Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Le SNPM déçu par le blocage de la réforme de la presse

Le syndicat dénonce le recours par les forces de l’ordre à la violence contre les journalistes et les reporters-photographes




Le SNPM déçu par le blocage de la réforme de la presse
 Après la réforme constitutionnelle de 2011 qui allait poser les jalons essentiels de la transition démocratique, le peuple marocain et les professionnels de la presse aussi bien écrite qu’audiovisuelle, sont fortement déçus par le blocage de la réforme du secteur des médias, selon le rapport du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM) présenté, hier à Rabat, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de presse.
«Ces principes contenus dans la nouvelle Constitution, nous avons attendu qu’ils soient appliqués conformément aux principes universels des droits de l’Homme, mais le peuple marocain attend encore de savoir comment le gouvernement mettra la réforme sur les rails», lit-on dans ledit rapport. Et de préciser que «le SNPM considère que la bonne voie pour la réforme consiste à satisfaire les attentes exprimées par les forces vives du peuple marocain, et qu’aucune partie ne peut prétendre les réaliser toute seule, que ce soit l’Exécutif ou le Parlement ou toute autre institution».
Mais comment expliquer ce blocage ? La réponse du SNPM est on ne peut plus claire. Il est dû essentiellement à une crise de confiance entre les divers intervenants dans le champ médiatique. Pour le syndicat de la presse, le dossier de la réforme des médias est aussi important et stratégique que les autres dossiers, et pour le mener à bien, «un dialogue rationnel pour arriver à des accords» est fortement recommandé, au lieu de recourir à «une politique du fait accompli» ou d’«imposer à une partie des initiatives ou des solutions non-consensuelles», précise le document. Et d’ajouter : «Ce que nous avons constaté entre la date de présentation de notre rapport en 2012 et  aujourd’hui c’est de passer sous silence ces priorités, et de verser dans des conflits artificiels, ce qui a dévié la réforme de la voie et l’a introduite dans le labyrinthe des conflits politiques et idéologiques inutiles, ce qui a conduit en fin de compte à la stagnation à tous les niveaux».
Le rapport du syndicat s’est penché sur la notion de service public dans le secteur. Il a déploré que le gouvernement, au lieu de définir cette notion et de la mettre au diapason des dispositions de la Constitution conformément aux normes internationales en la matière puisque les citoyens attendent toujours que les médias publics et la MAP deviennent un service public et «se départissent de la ligne officielle», a créé une polémique autour des cahiers des charges et des mécanismes de  gouvernance, «ce qui a ouvert la voie devant tous ceux qui ne veulent pas faire avancer la réforme, faussant le débat et le rôle que doivent  jouer les médias publics».
Quant à la presse écrite, Younès Moujahid, président du SNPM, déplore «le manque de visibilité» chez les entreprises du secteur qui sont gérées conformément à «une mentalité patriarcale et mercantile».
«Ce manque de visibilité» est principalement dû, selon le rapport du syndicat, à «l’absence de mécanismes institutionnels de gestion des ressources humaines et financières y compris l’aide de l’Etat». Ce qui explique le blocage dans la mise en œuvre du premier contrat-programme signé en 2005 entre la Fédération marocaine des éditeurs des journaux et le gouvernement, et qui entrave, selon le SNPM, toute «éventualité d’évaluer d’une façon objective tout contrat-programme, car les données et bilans qui sont à même de permettre de diagnostiquer la crise dont se plaignent les éditeurs et d’en définir ses vraies causes (…) et aussi parce que les professionnels et leurs représentants sont exclus de la supervision des conditions d’octroi de l’aide publique et la manière de la dépenser», précise le document.
Un autre sujet qui soulève l’inquiétude du SNPM est le recours systématique et répétitif au cours de l’année dernière, des forces de l’ordre à la violence à l’encontre des journalistes et reporters-photographes lors de la couverture des manifestations et des sit-in, et ce «en l’absence de tout mécanisme garantissant la protection juridique, administrative et professionnelle des journalistes».
Le rapport a évoqué également le fait que les contrats signés avec les journalistes ne comportent aucune disposition relative à l’assurance-risque. Dans ce sens, le SNPM a appelé les éditeurs et les autres intervenants «à assumer leurs responsabilités envers tout ce qui peut arriver aux journalistes lorsqu’ils effectuent leur travail».
A noter qu’un mécanisme de suivi a été institué. Il est composé, en sus du SNPM, des départements de la Justice et des Libertés et de la Communication, mais ce mécanisme «n’a pas servi à mettre un terme aux agressions» contre les journalistes.

Mourad Tabet
Vendredi 3 Mai 2013

Lu 866 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs