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Le cessez-le-feu est entré en vigueur au Yémen

Début des pourparlers de paix en Suisse




Un cessez-le-feu est entré en vigueur mardi à 12H00 locales (09H00 GMT) au Yémen, déchiré par un conflit meurtrier depuis près de neuf mois, a annoncé la coalition militaire arabe qui intervient dans ce pays sous commandement saoudien.
Cette trêve de sept jours éventuellement renouvelable coïncide avec l'ouverture de pourparlers inter-yéménites sous l'égide de l'ONU en Suisse.
 Le médiateur de l'ONU Ismaïl Ould Cheikh Ahmed a annoncé "le début d'une cessation des hostilités au Yémen", la qualifiant "de première étape critique" en vue d'établir "une paix durable" dans ce pays, selon un communiqué des Nations unies.
 Le cessez-le-feu a pris effet à l'heure prévue, a indiqué à l'AFP le général de brigade saoudien Ahmed Assiri, porte-parole de la coalition arabe qui est intervenue en mars au Yémen en soutien aux forces gouvernementales qui combattent des rebelles chiites accusés de liens avec l'Iran.
 Cependant le bruit des armes a été entendu de manière sporadique après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu.
 Des obus de mortier ont touché des positions des forces progouvernementales au sud de Taëz, troisième ville du Yémen dans le sud-ouest du pays, "après le début de la trêve", a indiqué à l'AFP un officier de sécurité.
 Des résidents de Taëz ont également rapporté des explosions.
Par ailleurs, sur le terrain, deux chefs militaires de la coalition, un Saoudien et un Emirati, ont été tués lundi dans une attaque au missile lancée contre leur position par les rebelles près du détroit de Bab al-Mandeb, à l'entrée de la mer Rouge.
 Des accrochages au mortier et à la roquette Katioucha ont également opposé par intermittence loyalistes et rebelles dans la province de Taëz (sud-ouest), selon des sources militaires et des témoins.
De précédentes tentatives de négociations et de cessez-le-feu ont échoué au Yémen, où la guerre a fait depuis mars au moins 6.000 morts et 28.000 blessés, dont de nombreux civils, et a directement affecté 80% de la population de ce pays pauvre de la péninsule arabique.
 Issus de la minorité zaïdite (une branche du chiisme), les rebelles Houthis, alliés à de puissantes unités militaires restées fidèles à l'ex-président Ali Abdallah Saleh (au pouvoir de 1990 à 2012, après avoir déjà dirigé le Yémen du Nord de 1978 à 1990), se sont emparés depuis juillet 2014 de larges pans du pays, dont la capitale Sanaa et des provinces du Nord-Ouest, de l'Ouest et du Centre qu'ils contrôlent toujours.
 Les forces antirebelles ont reconquis cet été cinq provinces du Sud, dont celle d'Aden, deuxième ville du pays.
 Des jihadistes, en particulier du groupe Etat islamique (EI), ont profité du chaos pour avancer leurs pions. Depuis le printemps, l'EI a revendiqué des attaques spectaculaires et meurtrières contre des mosquées chiites, ainsi que des cibles gouvernementales et de la coalition arabe.
 Une grande méfiance règne entre gouvernement et rebelles. Le porte-parole des Houthis, Mohammed Abdelsalam, a affirmé samedi: "Nous arrêterons (les combats) quand s'arrêtera l'agression contre nous".
De son côté, le chef d'état-major des forces progouvernementales, le général Mohammed Ali al-Maqdishi, a déclaré dimanche que ses troupes "se conformeront aux ordres (du président), bien que l'expérience nous a appris qu'on ne peut pas avoir confiance en la milice putschiste" des Houthis.
 Le dialogue interyéménite se tiendra en Suisse loin des caméras, dans un lieu gardé secret. Il est destiné à favoriser "un cessez-le-feu permanent et total, une amélioration de la situation humanitaire et un retour à une transition politique pacifique et ordonnée", a expliqué le médiateur de l'ONU.
Selon une source onusienne, les parties discuteront notamment d'un "plan" de mise en œuvre progressive de la résolution 2216 du Conseil de sécurité, qui exige le retrait des rebelles et de leurs alliés, mais aussi de milices, des zones conquises depuis 2014, ainsi que la restitution des armes lourdes à l'Etat.
 Une chose est sûre: plus d'un an après l'entrée des Houthis dans la capitale yéménite, il n'y a ni vainqueur, ni vaincu.
 Les pays arabes qui sont intervenus militairement peinent à s'extirper d'un bourbier de plus en plus exploité par les groupes jihadistes, en particulier à Aden et dans le sud du pays, où Al-Qaïda était déjà bien implanté depuis une bonne décennie.

Mercredi 16 Décembre 2015

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