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Le Soudan du Sud veut réduire le nombre d'humanitaires




Les députés du Soudan du Sud ont adopté un texte de loi limitant drastiquement le nombre de travailleurs humanitaires étrangers pouvant opérer dans le pays, où plusieurs millions de personnes, affectées par la guerre civile, ont pourtant besoin d'une aide d'urgence.
La loi sur les Organisations non gouvernementales (ONG), votée par le Parlement mercredi, prévoit que seuls 20% des personnels humanitaires travaillant au Soudan du Sud peuvent être étrangers, selon le texte dont l'AFP s'est procuré une copie jeudi.
Les agences humanitaires "doivent s'assurer que pas moins de 80% de leurs employés sont des ressortissants sud-soudanais et ce, à tous les niveaux: encadrement, intermédiaire et simples employés", selon le texte qui doit toutefois encore être signé par le président Salva Kiir pour avoir force de loi.
Des travailleurs humanitaires opérant dans le pays s'inquiètent des possibles répercussions de ce texte sur les efforts actuellement déployés pour venir en aide aux quelque 2,3 millions de personnes déplacées par une guerre civile de plus de deux ans et aux quelque 3,9 millions qui nécessitent une aide alimentaire d'urgence.
Sous couvert de l'anonymat, ils ont aussi dit redouter une clause de la nouvelle législation qui prévoit des peines sévères (jusqu'à trois ans de prison et une amende) en cas de "fausse déclaration".
Les organisations humanitaires au Sud-Soudan emploient de nombreux Sud-Soudanais, qui souvent représentent plus de 80% de l'ensemble du personnel, mais pas à des postes d'encadrement ou requérant un certain niveau de spécialisation.
Devenu indépendant en juillet 2011, sur les ruines de décennies de conflit avec Khartoum, le Soudan du Sud a replongé dans la guerre le 15 décembre 2013, quand des combats ont éclaté au sein de l'armée nationale, minée par des dissensions politico-ethniques alimentées par la rivalité à la tête du régime entre M. Kiir et son ancien vice-président Riek Machar.
Le conflit, marqué par d'innombrables atrocités, a fait plusieurs dizaines de milliers de victimes et les combats se poursuivent en dépit d'un accord de paix signé le 26 août.
La semaine passée, l'organisation régionale des pays d'Afrique de l'Est (IGAD) a appelé les parties au conflit, qui incluent à présent de nombreux groupes armés aux agendas souvent locaux, à laisser transiter l'aide alimentaire dans des zones où les populations sont menacées de famine.

Vendredi 5 Février 2016

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