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Le Ramadan, une occasion rêvée pour arrêter de fumer

Stop à l’addiction




Le Ramadan, une occasion rêvée pour arrêter de fumer
Dans le monde, il existe une Journée mondiale sans tabac mais au Maroc comme d'ailleurs dans le monde arabo-musulman, il y a encore mieux, tout un mois pendant lequel les accros à la cigarette s'astreignent à ne pas fumer le jour.
Mais si cette journée qui a lieu le 31 mai depuis déjà 25 ans à l'initiative de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), est généralement peu suivie, voire ignorée par les fumeurs et ce, en dépit des campagnes médiatiques de sensibilisation, il n'en est pas de même pour le mois de Ramadan où la prohibition de la cigarette est respectée de tous lors du jeûne.
Cependant, si tous les fumeurs s'astreignent à ce régime draconien, il n'en reste pas moins que les humeurs sont changeantes d'une personne à l'autre. En gros, il y a ceux qui supportent l’état de manque, prenant leur mal en patience cette astreinte avec philosophie, il y a ceux, en revanche, qui ont beaucoup de mal à contenir leur colère sans cigarette et il y a aussi les fumeurs occasionnels, une minorité certes, pour qui cigarette ou pas, c'est du pareil au même.
Différentes humeurs, différents tempéraments et différentes situations de crise, mais tous les jeûneurs, fumeurs ou pas, s'accordent sur un même constat : plus que le manque en nicotine, c'est la soif qui constitue la rude épreuve pendant les longues journées de Ramadan qui s'écoulent péniblement au vu de la chaleur caniculaire qui a sévi les premiers jours.
Cette irrépressible sensation de manque pousse d'ailleurs les gros fumeurs à avoir des attitudes extrêmes qui se réduisent à un état de léthargie, et à un repli sur soi pour ne pas céder à la colère. Fumer tue mais oblige aussi à se taire pour cette catégorie de personnes. L'autre cas extrême concerne les fumeurs qui affichent une agressivité démesurée, provoquant parfois des drames. Pour un oui ou un non, des bagarres se déclenchent, les violences s'exacerbent, dans la rue, dans le milieu du travail et pire encore au sein de la famille. Sur ce registre, les faits divers fleurissent dans les journaux.
L'année dernière, au mois de Ramadan, la Joutya, un marché informel, situé au quartier El Alia à Mohammédia, a été le théâtre d'un drame causé par le manque de nicotine et autres psychotropes dont les effets de sevrage sont beaucoup plus importants. Une rixe pour des broutilles, peu avant la rupture du jeûne, a provoqué la mort d'un jeune tué à coups de couteau devant une foule médusée. L'auteur de cet homicide involontaire s'est lui-même présenté à la police et ce, après avoir rompu tranquillement son jeûne.
C'est d'ailleurs toujours dans la dernière heure qui précède la rupture du jeûne que les nerfs des fumeurs sont à fleur de peau. Les violences montent d'un cran et le stress devient ingérable. Car, parfois, il suffit d’un instant de colère pour se retrouver ensuite responsable d'un acte aux conséquences dramatiques.

Libé
Jeudi 18 Juillet 2013

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