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Le deuxième opérateur termine 2009 avec des indicateurs au beau fixe : Méditel n’est pas pressé d’élire son partenaire




Le deuxième opérateur termine 2009 avec des indicateurs au beau fixe : Méditel  n’est pas pressé d’élire son partenaire
Méditel est aujourd’hui un opérateur à part entière, avec un chiffre d’affaires de 5,4 milliards DH et une part de marché débordant les 37%. Après le retrait des deux actionnaires étrangers, Telefonica et Portugal Telecom, la filiale commune des Groupes CDG et FinanceCom, occupant la seconde marche du podium, cimente ses structures et n’écarte aucune hypothèse de rapprochement ou de partenariat de nature à assurer son développement et sa croissance.
100% marocain et totalement indépendant aujourd’hui, Méditel, fort de ses performances opérationnelles, se trouve, ces temps-ci, très courtisé et constamment sollicité, par des opérateurs étrangers de grande envergure. Non sans raison. Le marché marocain de la téléphonie, avec un taux de pénétration de 80% (en l’occurrence sur le segment Mobile), loin d’être saturé, recèle encore un fort potentiel de croissance.
Alors, Méditel serait-il à «vendre»? Les bruits de rue et les écrits de presse ont donné à cette rumeur une allure d’événement d’actualité. Mohamed Elmandjra, son directeur général, confirme que Méditel est constamment sollicité. «Nous recevons régulièrement des propositions de partenariat que nous étudions…Mais, aujourd’hui nous n’en sommes qu’au stade des hypothèses», assure-t-il. En plus clair, Méditel n’est pas fermé à toute proposition de partenariat ou toute offre étrangère, «pourvu qu’elle apporte de la valeur ajoutée». Même si Méditel a besoin de fonds pour financer sa croissance, pour le moment il soigne son image, et sans doute, prendra le temps d’élire son partenaire. L’introduction en Bourse, un projet caressé depuis longtemps pour lever les fonds, semble remise aux calendes grecques. Le contexte ne s’y prête pas. En plus, la mode est aux fusions-rapprochements, la course à la taille.
La question est, sans doute, gênante, et M. Elmandjra a l’art d’éluder les questions qui dérangent. Les journalistes qui sont venus, ce jeudi 25 mars 2010, prendre le pouls de cette entreprise, à l’annonce des résultats opérationnels 2009, ne pouvaient, faute de scanning précis de la situation financière de l’entreprise, assouvir leur curiosité. Par rapport à l’endettement, on retiendra qu’en 2009 «la dette a baissé de près de 1,5 milliard DH». Sans plus. Pas un mot sur la marge bénéficiaire et rien, non plus, sur la situation des fonds propres, surtout après la remise du chèque -fort garni de milliards en devises fortes- à Telefonica et Portugal Telecom. Pas la moindre idée, aussi, sur le montage financier, sachant que cette transaction survient dans un contexte de resserrement des liquidités bancaires et de renchérissement du loyer d’argent. Qu’importe. Demain, peut-être, on verra plus clair après la publication des états de synthèse !

Mieux que le marché

Cela dit, le niveau élevé des prix des communications téléphoniques est une autre question qui fâche. A la question de savoir si demain, Méditel, dans sa nouvelle approche, saura faire une «sortie courageuse» en tirant les prix à la baisse, M. Elmandjra répondra que les «offres promotionnelles, qui s’étalent sur toute l’année, ont permis de diviser les prix par deux». C’est peut-être vrai. En revanche, l’ANRT, l’autorité de régulation, dans sa dernière note d’orientation stratégique, reconnaît, entre autres tares du secteur, le faible niveau de la concurrence entre les opérateurs, et surtout l’inflation des prix des communications téléphoniques. Officiellement donc, la mobilité coûte cher et l’impact de l’usage des TIC au Maroc s’en trouve limité.
Il est vrai, le contexte est un peu brouillé et les chances de voir le secteur sortir vite de sa torpeur sont, pour le moment, très minces. Méditel, pour sa part, attend voir plus clair dans les décisions que prendra l’autorité de régulation. Au plan opérationnel, le deuxième opérateur réussit tout de même un parcours sans faute. 2009 aura été une année porteuse pour l’entreprise : sortie des étrangers du tour de table et bonne tenue des principaux indicateurs d’activité. M. Elmandjra ne cachait pas sa fierté d’afficher des performances à deux voire trois chiffres.
Malgré la morosité ambiante, Méditel a fait mieux que le secteur. Le chiffre d’affaires a progressé de 2,2% à 5,4 milliards DH en 2009 (vs. 5,1 milliards en 2008). L’entreprise continue à générer du cash flow opérationnel qui s’affiche en hausse de 62% à 1.216 millions DH. M. Elmandjra devait préciser cependant qu’en dehors de l’international (une variable en yo-yo constant) le chiffre d’affaires n’aura progressé que de 5,8%. Le parc clients Mobile, quant à lui, s’est accru de 21% en comparaison avec 2008, à 9,5 millions, portant sa part de marché à 37,3% (en expansion de 2,5 points). Sur le segment Internet, la progression est fulgurante (progression de 179% côté client et de 120% pour les revenus). Le Fixe est également en hausse de 36%. Finalement l’entreprise a mieux fait que le marché. Ce dernier a pratiquement stagné en 2009.

Abdelouahed Kidiss
Samedi 27 Mars 2010

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