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Le bras droit du président du Burundi tué dans une attaque à la roquette










L’UE dénonce le recours à la violence et appelle à la retenue



Le bras droit du président burundais Pierre Nkurunziza et patron de facto de la sécurité intérieure, le général Adolphe Nshimirimana, a été tué dimanche à Bujumbura dans une attaque à la roquette, relançant les craintes d'une escalade des violences qui frappent le Burundi depuis trois mois.
Ancien chef d'état-major et souvent présenté comme le numéro deux du régime, le général Nshimirimana a été victime d'une attaque contre sa voiture en début de matinée dans la capitale burundaise, ont indiqué à l'AFP des témoins. 
Selon eux, son véhicule a été touché par deux roquettes, puis arrosé à l'arme automatique. La police a fait état de sept arrestations. 
Dans un communiqué, l'Union européenne s'inquiète de cette "dangereuse escalade de la violence au Burundi". "Le recours à la violence, quels qu'en soient les auteurs, ne pourra jamais contribuer à sortir le pays de l'impasse politique actuelle", écrit-elle, appelant à la "retenue" et à une reprise du "dialogue".
Pour le camp présidentiel, la mort de l'officier supérieur, un intime de Nkurunziza, constitue clairement un choc. "Ils viennent de déclarer la guerre et ils vont voir ce qu'ils vont voir", a averti sous couvert d'anonymat un général de l'armée burundaise.
Le général Nshimirimana, officiellement "chargé de mission à la présidence", faisait partie d'un groupe de généraux issus de l'ancienne rébellion hutu CNDD-FDD (aujourd'hui parti présidentiel ultra-majoritaire) sur lesquels s'appuyait le président Nkurunziza.
Le général Nshimirimana avait joué un rôle-clé au sein des forces de sécurité pour déjouer la tentative de coup d'Etat et mettre un terme aux manifestations. 
A la suite de cet assassinat, un journaliste burundais, et correspondant de l'AFP dans ce pays et collaborateur avec la radio française RFI, Esdras Ndikumana qui prenait des photos sur les lieux de l'attaque, a été arrêté par les forces de sécurité gouvernementales et roué de coups.
Les violences qui ont émaillé ces trois derniers mois ont fait une centaine de morts et poussé quelque 170.000 personnes, selon l'ONU, à fuir dans les pays voisins. Après avoir déjoué mi-mai une tentative de coup d'Etat, les autorités burundaises ont brutalement réprimé les manifestations, empêchant tout nouveau rassemblement. L'histoire post-coloniale du Burundi est jalonnée de massacres entre Hutu et Tutsi et le petit pays d'Afrique des Grands Lacs se remettait progressivement depuis dix ans d'une guerre civile ayant fait 300.000 morts entre 1993 et 2006.

Libé
Mardi 4 Août 2015

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