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Le Premier ministre du Burkina Faso libéré par les putschistes

L'armée lance un ultimatum aux putschistes




Aux mains des putschistes depuis le coup d'Etat, le Premier ministre de la Transition Isaac Zida a été libéré mardi alors que l'armée burbinabaise, entrée dans la capitale pendant la nuit, négociait toujours leur reddition. Personnalité clé de la transition, Zida a quitté le palais présidentiel de Ouagadougou où il était en "résidence surveillée" pour rejoindre son domicile officiel dans le quartier des ministères de la capitale, ont affirmé à l'AFP une source de la gendarmerie et une autre proche de son aide de camp.
Amené au pouvoir par le coup d'Etat du 17 septembre, le général Gilbert Diendéré, chef du régiment de Sécurité présidentielle (RSP), avait déclaré lundi dans une allocution lue à la radio et à la télévision "accepter la libération du lieutenant-colonel Isaac Zida en signe d'apaisement conformément au projet d'accord" de sortie de crise proposé par la médiation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao).
Ce projet, qui a suscité la colère de la société civile et d'une partie de la population, devait être soumis aux chefs d'Etat de la Cédéao lors d'un sommet extraordinaire hier à Abuja.
Zida, qui avait brièvement assumé les fonctions de chef d'Etat après la chute du président Blaise Compaoré, renversé par la rue en 2014, était en conflit ouvert avant le coup d'Etat avec le RSP dont il avait pourtant été le numéro 2.
L'armée du Burkina Faso a enjoint aux militaires putschistes de la garde présidentielle de déposer les armes sous peine d'être attaqués, a déclaré mardi un officier.
Des soldats loyalistes sont entrés lundi soir dans la capitale, Ouagadougou, sans rencontrer de résistance, tandis que leurs chefs entamaient des discussions sur la reddition du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), auteur du coup d'Etat de mercredi dernier.
Par ailleurs, Michel Kafando, le président des institutions de transition du Burkina Faso, placé en résidence surveillée par les putschistes de la garde présidentielle, a été exfiltré et accueilli à la résidence de l'ambassadeur de France lundi en début de soirée.
Kafando avait été arrêté mercredi en plein Conseil des ministres par des militaires putschistes qui avaient ensuite annoncé sa libération à la faveur d'une médiation ouest-africaine. Il avait été placé en résidence surveillée depuis.
La libération effective de Zida intervient alors que l'armée burkinabaise est entrée dans Ouagadougou au cours de la nuit et négocie avec le RSP sa reddition.
"Tous les corps (d'armée mobilisés lundi pour marcher sur la capitale) sont entrés à Ouagadougou. Il faut maintenant obtenir la reddition du RSP, sans coup de feu", a déclaré à l'AFP le colonel Serge Alain Ouédraogo, chef adjoint de la gendarmerie burkinabaise.  Des chefs de l'armée avaient lundi en fin d'après-midi intimé l'ordre aux putschistes de "déposer les armes" et prévenu que des unités de province convergeaient vers la capitale.
Des colonnes de l'armée régulière étaient arrivées lundi en début de soirée aux portes de la capitale, placée sous couvre-feu depuis jeudi.  L'armée était jusqu'à présent restée discrète depuis le coup d'Etat perpétré le 17 septembre par le RSP et son ancien chef, le général Gilbert Diendéré.
Renversant le régime de transition mis en place en 2014 après la chute de Blaise Compaoré, le général Diendéré avait pris le pouvoir, tout en récusant être téléguidé par l'ex-président dont il était le bras droit.
Lors de leur avancée en province, l'armée a été applaudie par les habitants massés sur le bord de la route, ont signalé plusieurs témoins qui ont croisé les militaires sur les routes en provenance de l'Ouest et de l'Est.
Cette offensive intervient alors que le projet de crise avait été présenté dimanche par la médiation ouest-africaine. Ce projet prévoit notamment une amnistie des putschistes et la participation des anciens pro-Compaoré aux élections désormais prévues "d'ici le 22 novembre. Le texte a suscité l'indignation de la société civile. Dans les rues de la capitale, la plupart des habitants interrogés lundi jugeaient le plan "inacceptable".
Unité d'élite de l'armée, le RSP, qui compte quelque 1.300 hommes, était l'ancienne garde prétorienne du président Compaoré. La société civile avait demandé sa dissolution à plusieurs reprises.

Mercredi 23 Septembre 2015

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