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Le RNI exige des excuses publiques du PJD

Le parti de la Colombe réunit ses instances pour participer au gouvernement




Le RNI exige des excuses publiques du PJD
C’est une longue réunion  de deux heures et demie qui a regroupé, mardi 23 juillet, les membres du bureau politique du RNI.  Un seul et unique point à l’ordre du jour : l’offre de rejoindre le gouvernement et la majorité faite officiellement par Abdelilah Benkirane à Salaheddine Mezouar. «La place était chère mardi soir. Les gens du BP étaient là presque au grand complet. Une première ! », sourit ce ténor du parti de la colombe avant de poursuivre que « la réunion s’est déroulée dans une ambiance sereine et un esprit positif ».
Le président du Rassemblement national des indépendants a convoqué la réunion de l’instance exécutive, moins de 24 heures après avoir partagé le f’tour, lundi, avec le chef du gouvernement. Mezouar a donc rencontré ses pairs du bureau politique pour les tenir informés de la teneur des discussions entamées avec Abdelilah Benkirane.   Le chef du gouvernement a très officiellement proposé au RNI, parti jusque-là dans l’opposition,  de rejoindre la majorité gouvernementale en lieu et place de l’Istiqlal qui vient d’en claquer la porte.  L’offre politique est sur la table, a annoncé Salaheddine Mezouar  aux responsables du BP.
Mais avant l’offre politique, le chef de file de la majorité et le patron du RNI ont procédé à un exercice de mise à plat. On s’en souvient, Salaheddine Mezouar avait été gravement mis en cause par les islamistes du PJD qui l’ont accusé d’avoir perçu de manière illégale des primes alors qu’il était ministre des Finances. L’affaire est d’ailleurs devant les tribunaux.  Mardi soir, Abdelilah Benkirane a fait savoir à l’ancien argentier du Royaume que les primes  en question ont respecté la procédure légale en vigueur. Ce sont les résultats d’une enquête diligentée par le chef du gouvernement himself. « Il faut le faire savoir publiquement», a répliqué Salaheddine Mezouar, le leader à l’honneur bafoué. Reste à trouver la formule idoine à des excuses publiques qui réconcilieront les deux partis.
Une fois cette mise au point faite, Benkirane et Mezouar ont entamé des discussions préliminaires sur la participation au gouvernement des RNistes.  

Les choses sérieuses commencent !
« Il faut bien le dire, M. Benkirane semble être dans de bonnes dispositions. Il est plutôt ouvert aux propositions.  Il y a une sorte de main tendue du chef du gouvernement. Mezouar a parlé du programme gouvernemental, des priorités, de la structuration de l’Exécutif. Le chef du gouvernement y  a prêté une oreille attentive. Le RNI n’a pas l’intention de faire de la figuration en rejoignant le gouvernement ni jouer aux simples remplaçants », soutient ce membre du bureau politique, présent à la réunion de mardi soir.
A l’évidence, le Rassemblement  national des indépendants est lui aussi dans de bonnes dispositions, prêt à saisir l’offre faite par celui qui conduit le gouvernement.  Le RNI va réunir ses instances dans les tout prochains jours pour leur soumettre la proposition qui le fera basculer de l’opposition à la majorité. Vendredi,  ce sont les deux groupes parlementaires, députés et conseillers, qui vont tenir réunion avec les membres du bureau politique. Ensuite, ce sera au tour des coordinateurs du parti de rencontrer l’instance exécutive. « Ces différentes réunions avec les instances visent à préparer la convocation de notre conseil national et ce pour qu’il se déroule dans les meilleures conditions », explique ce cacique du parti fondé par l’ancien Premier ministre et beau-frère de Hassan II, Ahmed Osman.
En début de semaine prochaine, Abdelilah Benkirane et Salaheddine Mezouar doivent reprendre langue pour un nouveau round de négociations.  C’est seulement à ce moment-là que les choses sérieuses vont commencer. Les premières frictions aussi. Les deux hommes devront en principe débattre du programme gouvernemental et de l’architecture de l’Exécutif. Deux points fondamentaux sur lesquels le RNI veut non seulement avoir son mot à dire mais peser de tout son poids. « Nous avons également demandé à notre président de parler de la question de la représentativité féminine au sein de Benkirane II », précise cette figure du Rassemblement.
Simple opération de remplacement, où les futurs ministres du RNI remplaceraient, aux mêmes portefeuilles  les ministres istiqlaliens démissionnaires ou véritable remaniement dans le cadre d’un gouvernement Benkirane II ? La question est sur toutes les lèvres et meuble les longues soirées ramadanesques.  « Pour l’instant, tout est envisageable. Rien n’est exclu. Ni l’une ni l’autre des hypothèses ne sont exclues », croit savoir ce fondateur du RNI.
 

Narjis Rerhaye
Jeudi 25 Juillet 2013

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