancienne. Mais comment ? Est-ce par la démission de l’Etat pour que règne le chaos partout et par l’implication implicite de toutes les composantes, partis, syndicats ou ce que l’on a convenu d’appeler les associations de la société civile ?
Nous avons manqué de courage approprié au bon moment.
La nation est, de ce fait, passée à l’arrière-plan pour que l’arrivisme pèse de tout son poids.
Aussi les bandes organisées spécialisées dans la dénaturation des consultations électorales se tiennent-elles prêtes pour s’emparer des futures institutions.
Elles ont d’ores et déjà pris possession des avenues et des places publiques et clôturé bien de quartiers pour les transformer en des souks proposant désordre et terreur. Rien ne leur importe plus que d’imposer leur influence pour chercher à convaincre tout le monde de l’incapacité de l’Etat à réagir      face aux crimes  perpétrés en garantissant la suprématie de la loi.
La clarté nécessite d’exclure de l’administration tous les tenants de la prévarication, de la corruption et de l’utilisation de l’argent sale.
La clarté nécessite d’affronter avec vigueur les microcosmes électoraux qui ont entaché l’échiquier électoral et utilisé les partis comme refuges et fait du capital humain de l’Etat un levier servant leurs intérêts.
La clarté nécessite de parler franchement aux nombreuses personnes qui occupent d’importants postes dans les rouages des institutions. Postes auxquels elles sont parvenues en usant de moyens détournés et l’expérience a démontré qu’elles ne sont nullement aptes à les occuper. Elles doivent donc céder la place aux jeunes ou aux éléments qui ont été écartés pour des considérations clientélistes.
La clarté nécessite d’ouvrir la voie aux jeunes énergies prometteuses et qui sont à même de sauver le pays et de relever les défis actuels. Il est nécessaire de leur faire savoir en toute franchise que le fait d’assumer des responsabilités est une action volontariste qui bannit l’opportunisme. Cela n’est pas lié à des privilèges autres que ceux que leur pays leur confère comme indemnités leur garantissant ainsi qu’à leur progéniture une vie décente à l’instar de tous les Marocains.
Certains leaders de la dernière heure doivent donc cesser de tenir des discours ambigus. Sinon comment comprendre qu’ils ne tarissent pas d’éloges pour la nouvelle Constitution et en expliquent les dispositions tout en orientant leurs foudres vengeresses vers le phénomène de la transhumance alors qu’ils violent allégrement des articles de ladite Loi suprême. Ce qui crée la stupeur chez les Marocains, comme cela s’est passé lors de la séance de clôture de la législature parlementaire.
Nous sommes face à un groupuscule dont la rapidité des changements de partis nous rappelle l’agilité dont les  singes font montre dans leurs déplacements. Nous sommes également en face d’une opération de dénigrement de la politique à travers ce fléau et via des partis d’accueil, nonobstant toutes les arguties dont ils pourraient se prévaloir.
Tout le monde sait que la transhumance politique, qu’elle soit antérieure ou postérieure et que le favoritisme accordé à ces créatures et les flatteries dont elles sont entourées, dans le but  d’occuper quelques sièges, avaient énormément nui à l’action politique. Les Marocains  doivent mettre ces individus sur la liste des opportunistes.
Oui, cela suffit. Cette nation n’en peut plus de supporter plus qu’il n’en faut. Oui, le Maroc  dispose d’assez de  moyens humains et matériels pour franchir cette étape et entamer l’édification d’une autre plus évoluée.
Les réactionnaires, les poches de résistance et les extrémistes de la politique dont ses volets de droite ou gauchisant doivent prendre conscience qu’ils sont désormais démasqués.  
Les Marocains libres, les nationalistes authentiques sont tenus de descendre de leurs tours  de spectateurs passifs, de briser leur silence en vue de mettre les jalons de la nouvelle ère. 

Libération
Mercredi 3 Août 2011

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