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Le SNEsup fustige le gouvernement Benkirane

Appel à la constitution d’un front social pour défendre l’université publique




Le SNEsup fustige le gouvernement Benkirane
Le Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNEsup) a vigoureusement critiqué le gouvernement Benkirane et sa politique visant à détruire l’université publique marocaine.
Dans une conférence de presse tenue avant-hier au Club de la presse à Rabat, le secrétaire général de SNEsup, Abdelkrim Madoun, a accusé le ministre de l’Enseignement supérieur,  Lahcen Daoudi, d’attiser la tension dans le secteur. Il a expliqué que le Syndicat a entamé un dialogue depuis un an avec le ministère de tutelle en vue de résoudre les problèmes dont souffre l’enseignement supérieur. Mais « nous avons constaté que le ministère n’était pas sérieux», a-t-il martelé. Et d’ajouter : «Depuis le dernier Congrès national du Syndicat, nous avons adopté deux démarches participative et militante. Nous avons entamé un dialogue avec le ministère durant presque un an, mais quand nous nous sommes rendu compte que cette voie ne résout pas les problèmes, nous avons opté pour la deuxième démarche ». Effectivement, le SNEsup a observé une grève le 19 février 2013 pour attirer l’attention du ministère de l’Enseignement supérieur sur la gravité de la situation. Mais apparemment le ministère semble être aux abonnés absents. « Aucun responsable ne nous a contactés après la grève ». Devant cette situation, le Conseil national tiendra prochainement une réunion extraordinaire pour décider des nouvelles actions protestataires contre la politique du gouvernement en matière d’enseignement supérieur. 
L’une des principales revendications du SNEsup est, sans conteste, le projet du ministère de tutelle qui vise à «tuer» l’université publique marocaine. Sous prétexte que cette université ne produit que des diplômés chômeurs, le gouvernement, selon Abdelkrim Madoun, veut faire disparaître ces universités au profit des universités privées qui auront la possibilité d’octroyer des diplômes nationaux. « Cela signera l’arrêt de mort de l’université publique qui constitue la seule issue et le seul moyen pour la mobilité sociale pour les enfants issus des classes populaires et moyennes », a mis en garde le secrétaire générale du Syndicat national de l’enseignement supérieur.Il a ajouté que le SNEsup n’est pas un «syndicat du pain» militant seulement pour l’amélioration des conditions sociales des enseignants-chercheurs, mais il milite également pour une université publique dispensant un enseignement de qualité notamment pour les couches sociales défavorisées et populaires. Pour ce faire, le SNEsup annoncera, selon Abdelkrim Madoun, dans les prochaines semaines, un front social avec les partis politiques, les centrales syndicales, la société civile pour contrer ce projet du gouvernement. « Il ne s’agit ni d’un front politique ni syndical, mais d’un front social, car la question de l’université publique ne concerne pas seulement le Syndicat de l’enseignement supérieur, mais la société toute entière », a tenu à expliquer le secrétaire général du SNEsup.
En outre, les professeurs de l’enseignement protestent contre l’indifférence du ministère de tutelle quant au cahier revendicatif du Syndicat national de l’enseignement supérieur. Celui-ci demande que le ministère inclue les années passées en service civil dans l’ancienneté, chose que refuse le ministère de l’Enseignement supérieur d’appliquer jusqu’à présent. « Il est inconcevable que le ministère prive les enseignants-chercheurs des années qu’ils ont passées dans l’enseignement et la recherche dans le cadre du service civil. Cela est contraire aux lois», a souligné ce responsable syndical. La même situation concerne les enseignants détenteurs du doctorat français. Abdelkrim Madoun a ajouté que le Syndicat proteste contre les tergiversations du ministère de l’Enseignement supérieur dans l’adoption du décret relatif à l’abrogation des quotas et des concours en ce qui concerne l’avancement du professeur-chercheur du grade d’enseignant habilité au grade de professeur de l’enseignement supérieur. «C’est la chose sur laquelle on a abouti à un accord avec le ministère de tutelle, mais tant que le décret n’a pas encore vu le jour, cet accord restera lettre morte », a-t-il martelé. «Le comble, c’est que nous réclamons aujourd’hui des choses qui sont légales et stipulées par la loi, des choses qui ne nécessitent ni cahier revendicatif, ni grève pour leur mise en application». 
Le secrétaire général du SNEsup a évoqué également la crise de la gouvernance. Pour preuve, le népotisme et le clientélisme qui ont caractérisé la nomination des présidents de certaines universités. Il a appelé à ce que les présidents soient élus par le corps professoral à l’instar de nombreux pays arabes, notamment la Tunisie et l’Egypte.

Mourad Tabet
Jeudi 27 Février 2014

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