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Le Premier secrétaire et le Bureau politique investis par la Commission administrative pour poursuivre les concertations avec le chef du gouvernement désigné


Il convient de rappeler que l’USFP avait exprimé lors du premier round des consultations menées par le chef du gouvernement avec les partis politiques, sa volonté de lui faciliter la tâche pour la constitution d’un nouveau gouvernement.



Driss Lachguar : Ce qui compte pour le parti de la Rose, c’est le contenu avant la forme, 
les idées avant les personnes, les projets et les programmes avant les portefeuilles


Habib El Malki : De quel type de gouvernement, le Maroc d’aujourd’hui a-t-il besoin ? Telle est l’incontournable question dans une conjoncture régionale explosive et un contexte international confus et mouvementé

La Commission administrative nationale de l’USFP a donné le feu vert en fin de semaine au Bureau politique pour poursuivre les consultations avec le chef du gouvernement sur la participation au prochain gouvernement sur la base d’une négociation bilatérale loin de toute bipolarisation artificielle ou conjoncturelle.
Les membres de la Commission administrative, qui constitue l’instance décisionnelle la plus importante après le Congrès national, ont, pendant toute la journée du samedi 12 novembre 2016, débattu de façon franche, sereine et responsable, du rapport politique du Premier secrétaire de l’USFP, Driss Lachguar, et notamment la proposition d’autoriser le Bureau politique à poursuivre les consultations avec le chef du gouvernement sur la base des fondamentaux et de l’histoire du parti de la Rose. 
 « Nous sommes ouverts en toute bonne foi à cette offre pour en discuter sans position préalable, en tenant compte des orientations exprimées dans le discours Royal à l’occasion du 41ème anniversaire de la Marche Verte », a souligné le Premier secrétaire de l’USFP dans son rapport politique qui a passé également en revue plusieurs évènements marquant la vie politique (la visite historique de S.M le Roi de plusieurs pays africains, le discours Royal depuis Dakar à l’occasion de la commémoration de la Marche Verte, les élections législatives du 7 octobre 2016…).
« Notre annonce de principe, a-t-il précisé, reste toujours en vigueur et liée à l’offre que nous attendons du chef du gouvernement désigné. Nous souhaitons que cette offre ne soit pas d’ordre technique, mais une offre foncièrement politique fondée sur des bases solides qui prennent en compte notre programme électoral », tout en mettant en exergue que l’USFP décortiquera chaque offre et prendra ipso facto sa décision à la lumière des résultats de la Commission administrative et non en fonction d’un choix arrêté préalablement.
Pour le Premier secrétaire, le Maroc a besoin d’un gouvernement homogène, disposant d’un programme réformiste clair qui met l’accent sur les priorités économiques et sociales pour répondre aux problèmes du chômage, de l’exclusion et de la précarité et qui donne également une grande importance aux secteurs de l’éducation et de la santé. Le prochain gouvernement, d’après la vision du dirigeant ittihadi, est dans l’obligation d’améliorer les relations avec les partenaires sociaux et le Parlement.
Il a rappelé, en ce sens, le programme électoral du parti qui regorge de mesures qui « ne sont pas aléatoires, mais élaborées sur la base d’une méthodologie qui prend en compte la nature de l’action gouvernementale qui se chargera de les mettre en application ». 
Pour Driss Lachguar, la participation au gouvernement n’est pas une fin en soi, comme  on ne peut l’assimiler à une simple promenade de santé. Car, ce qui compte, pour le parti de la Rose, c’est le contenu avant la forme, les idées avant les personnes, et les projets et les programmes avant les portefeuilles.
Il convient de rappeler que l’USFP avait exprimé lors du premier round des consultations menées par le chef du gouvernement avec les partis politiques, sa volonté de lui faciliter la tâche pour la constitution d’un nouveau gouvernement. Mais le Premier secrétaire a critiqué certains  agissements allant dans le sens de vouloir imposer des regroupements lors des tractations.
Il a cité en exemple l’expérience de l’USFP au sein du gouvernement d’alternance. A cette époque, la scène politique était divisée en trois pôles : la Koutla, Wifak et le Centre. Cela n’a pas constitué un obstacle pour l’USFP de nouer des relations avec d’autres partis politiques qui n’étaient pas membres de la Koutla comme c’était le cas avec le RNI. En 1998, l’USFP n’avait pas hésité à contacter ce parti pour l’inviter à participer au gouvernement d’alternance. Depuis lors, les relations entre les deux partis se sont consolidées et n’ont pas été affectées par le retour de l’USFP dans l’opposition en 2011.
Pour cette raison, le Premier secrétaire estime que cette expérience du gouvernement d’alternance doit être un modèle pour les consultations actuelles pour la constitution d’un gouvernement. Cela passe essentiellement par mettre un terme à la politique des regroupements quelle que soit sa nature. « Le parti, fort de son héritage militant et historique, refuse d’être coopté par une quelconque alliance, ou d’ouvrir le débat avec lui comme s’il faisait partie d’un cadre plus global. Dans la même logique, nous refusons qu’une alliance quelle que soit sa nature dialogue avec nous, mais nous allons établir des relations bilatérales sur la base desquelles nous exprimerons nos positions ».
Au début de cette réunion, le président de la Commission administrative nationale, Habib El Malki, a affirmé que la Commission administrative tient sa réunion dans une conjoncture inédite pour de multiples raisons. Au niveau international, les éventuelles répercussions résultent de la régression des fondamentaux de la mondialisation. Et l’une des manifestations de cette situation est la montée en puissance des mouvements populistes dans plusieurs pays occidentaux. En ce sens, il a souligné que «ce que vit actuellement l’UE qui est considérée comme le principal partenaire du Maroc et la victoire de Donald Trump lors des élections américaines nous interpellent fortement ». 
Au niveau national, le Maroc connaît des situations sans précédent marquées par le foisonnement des mouvements sociaux dans plusieurs secteurs et le vacuum institutionnel actuel au niveau du gouvernement et de la Chambre des représentants a de toute évidence un coût politique, économique et social.
Cette situation complexe exige, selon lui, une analyse approfondie et non superficielle par le Parlement du parti. Pour ce faire, le Bureau politique avait convoqué les membres de la Commission chargée d’élaborer le programme électoral, des deux groupes parlementaires, de la commission d’arbitrage et des finances, des secrétaires provinciaux et des têtes de liste qui se sont présentées aux élections au nom du parti, à prendre part au débat lors de la réunion de la Commission administratives sans pour autant avoir le droit de vote.
« C’est tout à fait naturel et il est fructueux d’inviter les responsables du parti et les potentialités qui ont pris part au processus électoral pour la réunion de la Commission administrative », a tenu à préciser Habib El Malki. 
Le Président de la Commission administrative a, par ailleurs, mis en exergue que les Ittihadis, après l’examen des résultats des élections législatives du 7 octobre 2016 refusent la «bipolarité artificielle» qui met en péril l’édification de l’Etat démocratique au Maroc. Dans ce sens, Habib El Malki a souligné que l’USFP refuse d’être rangé dans un groupement ou que des parties interviennent dans ses affaires internes, car l’USFP est un parti indépendant dans ces positions et responsable, qui sait ce qu’il veut. 
Par ailleurs, Habib El Malki a affirmé que la réalité aujourd’hui est complexe, ce qui exige de l’USFP d’aller au-delà de l’équation simpliste: participer ou non au gouvernement. De quel type de gouvernement le Maroc d’aujourd’hui a-t-il besoin? Telle est l’incontournable question dans une conjoncture régionale explosive et un contexte international confus et mouvementé.
 

Mourad Tabet
Lundi 14 Novembre 2016

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