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Le Prix du Réseau des Instituts français récompense «Chucho» de Grégoire Polet




Ils se croisaient dans les couloirs de l’Institut français de Marrakech. Ils se disaient à peine bonjour parce qu’ils se connaissaient de vue. Parfois, il arrivait à certains d’entre eux, debout devant le même rayon, de tendre au même temps la main vers le même livre. Ils s’excusaient confusément avant de l’atteindre en laissant se dessiner sur leur visage un rictus. Ils s’éclipsaient entre les autres rayons comme s’ils réalisaient à la dernière minute que cet ouvrage refusait de leur appartenir pour le moment, qu’il ne daignait pas accepter de les accompagner l’un et l’autre.
Ce sont les habitués de la médiathèque, les férus du livre.
Depuis presque deux ans, ces personnes se saluent chaleureusement, s’attardent pour échanger leurs nouvelles, se proposent des livres, se conseillent des lectures, se donnent des informations littéraires, s’indiquent les articles de journaux et de revues…Ils appartiennent tous maintenant à un même corps, un corps solidaire : le club de lecture.
Oui, le club de lecture, cette rencontre conviviale organisée dans un coin de la bibliothèque, entre les livres et autour des livres. Un rendez-vous important qui rassemble tout un monde le premier jeudi de chaque mois. Un moment très attendu pour les adhérents venus d’horizons divers : des Subsahariens, des Marocains, des Français, des Belges, parfois une Italienne d’origine anglaise…Les accents, à eux seuls, constituent une vraie mélodie, une sonate où les instruments jouent à tour de rôle.
Depuis le mois de juin dernier, le club de lecture compte de nouveaux membres. Ils sont attirés par la nouvelle collection de livres comme des abeilles par un jardin de belles fleurs. Une collection de huit livres, la même dans tous les Instituts et les Alliances franco-marocaines, celle qui constitue le Grand Prix du Réseau. Une manifestation littéraire organisée par le Bureau du livre de l’Ambassade de France au Maroc. C’est un projet qui rassemble dans chaque médiathèque un jury composé de lecteurs volontaires et permet de désigner le livre le plus apprécié.
En ce mois de décembre, à l’instar des autres instituts, le club de lecture de Marrakech s’est réuni pour participer à l’élection du meilleur livre selon les lecteurs. Chucho de Grégoire Polet (Gallimard 2009) a remporté ce titre devant une sélection non des moindres. La liste des livres a comporté : autre que Chucho, Entre les bruits, de Belinda Cannone, éditions de l’Olivier, 2009 – Et nos amours, de Sean James Rose, Denoël, 2009 – Les coloniaux, de Aziz Chouaki, Mille et une nuits, 2009 – Les femmes aux cheveux courts, de Patrice Leconte, Albin Michel, 2009 – Lune captive dans un œil mort, de Pascal Garnier, Zulma, 2009 – Marguerite, François et moi, de Marguerite Saint-Bois, Julliard, 2009 – Mon cher fils, de Leila Sebbar, Elyzad, 2009.
L’objectif principal de cette activité n’est pas seulement d’attirer l’attention des lecteurs sur les nouveautés littéraires, mais surtout de distinguer un auteur de qualité dont l’œuvre est peu connue du grand public.
Avec cette distinction, Grégoire Polet se verra remettre, à l’occasion de Salon du livre de Casablanca 2010, le Grand Prix du Réseau 2009. Il sera également invité à faire une tournée dans tous les Instituts et alliances du réseau en février 2010.
Voilà une activité qui pourrait aider les gens à se réconcilier avec le livre malgré la concurrence des autres supports. Car, dans une telle atmosphère, la lecture devient un moment de plaisir, de partage, de convivialité et d’échange.
La question qui se pose est : quand les institutions culturelles marocaines emboîteront-elles le pas à leurs consoeurs françaises pour nous faire découvrir les nouvelles créations du pays ?
En attendant, voici un aperçu du roman élu :
«Agé d’une dizaine d’années, Chucho n’est le fils de personne, bien qu’il se croie celui d’une femme qui vit à New York. Il habite à droite, à gauche dans un quartier pauvre de Barcelone, notamment chez Belito, un souteneur qui lui mène la vie dure.
Un jour, Chucho apprend que la Polaca , une prostituée d’origine polonaise appartenant à Belito, vient d’être sauvagement assassinée. Le médecin allemand à qui Chucho, maquereau en herbe, l’avait amenée, est-il l’auteur de ce meurtre ?  
Rares sont les livres où l’enfance pauvre soit évoquée sans mièvrerie et sans misérabilisme. Ici, on s’attache d’emblée à ce Chucho et à son histoire dramatique, sur fond de Barcelone évoquée par petites touches qui sont comme autant de coups de griffes. »  

My Seddik Rabbaj
Lundi 4 Janvier 2010

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