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Le Royaume-Uni au pied du mur à Bruxelles

Eviter la contagion du Brexit est une préoccupation majeure pour plusieurs pays, notamment la France, l'Italie ou les Pays-Bas




Assumer le "Brexit" et ne pas tergiverser : les dirigeants de l'Union européenne ont mis mardi à Bruxelles la pression sur le Royaume-Uni pour enclencher "sans perdre de temps" son départ et ne pas paralyser le bloc dont l'avenir est en jeu.
L'onde de choc du référendum britannique continuait toujours de se propager après le scrutin et l'inquiétude était manifeste au sein de l'Union sur les conséquences politiques et économiques du divorce à venir.
La Grande-Bretagne reste d'ailleurs sous la surveillance des marchés, au lendemain de la dégradation de sa note financière par les agences de notation Standard and Poor's et Fitch.
Les Européens, eux, doivent "tirer les leçons" de la décision des électeurs d'outre-Manche, avec le souci d'éviter une contagion à d'autres Etats membres. L'Allemagne, la France et l'Italie ont exclu toute négociation avec le Royaume-Uni tant que Londres n'aura pas formalisé sa demande de sortie. Les trois poids lourds fondateurs de l'UE --les trois premières économies de la zone euro -- ont aussi affiché la volonté de donner une "nouvelle impulsion" au projet européen.
Le Premier ministre britannique David Cameron aura fort à faire pour livrer les "explications" post-mortem de son échec lors d'un dîner devant ses homologues.
A la veille du sommet, la chancelière allemande Angela Merkel, aux côtés du président français François Hollande et du chef du gouvernement italien Matteo Renzi, avait clairement averti Londres. "Nous sommes d'accord là-dessus, il n'y aura pas de discussions formelles ou informelles sur la sortie de la Grande-Bretagne de l'UE tant qu'il n'y aura pas de demande de sortie de l'UE au niveau du Conseil européen".
Réuni en session extraordinaire, le Parlement européen devait adopter à la mi-journée d’hier une résolution enjoignant Londres de notifier "immédiatement" son futur départ.
Selon une source gouvernementale britannique, David Cameron entend réitérer à Bruxelles sa position, à savoir qu'enclencher la procédure de divorce incombera à son successeur au 10, Downing Street, dont le nom devrait être connu d'ici le 2 septembre.
A Londres, le Premier ministre conservateur démissionnaire n'est pas seul à temporiser. Le chef de file des partisans du Brexit, Boris Johnson, qui vise sa place, joue désormais la conciliation, assurant que le Royaume-Uni fait "partie de l'Europe" et que sa sortie de l'UE n'interviendra "pas dans la précipitation"
Ce n'est que mercredi, au petit-déjeuner, que le président du Conseil européen, Donald Tusk, réunira de façon "informelle" les 27 autres dirigeants, sans David Cameron, afin de discuter de l'avenir des relations de l'Union avec le Royaume-Uni.
Pour éviter que les "forces centrifuges" ne gagnent du terrain dans d'autres Etats membres, "nous allons présenter une proposition à nos collègues" pour "donner une nouvelle impulsion" au projet européen "au cours des prochains mois", a promis Angela Merkel.
Selon la chancelière, Berlin, Paris et Rome envisagent notamment des avancées dans les domaines de "la défense, la croissance, l'emploi et la compétitivité".
Eviter la contagion du Brexit est une préoccupation majeure pour plusieurs pays, notamment la France, l'Italie ou les Pays-Bas, où l'extrême droite et les mouvements populistes ont le vent en poupe.
Le Brexit, voté par 52% des Britanniques, a toujours du mal à passer chez ses opposants au Royaume-Uni, en particulier les jeunes. Une pétition pour un nouveau référendum dépassait lundi soir les 3,8 millions de signatures. Une manifestation était prévue hier à Londres contre le résultat du scrutin.
La tourmente politique dans laquelle est plongé le Royaume-Uni est d'autant plus dévastatrice que revient au premier plan la menace d'une sécession de l'Ecosse, qui a voté à 62% en faveur d'un maintien dans l'UE.
Du côté des travaillistes, leur chef Jeremy Corbyn, accusé de ne pas avoir assez milité pour un maintien dans l'UE, a annoncé qu'il ne démissionnerait pas, même si plus de la moitié de son cabinet fantôme a déjà déserté en signe de protestation.
Cruauté supplémentaire, l'Angleterre est sortie une seconde fois de l’Europe lundi soir... en huitièmes de finale à l'Euro-2016, elle a été battue par l'Islande (2-1).

Mercredi 29 Juin 2016

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