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Le compte à rebours a commencé pour la fin du diesel 50 PPM


Représentant 40,6 %, la TVA et la TIC alourdissent gravement le prix final des carburants



Une dizaine de jours sont passés depuis la libéralisation des produits pétroliers au Maroc et les conducteurs ne se sont pas encore familiarisés avec cette nouvelle donne. En fait, suite à l’accord d’homologation entre l’Etat et le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM) qui a expiré le 1er décembre courant, la liberté des prix est devenue, de facto, effective…
En effet, des visites éclair, depuis le début de décembre courant, au niveau de plusieurs stations-services dans la capitale économique ont permis de constater que les usagers  de ces produits sont tiraillés entre, d’une part, se rendre auprès de leur fournisseur habituel et de l’autre, opter pour une enseigne qui affiche le tarif le plus bas.  
Oscillant de 7, 76 DH à 7, 93 DH à Casablanca, le prix du litre de gasoil n’est pas près d’être généralisé. Plus encore, un petit tour d’horizon avec Adil Ziyadi nous a renseignés sur le mécanisme de calcul des prix et  l’impact ressenti par les Marocains. 
Ainsi, le président du GPM nous a expliqué que les tarifs sont élaborés en fonction et des cours internationaux du pétrole, notamment des produits raffinés, et du cours du dollar précisant que ces deux éléments impactent la majeure partie déterminant le niveau de la tarification du prix. Auxquels s’ajoutent, fait-il savoir, les charges de la société qui lui sont propres et non uniformes (coût de stockage, de transport, frais portuaires...). Et de noter, dans la foulée, que chaque société de distribution, en fonction des dépôts qu’elle utilise, de la proximité du port et du nombre de ses employés, détermine ses prix en intégrant ces données et ce faisant, même leur périodicité (réalimentation sur un mois ou quinze jours). En clair, chaque distributeur fixera le prix sur la base de ses coûts propres augmentés de la TVA et de la TIC qui représentent 40,6 % du prix final. 
Ce sont, donc, plusieurs critères qui entrent en jeu dans un marché, où les prix des produits sont encadrés et surveillés par la loi sur la concurrence et la liberté des prix. Pour M. Ziyadi, il faudra juste un temps d’adaptation pour le consommateur précisant que même les gérants se verront aider par leur fournisseur qui pourra recommander éventuellement des prix conseillés pour la vente au public. 
Il relève que dans son choix de station-service, le consommateur sera généralement sensible non seulement au tarif mais surtout à la qualité de service, du produit, etc.,  soulignant qu’une minorité seulement sillonnera les différentes pompes à la recherche de quelques centimes en moins. 
Adil Ziyadi a tenu à nous indiquer aussi que le prix au Maroc est très bas en ce moment, car on est à 50% de moins des prix européens. Par conséquent, ni l’impact sur le consommateur ne sera énorme, ni l’écart des prix ne sera grand parce que la tendance internationale est toujours à la baisse et que la demande mondiale est faible. Et selon l’avis des grands spécialistes internationaux, ajoute-t-il, les prix ne risquent pas d’être élevés même en 2016.
A la question de savoir où en est le processus de mis en place du 10 PPM (particules par million) tant attendu ? Le président du GPM nous a affirmé qu’il est, d’ores et déjà, commercialisé mais pas encore généralisé expliquant qu’une première obligation au niveau de l’achat est désormais établie puisque les importations de la part des sociétés se font dorénavant avec le 10 PPM. Et si certaines d’entre elles vendent encore du 50 PPM, fait-il ressortir, c’est parce qu’elles en gardent dans leurs stocks, signalant, que le gouvernement leur a donc accordé un délai jusqu’au 31 mars pour que la situation soit assainie dans tous les dépôts et pour que la commercialisation soit généralisée à 100%.  L’on espère que ce ne sera pas un poisson d’avril, conclut-il, parce que contrairement à d’autres pays, le Royaume a tardé à basculer vers le 10 PPM ! 
Pour rappel, le ministre chargé des Affaires générales et de la Gouvernance, Mohamed El Ouafa, avait indiqué, récemment à Rabat, que depuis le 1er janvier dernier, le gouvernement a pris une décision obligeant les sociétés distributrices à afficher les prix de vente ainsi que l’adoption du gasoil de type 10 PPM au lieu du 50 PPM, ainsi que la fixation des prix maximum à ne pas dépasser.
De même, le ministre a annoncé que le gouvernement a mis en place un comité de veille pour contrôler quotidiennement les prix de vente des produits pétroliers et assurer le suivi des marchés internationaux, suite à l’entrée en vigueur de cette mesure de libéralisation du secteur des hydrocarbures.
Une interrogation fuse néanmoins : est-ce que le 10 PPM sera-t-il vendu au même prix que le 50 PPM ? L’espoir reste de mise. Toujours est-il, quoique plusieurs experts ne le pensent pas, même si dans un premier temps, il pourrait y avoir entente pour que le prix actuel soit artificiellement maintenu. Toutefois, ajoutent-ils, la dure réalité du marché et la loi de l’offre et de la demande finiront inéluctablement par impacter la bourse du consommateur !
 

Meyssoune Belmaza
Vendredi 11 Décembre 2015

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