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Le dernier numéro de Charlie Hebdo épuisé dès son apparition dans les kiosques en France

Manuel Valls appelle à prendre "des mesures exceptionnelles" face à l'extrémisme, mais pas "des mesures d'exception"




Le dernier numéro de Charlie Hebdo épuisé dès son apparition dans les kiosques en France
Le premier numéro de Charlie Hebdo depuis l'attentat qui a décimé sa rédaction s'est arraché mercredi en France, alors que des autorités religieuses musulmanes ont mis en garde contre des réactions violentes après la publication d'une nouvelle caricature du Prophète Mahomet.
Le tirage du premier numéro de Charlie Hebdo depuis l'attentat qui a décimé sa rédaction, sorti mercredi, a été porté de trois à cinq millions d'exemplaires pour faire face à une demande exceptionnelle en France, a annoncé à l'AFP le distributeur.
Ce numéro historique du magazine satirique était déjà quasiment introuvable en France mercredi matin.
"Il n'y en a plus", répétaient comme une rengaine de nombreux kiosquiers mercredi matin tôt, suscitant la forte déception des clients voulant acheter le "numéro de survivants", dont le tirage a été porté à 5 millions d'exemplaires avec à la Une, une illustration du dessinateur Luz représentant le Prophète Mahomet, larme à l'œil et affirmant: "Tout est pardonné".
Parallèlement, l'enquête sur les trois tueurs qui ont fait au total la semaine dernière 17 morts, dont 7 journalistes, 3 policiers et 4 juifs, se poursuit.
Selon plusieurs médias français, la police a identifié un complice présumé d'Amédy Coulibaly, un des jihadistes qui a tué quatre juifs vendredi dans un magasin casher après avoir tué une policière la veille à Paris. L’homme activement recherché a un passé de délinquant et pourrait avoir fui en Syrie.
Plusieurs condamnations pour apologie du terrorisme ont été prononcées ces derniers jours en France contre des personnes qui avaient salué les attentats de la semaine dernière. L'humoriste controversé français, Dieudonné, a été arrêté mercredi à ce titre.
Le portrait du prophète, à la Une de Charlie Hebdo, a provoqué des remous dans le monde musulman. L'Union mondiale des oulémas musulmans a estimé qu'il n'était "pas sage" de publier de nouveaux dessins du Prophète Mahomet, comme l'ont fait mercredi de nombreux journaux dans le monde, par solidarité avec le journal satirique.
"Il n'est ni raisonnable ni logique, ni sage de publier les dessins et les films offensant le prophète ou attaquant l'islam", écrit cet organisme, basé au Qatar et présidé par le prédicateur qatari d'origine égyptienne, Youssef al-Qaradaoui, considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans.
Pour sa part, l'Iran a condamné le "geste insultant" du magazine français Charlie Hebdo qui publie mercredi en couverture un dessin représentant le Prophète Mahomet, estimant que ce dessin "porte atteinte aux sentiments des musulmans".
En France, les principales organisations musulmanes ont appelé la communauté "à garder son calme" et "respecter la liberté d'opinion" alors que le plus grand journal satirique français, Le Canard Enchaîné, a révélé avoir reçu des menaces le lendemain du massacre à Charlie Hebdo.
"La France est en guerre contre le terrorisme, le jihadisme et l'islamisme radical", mais "pas contre une religion", a affirmé mardi le gouvernement français.
Lors d'une émouvante cérémonie d'hommage aux trois policiers tués dans les attaques, le président François Hollande a demandé aux Français de "redoubler de vigilance" face à un danger "au-delà de nos frontières" comme "à l'intérieur". A l'Assemblée nationale, ovationné debout par l'ensemble de la classe politique, le Premier ministre socialiste Manuel Valls a réitéré la fermeté française et lancé un appel appuyé à la "laïcité", référence cardinale du système français.
Après une minute de silence à la mémoire des victimes, les députés ont entonné tous ensemble l'hymne national - une première depuis 1918 - avant de réserver une ovation aux forces de l'ordre.
Mardi soir, la Maison Blanche s'est alarmée d'une poussée de l'antisémitisme en Europe et en France. Le secrétaire d'Etat américain John Kerry rencontrera vendredi matin à Paris François Hollande pour évoquer les attentats.
Manuel Valls a appelé à prendre "des mesures exceptionnelles" face à l'extrémisme, mais "jamais des mesures d'exception", récusant l'idée d'une législation d'urgence sur le modèle du Patriot Act américain.
Ce dispositif, voté aux Etats-Unis dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, avait été durement critiqué ensuite pour ses atteintes aux libertés civiques.
Valls a annoncé la création d'ici la fin de l'année de "quartiers spécifiques" dans les prisons pour isoler les détenus jihadistes afin de prévenir tout prosélytisme. Deux des jihadistes des attentats de Paris, Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi, avaient basculé en prison dans l'islamisme radical.

AFP
Jeudi 15 Janvier 2015

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