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Le débat de l’école devrait la prémunir contre le hiatus entre les aspirations de la société et les décideurs




Le débat de l’école devrait la prémunir contre le hiatus entre les aspirations de la société et les décideurs
Le débat à venir autour de l’école devrait la prémunir contre le hiatus qui s’installe entre les aspirations de la société et les décideurs qui doivent imaginer, par une action continue et efficiente, une mise en œuvre cohérente des choix de l’ensemble de la nation, recommande l’écrivain Abdejlil Lahjomri, dans un article sur la question de l’école publié sur le site quid.ma.
Ces choix consensuels doivent porter sur un réaménagement du paysage éducatif qui offrirait un remodelage du paysage linguistique par une pédagogie active des langues en présence, et une didactique des langues attractive et dépassionnée, affirme M. Lahjomri.
Ce réaménagement doit rechercher un équilibre entre les plus faibles et les plus méritants, établir un socle commun de compétences, par l’organisation des parcours scolaires, l’orientation, l’évaluation, la prise en compte des ambitions propres aux élèves, en luttant contre les exclusions et l’illettrisme.
Il est également impératif de ne pas laisser ce domaine aux “mercenaires du soutien éducatif”, de restaurer l’autorité et la discipline, de valoriser la fonction enseignante, l’apprentissage technique et concret, de rétablir la réussite par le mérite, de réadapter les programmes et de maîtriser “la rue virtuelle” qui est plus attractive que l’école, préconise l’auteur.
Tentant une réponse à la question “Pourquoi ai-je mal à notre école?”, l’écrivain essaie, via des “fragments de pensées”, de dévoiler les déficiences qui ont fait que l’école, au lieu d’être un lieu de projets constructifs et une prospective mobilisatrice, n’est plus qu’un champ de bataille, un espace conflictuel que entretient une inquiétante confusion.
Ainsi, M. Lahjomri s’attelle de prime abord sur l’état des lieux aux lendemains de l’indépendance et s’arrête sur le congrès de Maamora en avril 1964 qui avait réuni politiciens, syndicalistes, parents et intellectuels, et qui a défini, dans un consensus enthousiaste, les quatre principes fondateurs de l’école: unification, pour que les enfants soient accueillis dans un même et unique système, arabisation, pour que la langue d’enseignement soit unique et la même (la langue arabe), marocanisation, pour que les enseignants auxquels seront confiés les élèves soient des nationaux, et généralisation pour que tous aient accès à l’instruction dans une égalité des chances revendiquée.
L’écrivain s’interroge ensuite sur les dérapages qui ont vicié la mise en oeuvre de ce consensus, conduisant un demi-siècle plus tard à un autre consensus national établi par la COSEF (Commission spéciale éducation-formation), sous la forme d’une charte pour la réforme (1999-2004) proposant à la fois la philosophie et les outils pour fonder une école qui serait enfin performante et résoudrait deux équations: l’équation “Instruction-Education”, et l’équation “Education Formation-Emploi”.
La mise en oeuvre de ce “deuxième consensus” sera compromise également, ce qui amène l’auteur à mettre l’accent sur la cohérence entre la réflexion issue de l’actuel Conseil supérieur de l’éducation (CSE) et les initiatives prises par l’autorité chargée de l’éducation et le législateur pour traduire cette cohérence dans les faits, faute de quoi le système éducatif dans son évolution errera entre les choix partisans, les actions hasardeuses et les humeurs conjoncturelles des uns et des autres.
M. Lahjomri s’arrête également sur le principe de “l’unification” alors que l’école française qui n’était destinée qu’aux ressortissants français et étrangers, a commencé à accueillir inconsidérément des enfants marocains, au point que les effectifs y sont maintenant en majorité marocains.
Il porte aussi une appréciation critique sur le système d’enseignement privé qui devient de plus en plus agressif, tout en respectant théoriquement la législation unificatrice, le système public qui se dégrade par une massification incontrôlée, les écoles coraniques dépendant de tutelles diverses et les établissements préscolaire livrés à l’impératif commercial.


M. Lahjomri s’interroge également sur le principe de l’arabisation dont la mise en oeuvre a achoppé au lendemain de l’indépendance, face au manque d’enseignants compétents, de programmes, de manuels et de la didactique, ce qui a conduit à un état de fait de “ni arabisation, ni bilinguisme” qui fut un état de “diglossie larvée ni satisfaisant, ni insatisfaisant” et qui dispensait les décideurs de répondre à la question essentielle qui s’imposait dès lors à eux: Quelle langue d’enseignement?  L’écrivain s’arrête également sur le principe de la marocanisation qui visait à soustraire l’école de la dépendance étrangère et conseille d’ériger la formation des cadres enseignants en priorité, voire même un impératif urgent à satisfaire si l’on veut qu’un jour la refondation de l’école puisse réussir.

MAP
Samedi 5 Octobre 2013

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