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Le chef de l’Exécutif à la manœuvre pour sauver le plus de têtes islamistes

Derniers réglages avant l’annonce du gouvernement Benkirane II




Le chef de l’Exécutif à la manœuvre pour sauver le plus de têtes islamistes
Dernières réunions, derniers réglages, derniers arbitrages. La maïeutique du gouvernement Benkirane II aura été difficile jusqu’au bout. Après six rounds de négociations –où les principaux négociateurs et protagonistes de la nouvelle majorité, en l’occurrence le chef du gouvernement  et le président du RNI, ont même eu tout le loisir de prendre des vacances- les contours de la formation du nouvel Exécutif se précisent.  
Téléphonées ou pas,  les dernières attaques contre Salaheddine Mezouar publiées par un quotidien arabophone de la place ont retardé le processus de quelques jours, obligeant  Abdelilah Benkirane à se fendre d’un communiqué pour laver de tout soupçon d’interventionnisme ses futurs alliés. «On a tous retenu notre souffle. La machine a failli se gripper de nouveau», confie un membre de la majorité.
La reprise  des négociations a eu finalement  lieu. Lundi, le chef du gouvernement a été reçu par le Roi. Ni caméras, ni communiqués, mais quelques fuites pour  révéler que le chef de l’Etat a été informé de l’état des négociations pour la formation de l’Exécutif.   Pour les initiés, cette rencontre indique que le compte à rebours a bel et bien commencé. Un voyage Royal  à l’étranger serait au programme. Le gouvernement pourrait être officiellement investi dans les prochaines 48 heures. «Peut-être vendredi», croit savoir ce proche de Benkirane. Une chose est en tout cas sûre : Les quatre leaders de la nouvelle majorité tiendront leur toute première réunion mercredi ou jeudi.
Depuis lundi, la prochaine équipe ministérielle prend forme. Les accords se dégagent. Les arbitrages commencent. Hier mardi, les derniers réglages devaient être au menu de rencontres bilatérales avec le chef du gouvernement. Mezouar, Benabdallah et Laenser devaient rencontrer chacun séparément Abdelilah Benkirane.  Il faut satisfaire les uns et les autres, calmer les ardeurs, éteindre des feux. «La pilule d’un Mezouar aux Finances dans le cadre d’un ministère plein ne passe pas au sein des troupes du PJD. Alors, Benkirane essaie de calmer le jeu, déshabille Saint Pierre pour habiller Saint Paul», explique cette source très proche des négociations pour la formation de l’Exécutif dans sa version remaniée.  Et pour satisfaire ses partenaires, Benkirane a essayé de ménager le chou et la chèvre, en adoptant la méthode du «ni-ni».

Plus de femmes,
plus de ministères
et sans El Ouafa

Résultat, le remaniement attendu depuis le mois de mai ne sera ni tout à fait en profondeur ni tout à fait en surface. Les réaménagements réclamés par le Rassemblement national des indépendants ne seront satisfaits qu’à moitié.  Mezouar aura eu en tout cas gain de cause sur le pôle économique et sera seul à bord à la tête du ministère des finances et de la relance économique.  «A moins d’un changement de dernière minute. A la veille d’un remaniement, tout est toujours possible», prévient un leader de la majorité sortante. Dans l’escarcelle du RNI, huit ministères, soit deux de plus que l’Istiqlal. En contrepartie, les bleus ont renoncé à la présidence de la Chambre des représentants. L’Istiqlalien Karim Ghellab restera au perchoir jusqu’au mois d’avril, date à laquelle le fauteuil présidentiel sera remis en jeu. Deux voire trois femmes seront proposées par la formation politique aux destinées de laquelle préside S. Mezouar. «Une sorte de signal fort que le RNI veut donner à une majorité qui avait oublié la moitié de la société», fait valoir ce cacique du parti avant d’assurer qu’Aziz Akhennouch, Rniste sur le tard puis décrété sans appartenance politique pour siéger au sein du gouvernement Benkirane I, ne reprendra pas ses couleurs originelles. Pas question d’un retour à la maison RNI pour le ministre de l’Agriculture donc
Selon des sources autorisées, le prochain gouvernement compterait 34 membres dont très probablement 4 femmes. 3 à 4 nouveaux portefeuilles vont voir le jour. Dans cette nouvelle configuration, des informations laissent indiquer que le ministère des Transports et de l’Equipement sera scindé. «Tous les alliés ont des exigences. Y compris le PJD qui avec ses 107 sièges à la Chambre des représentants s’estime sous-représenté au gouvernement. Le Mouvement populaire se voit, lui aussi, attribuer un ministère supplémentaire. C’est une femme du bureau politique qui devrait en principe l’occuper. Du côté du PPS, ce sont les quatre portefeuilles qui seront maintenus. Mais le secrétaire général du PPS devrait sacrifier l’un de ses ministres sur l’autel du genre  en le  remplaçant par une militante. Cruel dilemme mais c’est le mandat qui a été en effet  donné à Nabil Benabdallah par le bureau politique du PPS :  pas de remaniement  sans les femmes.  Si le PPS a accepté que les Harakis aient un poste ministériel supplémentaire, il reviendra à la table des négociations «au cas où il y aurait inflation de portefeuilles», nous a précisé un proche de Benabdallah.
De nouveaux visages mais aussi des partants. Le sort de Mohamed El Ouafa, le dernier des Istiqlaliens au gouvernement, est scellé. L’ancien diplomate resté ministre envers et contre tous a été invité à prendre des vacances, en attendant des jours meilleurs. Au PPS, on ne sait pas encore qui cédera sa place de ministre à une femme.  Du côté du PJD, rien n’est encore définitivement tranché en ce qui concerne les débarqués. Benkirane est encore à la manœuvre. Mais un jeu de chaises musicales ne réussira pas à sauver toutes les têtes islamistes.

Narjis Rerhaye
Mercredi 11 Septembre 2013

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