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Le coût des absences au bac interpelle Mohamed Louafa

Sur les 158.435 candidats libres ayant passé la 1ère session du bac, 50% ont été aux abonnés absents




Le coût des absences au bac interpelle Mohamed Louafa
Faut-il supprimer les candidatures libres aux examens du baccalauréat ? A en croire Mohamed Louafa, ministre de l’Education nationale, seuls 75.000 des candidats libres ont  passé la première session des examens du bac  sur les 158.435 postulants, soit 50%. Un chiffre qui suscite, selon lui, réflexion puisque ces candidats coûtent en moyens humains et financiers pour l’Eduction nationale. Ceci d’autant plus que leur nombre est en nette progression. L’année 2013 a enregistré une hausse des candidatures de l’ordre de 32,7%.
Pour le ministre, ces cas d’absence, constatés d’une année à l’autre, interpelle l’avenir même du bac libre. Cependant, il n’a pas jugé utile en répondant avant-hier aux questions des députés à la Chambre des représentants,  de donner plus de détails sur la stratégie de son département dans le traitement de cette question et ce qu’il en est advenu des réflexions menées sur ce sujet.   
Le ministre a jugé également bon d’informer les députés que le nombre des candidats aux examens du baccalauréat a enregistré une hausse de 8 % par rapport à l'année dernière et que le nombre des filles a augmenté
de 44,37 %.
Il a également indiqué que le nombre des candidats de l'enseignement public a atteint 302.700, soit une hausse de 1,5% par rapport à 2012 tandis que les candidats de l'enseignement privé ont vu leur nombre atteindre cette année 23.573, soit une baisse de 4,9% par rapport à l'année précédente.
Pour  Khadija Benchouikh, directrice de l'Académie de l'éducation et de la formation (AEF) de la région de Casablanca, le phénomène des absences des candidats libres n’a rien de nouveau. Chaque année a son lot des postulants libres peu soucieux de passer les examens du bac. «Si l’on prend le cas de la ville de Casablanca, sur les 17.000 postulants, près de 60%  ont été aux abonnés absents», nous a-t-elle indiqué.     
 Evoquant les causes de ce phénomène, elle nous a affirmé que les études et les données statistiques décryptant ce phénomène font défaut. Pourtant, elle estime que plusieurs facteurs peuvent l’expliquer. D’abord, la  gratuité et la simplification des procédures d’inscription.   En effet, comme son nom l’indique, un bac libre n’est pas soumis à des conditions. Le postulant  n’est pas tenu par une quelconque limite d’âge et n’est pas obligé de s’inscrire en classe terminale. Concernant le processus d'inscription au baccalauréat libre, les candidats sont appelés à remplir une fiche de candidature, de fournir un acte de naissance, sept enveloppes timbrées, un certificat de résidence et six photos.La fiche de candidature doit être déposée auprès du ministère de l'Education nationale dans la ville où réside le candidat au plus tard le 30 novembre sans s’acquitter des frais d’inscription.
Khadija Benchouikh estime également que certains candidats,  notamment les fonctionnaires, déposent leurs  candidatures pour profiter des autorisations leur permettant de bénéficier de congés s’étalant sur les cinq jours que dure l’examen du baccalauréat.
Il y a aussi le cas des candidats qui ont un niveau bac ou plus et qui ont du mal à trouver leur chemin dans l’enseignement supérieur, souligne la directrice de l’AREF.  «Il y a beaucoup d’étudiants qui ont déjà leur bac ou même une licence mais qui estiment à un moment ou un autre qu’ils n’ont pas fait le bon choix et qu’ils doivent changer d’orientation. Souvent, ils abandonnent à la dernière minute», nous a-t-elle précisé.
Mais qu’est-ce qui dérange dans ce phénomène? Il engendre des coûts importants pour les caisses du ministère de l’Education nationale. «Pour chaque examen,  un candidat libre nous coûte 70 DH sans compter  les frais engendrés par la mobilisation de ressources humaines du ministère et l’étude des dossiers de la candidature», nous a expliqué Khadija Benchouikh.
Faut-il donc supprimer pour autant le bac libre? «Non», tranche notre source pour laquelle cette question mérite une profonde réflexion. «Ce dossier est loin d’être une simple question administrative qu’on peut résoudre avec une circulaire ou une décision du ministre. Il s’agit plutôt d’un chantier difficile à initier», a-t-elle conclu.

Hassan Bentaleb
Mercredi 19 Juin 2013

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