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Le début du Ramadan, un sacré cafouillage !

Croissant ou calendrier préétabli ?




Le début du Ramadan, un sacré cafouillage !
Aujourd’hui est le premier jour du mois de Ramadan au Maroc. L’annonce faite à ce propos par le ministère des Habous et des Affaires islamiques a coïncidé avec celle émanant des autorités compétentes en Arabie Saoudite, au Qatar, au Koweït et au Yémen qui se basent elles aussi sur la méthode de l’observation directe du croissant lunaire.
Et à l’instar des années précédentes, une polémique sur le premier jour du jeûne se profile déjà à l’horizon entre ceux qui ont tendance à s’aligner sur l’Arabie Saoudite et ceux qui ont voulu rompre avec la règle tels que les chiites du Liban qui ont jeûné mardi alors que les sunnites le feront  jeudi.
Les musulmans de France ont eux aussi, et pour la première fois de l’histoire, rompu avec la règle.
La date du début du mois de Ramadan a, en effet, été fixée à l'avance par le Conseil français du culte musulman (CFCM) qui a eu recours, pour ce faire, à des calculs astronomiques en vue de déterminer la date du début du Ramadan. La date du jeûne a ainsi été fixée du mardi 9 juillet au jeudi 8 août. Mais mardi, la commission théologique de la Mosquée de Paris a désapprouvé le CFCM et estimé que le Ramadan débutera le mercredi 10 juillet.
En dépit de cette confusion de dates, le Conseil français du culte musulman a maintenu sa position, réaffirmant dans un communiqué publié tard lundi, que le premier jour du jeûne a été officiellement fixé au mardi.
De fait, un tel débat et de telles divergences d’approche ne datent pas d’aujourd’hui. Ils ont même violemment égrené les XIIème et XIIIème siècles. Au point qu’un érudit de la trempe d’Ibn Taymiyya s’y est immiscé en demandant l’interdiction de l’usage des calculs astronomiques pour déterminer le début et la fin du mois de Ramadan. Dans l’une de ses célèbres fatwas, il déclara : « Il n’est pas permis de se fonder sur la déclaration de l’auteur d’un calcul selon lequel on verra ou ne verra pas le croissant… Cependant, une partie des dernières générations de jurisconsultes venus après le IIIème siècle de l’hégire prétend que, quand les nuages empêchent la vision du croissant, il est permis à celui qui est capable de faire un calcul astronomique d’y avoir recours pour son propre compte. Si le résultat indique la présence de la lune, il jeûne. Autrement, il s’en abstient. Bien que limité à la présence de nuages et n’engageant que l’auteur du calcul, cet avis est rare et viole un consensus antérieur. Quant au fait de dépendre du calcul même si le ciel est dégagé et d’en faire le fondement d’un jugement général, aucun musulman ne l’a dit ! ». Et la même polémique se poursuit encore comme en atteste ce qui vient de se passer en France.  

Marwa Dahou Stagiaire
Mercredi 10 Juillet 2013

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