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Le "Printemps arabe" de la danse contemporaine à Beyrouth




Ils viennent de Tunisie, d'Egypte ou de Syrie, pays symboles du "printemps arabe", pour exprimer sur scène leur soif de liberté: les interprètes de la danse contemporaine sont de plus en plus nombreux dans la région, où cet art abstrait reste encore méconnu.
"Depuis quelques années, les créations arabes de danse contemporaine sont en ébullition", affirme à l'AFP le Libanais Omar Rajeh, organisateur de la 7e édition de BIPOD (Beirut international platform of dance), du 14 au 30 avril à Beyrouth.
L'événement accueille des spectacles de poids lourds comme l'Américain William Forsythe, le Belge Alain Platel ou encore Akram Khan, mais aussi près d'une vingtaine de tableaux de chorégraphes venus du Caire, de Beyrouth, ou encore de Ramallah.
Dans une région plus habituée à la danse folklorique ou orientale, et où le mot "danseur" --et surtout "danseuse"-- en arabe est parfois péjoratif, les adeptes de cet art basé sur la liberté du mouvement et de l'interprétation se multiplient.
Depuis 2009, ils improvisent et expérimentent dans le cadre du "Arab Dance Platform", qui est présenté pendant le BIPOD.
"Les spectacles de cette édition ont été conçus avant les révolutions arabes, mais ils sont l'écho de questionnements au coeur de la vie des citoyens arabes, comme les libertés", affirme M. Rajeh, qui a fait ses études de danse à l'Université de Surrey, en Grande-Bretagne.
"La danse contemporaine a beaucoup à voir avec l'individu, le refus des structures, des systèmes, des régimes", ajoute cet interprète, chorégraphe et directeur de Maqamat Dance Theater (Liban).
La plupart des spectacles touchent à des thèmes propres aux sociétés arabes, même si beaucoup de chorégraphes en rejettent les clichés.
"The Dance of Pièze" de Hela Fattoumi et Eric Lamoureux (Tunisie/France), évoque l'attraction entre hommes en l'absence de l'autre sexe, "The Smell of the City" de Mohamed Shafik (Egypte) évoque les villes arabes à l'aube des révolutions, apathiques mais paradoxalement remplies d'espoir.
Dans "The Sleepers" de l'Irakien Anmar Taha, les victimes des conflits et de la torture ont les yeux bandés, elles sont tantôt accroupies, tantôt se déplaçant avec un minimum de gestes, tel des corps ployant sous la souffrance, exprimant une douleur atroce mais silencieuse.
La troupe d'Anmar, Iraqi Bodies, s'était installée en Suède après les violences dans son pays.

AFP
Mardi 3 Mai 2011

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