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Le courant rétrograde tente d’exploiter les sentiments religieux pour répandre un modèle sociétal archaïque qui n’aboutit qu’au fanatisme et au recul sur les acquis

Voici la traduction du texte intégral du Communiqué du Conseil national de l’USFP




Le courant rétrograde tente d’exploiter les sentiments religieux pour répandre un modèle sociétal archaïque qui n’aboutit qu’au fanatisme et au recul sur les acquis
Après examen du rapport du Bureau politique présenté par le Premier secrétaire, Driss Lachguar, et après débats approfondis, le Conseil national de l’Union socialiste des forces populaires, réuni le 28 décembre courant au Complexe sportif Maâmoura, salue l’ensemble des décisions organisationnelles, les recommandations et les conclusions politiques auxquelles a abouti la réunion de la Commission administrative, tenue samedi dernier, et confirme ce qui suit :
La situation politique dans notre pays reste marquée par la confusion. D’une part, il y a l’orientation réformiste, exprimée par la Constitution de 2011, dont le processus avait été entamé depuis le discours Royal du 9 mars de la même année. Un discours qui avait ouvert l’espoir pour le progrès, l’édification démocratique, le renforcement de l’Etat de droit et des institutions, outre ses orientations en matière de droits de l’Homme et de modernisme et principes autour de la justice et de l’égalité.
Toutefois, la pratique quotidienne du parti qui dirige le gouvernement a prouvé, incontestablement, une orientation de droite hostile à la modernité et à l’interprétation démocratique de la Constitution, ainsi qu’une grave régression aux niveaux des acquis sociaux, civiques, des droits de l’Homme et du droit syndical, en plus de l’adoption de choix économiques qui ont conduit le pays à une récession et à une crise sans précédent.
Ce parti n’a de cesse de vouloir placer ses membres et sympathisants à des postes de hauts fonctionnaires et à la tête des institutions de l’Etat dans le cadre d’une stratégie bien ficelée en vue d’une mainmise sur la société à travers une orientation rétrograde à même de permettre la propagation du projet des Frères musulmans et ce, en totale contradiction avec la dynamique sociale, les actions militantes, les revendications réformistes de l’USFP et des autres partis à tendance nationale, démocratique et progressiste. Lesquels avaient appelé depuis les premières années de l’indépendance à l’édification d’un Etat démocratique, de droit et moderniste.
Notre pays se trouve devant deux options : soit la poursuite de l’édification démocratique comme cela a été exprimé par les forces nationales, démocratiques et progressistes, concrétisée par le processus de la réforme constitutionnelle ; soit de se plier au complexe d’intérêts et de clientélisme qui tente de consolider l’Etat de rente, d’allégeance et le système de médiation et de népotisme, soutenu par le parti qui dirige le gouvernement et débouchant sur le renforcement du pouvoir des catégories qui se sont enrichies grâce à l’économie du monopole, de rente, du partage des profits et la propagation de la corruption.
Tout cela pour servir les classes bénéficiaires et les catégories des riches qui cumulent une richesse insolente au détriment d’un réel développement, des intérêts des classes populaires affectées par les hausses excessives des prix, les privations et les pressions sociales. Aux dépens surtout des aspirations de la jeunesse à une société juste et équitable qui sauvegarde la dignité des citoyens et les met à l’abri du chômage, de la précarité et de la marginalisation.
Cette orientation veut maintenir le statu quo, voire replonger le pays dans la période d’avant l’Alternance. Il œuvre inlassablement à dévaloriser l’élite politique et culturelle, à déprécier les leaders partisans notamment ceux des partis nationaux démocratiques, et altérer son image auprès de la société, le tout dans le dessein de contrôler la carte électorale et anéantir tout courant œuvrant à l’édification démocratique, et à la construction d’un Etat de droit et d’une société de justice, de dignité et d’égalité.
Ce plan s’appuie sur certains médias contrôlés par des lobbies financiers et politiques rentiers ou par des réseaux rétrogrades et qui sont devenus des moyens pour déprécier la classe politique nationale en recourant à la désinformation, la rumeur, la calomnie à l’égard des dirigeants et des cadres partisans, et à l’insulte, la diffamation et l’affront à leurs dignités humaines.
Partant de ce diagnostic de la situation politique dans notre pays, le Conseil national déclare ce qui suit :
1- La confirmation de la nécessité de s’orienter vers l’édification d’un Etat démocratique progressiste et moderniste, et ce en mettant en œuvre les dispositions de la Constitution concernant le système de la monarchie parlementaire, la séparation des pouvoirs, la valorisation de l’institution législative, l’application des dispositions de la démocratie participative, soit envers l’opposition ou la société civile, le respect de l’indépendance de la justice et les droits de l’Homme ainsi que la mise en place de véritables mécanismes pour les systèmes de gouvernance, de transparence et la lutte contre la corruption.
2- La lutte contre le courant rétrograde qui tente d’exploiter les sentiments religieux pour répandre un modèle sociétal archaïque qui n’aboutit dans d’autres pays régis par ce modèle qu’au fanatisme, à la fermeture d’esprit, et au recul sur les acquis de l’humanité dans tous les secteurs, notamment ceux concernant les droits de l’Homme, la condition de la femme , les libertés individuelles et collectives, et le développement scientifique, culturel et éducatif.
3- Le respect de l’indépendance de la justice et des droits de l’Homme, la cessation de prendre des décisions d’interdiction illégales envers le mouvement des droits de l’Homme, ou de restrictions et de maltraitance des chômeurs, des syndicalistes, des associatifs, des étudiants et des intellectuels, comme il faut bannir les méthodes de répression à l’encontre des manifestants et des syndicalistes ou d’autres groupes qui luttent pour défendre leurs revendications et réclamer leurs droits. Et dans ce cadre, le Conseil national exprime sa solidarité avec les étudiants victimes de la répression à Oujda.
4- Le Conseil national lance un appel au secteur de la presse et des médias, notamment aux éditeurs et responsables des médias publics et privés, et à tous les organismes encadrant ces secteurs, à mettre en place des mécanismes internes nécessaires en vue de respecter la déontologie de la profession, mettre fin au non-respect par quelques organes de l’éthique professionnelle, l’objectivité au niveau de la couverture des faits et des événements, et lutter contre les pratiques frauduleuses et autres magouilles visant à publier et répandre l’insulte, la diffamation, la calomnie à l’égard des personnes et la dépréciation de l’action politique.
5- La mobilisation générale et la consolidation des efforts en vue de communiquer avec les forces populaires à tous les niveaux : national, régional, provincial et local. Cela permet de clarifier ses positions, de rendre compte de ses luttes et des préparatifs des prochaines échéances électorales, et ce en se mobilisant pour s’inscrire sur les listes électorales tout en restant vigilant quant au suivi de cette opération, et permettre aux partis politiques de se procurer les listes des électeurs et le découpage électoral, et la poursuite par le Bureau politique de l’opération de suivi des négociations relatives au découpage contenu dans le projet proposé, de manière à assurer justice et démocratie, ainsi que la révision des mécanismes de contrôle, la réforme des lois électorales, les modes de scrutin, et le financement des campagnes en vue d’élire des personnes intègres, compétentes et crédibles dans les institutions représentatives.
6- Solidarité avec les victimes des inondations qu’a connues le pays et qui ont été marquées par le grand rôle joué par les communes gérées par les militants de l’USFP en vue de faire face à leurs dangers et conséquences, et ce en l’absence totale du gouvernement qui devait en principe disposer de tous les moyens pour s’acquitter de sa mission qui fait partie de ses attributions et devoirs.
7- Condamnation de la méthode sélective prônée par le gouvernement concernant les préparatifs des prochaines élections communales en exploitant les moyens et les pouvoirs de l’Etat tant au niveau des projets dédiés aux communes qui lui sont proches qu’en ce qui concerne l’adoption de mécanismes de suspicion et d’audit dans les communes gérées par les partis d’opposition dont le dessein est de les déférer éventuellement à la justice, et ce dans le cadre d’une propagande hostile, conjoncturelle et bien ficelée.
8- Faire preuve de vigilance et de prudence dans le traitement de la question de l’intégrité territoriale du Royaume liée au renforcement du front intérieur que l’on considère comme le garant essentiel pour défendre et dynamiser davantage la diplomatie partisane, parlementaire et associative dans ce sens où notre parti joue un rôle de leadership et réalise, sur de nombreux fronts, des succès permanents, entre autres au sein l’Internationale socialiste.
9-Agir davantage pour soutenir la lutte du peuple palestinien afin qu’il puisse recouvrer ses droits et édifier son Etat national indépendant avec Al-Qods comme capitale. Tout cela en déployant plus d’efforts pour soutenir cette option pour la reconnaissance de ce droit et l’adoption d’une stratégie en vue d’isoler l’entité sioniste au niveau diplomatique, politique et économique et contrecarrer les manœuvres de division encourageant les luttes tribales, ethniques et confessionnelles pour démembrer les pays de la région du Golfe, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Toutes ces manœuvres s’inscrivent dans le cadre d’un complot impérialiste et réactionnaire qui n’a donné lieu qu’à la dispersion, à la destruction des pays et des civilisations et à l’apparition de courants extrémistes et intégristes sans précédent.
10- Salue l’évolution prometteuse de l’expérience tunisienne qui a permis au peuple d’exprimer sa volonté en toute liberté et transparence et de choisir ses dirigeants pour gérer ses affaires publiques, en vue d’édifier la démocratie et l’Etat de droit et de vaincre le danger rétrograde qui guette le pays ainsi que le fléau de l’extrémisme et de l’intégrisme qui a conduit à l’assassinat des leaders de gauche et à la propagation de la terreur dans les rangs des modernistes, des syndicalistes, des intellectuels, des médias et des acteurs des droits de l’Homme.

Mercredi 31 Décembre 2014

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1.Posté par Ali Bouabdellah le 01/01/2015 09:56
place Victor Hugo 15

j’adhère totalement à cette analyse

2.Posté par Ali Bouabdellah le 01/01/2015 09:57
place Victor Hugo
15


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