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Le Polisario prend les conventions de Genève en otage

Pourquoi Berne s’est-il laissé berner?




La stupéfaction est générale. La décision des autorités suisses  d’approuver la demande d’adhésion du Polisario aux  Conventions de Genève de 1949 est tombée comme un couperet. En effet, cette approbation est incongrue et   suscite plus de questions qu’elle n’apporte de réponses.
Plusieurs défenseurs marocains des droits de l’Homme se demandent pourquoi la Suisse a accepté la requête du Polisario dont le conflit avec le Maroc n’est ni une guerre déclarée,  ni un conflit de longue durée et qu’il n’est pas marqué par des violations graves des droits de l’Homme telles que les prises de civils en otages, les représailles visant les civils ou leurs biens, les punitions collectives, les déportations et l’implantation  de colons civils sur un terrain de combats.  Ceci d’autant plus que l’article 2 de la  Convention (IV) de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre stipule que : «  En dehors des dispositions qui doivent entrer en vigueur dès le temps de paix, la présente Convention s'appliquera en cas de guerre déclarée ou de tout autre conflit armé surgissant entre deux ou plusieurs des Hautes Parties contractantes, même si l'état de guerre n'est pas reconnu par l'une d'elles. La Convention s'appliquera également dans tous les cas d'occupation de tout ou partie du territoire d'une Haute Partie contractante, même si cette occupation ne rencontre aucune résistance militaire ».
Ces mêmes militants se demandent pourquoi Berne a validé  l’adhésion d’une entité qui ne représente rien au niveau des instances internationales. A titre d’exemple, seuls 12 pays reconnaissent le Front du Polisario sur la cinquantaine qui siègent au sein de l’Union africaine (UE).     
Pis, comment peut-on accepter  l’adhésion d’une entité qui n’a aucun des attributs de l’Etat ?  « Tout le monde sait que ce sont les généraux et les officiers des renseignements algériens qui gèrent les camps de Tindouf et que ces camps sont sous autorité algérienne. Pis, ces camps n’ont jamais été visités par les représentants du Haut-commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme malgré les violations récurrentes de ceux-ci, l’esclavagisme qui y existe et la torture ou les détentions arbitraires qui y sont monnaie courante», nous a confié une source qui a requis l’anonymat avant de poursuivre avec ironie : « On peut parler plutôt de l’adhésion d’Alger à cette convention que d’autre chose ».
 « Le Polisario a pris de court le Maroc qui semble plus préoccupé actuellement par d’autres dossiers  plus importants comme les élections, la lutte contre le terrorisme et la transition politique », nous a précisé Mustapha Manouzi, président du Forum vérité et justice qui estime que cette adhésion a été le fruit d’un effort diplomatique et d’une complicité de certaines parties ennemies du Royaume. Pis, il considère  cette adhésion comme inacceptable puisqu’elle  institutionnalise un fait accompli émanant de bandes armées.  
Pourtant, le président du FVJ ne veut pas tomber dans le négativisme béat. Il pense que cette adhésion constitue un électrochoc positif pour la diplomatie marocaine. « Aujourd’hui, on est devant un contexte international différent et de nouveaux rapports de force qui exigent une vigilance patriotique de tout le monde et un renforcement du  front intérieur via l’élargissement du domaine des droits et des libertés », nous a-t-il indiqué.  
D’après lui, cette adhésion du Polisario ne doit pas faire peur aux Marocains. « En tant que défenseurs des droits de l’Homme, cette adhésion ne nous gêne nullement à condition que les représentants du Polisario s’engagent à respecter le dialogue et à rejeter tout acte de  violence et de terrorisme », nous a-t-il précisé avant d’ajouter : « Mieux, cette adhésion sera gênante pour le Polisario parce qu’elle lui imposera un certain nombre de contraintes. Et du coup, il sera sous les projecteurs des instances internationales et sous haute surveillance.  Un état de fait qui n’aura que des effets bénéfiques sur les droits des réfugiés, entre autres, et qui jettera la lumière sur les violations des droits de l’Homme à Tindouf. Il ne faut pas paniquer puisque nous avons un droit historique et des droits acquis que personne ne peut remettre en cause ».  
Des propos calmes et raisonnés à l’opposé du ton agressif de notre ministère des Affaires étrangères et de la Coopération qui  a adressé une lettre de protestation aux autorités de Berne, indiquant que « la Suisse a dépassé d’une manière grave ses prérogatives » en acceptant la requête du Polisario.
Salaheddine Mezouar  s’est même dit surpris par le timing de cette décision alors que la région ne connaît pas de conflit armé depuis le cessez-le-feu, conclu en septembre 1991, entre le Royaume et le Polisario sous l’égide des Nations unies accusant  la Suisse d’avoir pris position en faveur des stipendiés d’Alger.

Hassan Bentaleb
Vendredi 28 Août 2015

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1.Posté par Nourdine le 27/08/2015 23:19
Je ne savait pas qu il existé encore ses clowns....même leurs alliés algériens n en parlent plus !

2.Posté par mohamed sahraoui le 27/08/2015 23:27
Si l’Algérie prétend, comme elle le dit, ne pas être partie prenante dans ce conflit et qu’elle défend seulement les bonnes causes et le principe du droit des peuples à l’autodétermination, pourquoi son soutien se limite-t-il exclusivement au polisario ? L’Algérie qui se dit « révolutionnaire »et qui prétend se 
battre pour l’autodétermination des peuples opprimés, pourquoi refuse-t-elle d’appliquer ses principes ailleurs ? Pourquoi l’Algérie ne soutient-elle pas : *Le Tibet et Taiwan ? (De peur de la Chine). *La Tchétchénie ? (De peur de la Russie). *Les Kurdes ? (De peur de la Syrie, de la Turquie, de L’Iran et de l’Irak). *Le Kosovo ? (De peur de la Russie qui soutient la Serbie). *Les Basques ? (De peur de l’Espagne). *La Corse ? (De peur de la France). *Chypre ? (De peur de la Turquie). Quelle contradiction flagrante et quelle Hypocrisie ! 

3.Posté par mohamed sahraoui le 29/08/2015 18:10
Le pouvoir algérien est en colère contre dix de ses intellectuels. Ils ont osé signer avec quatre Marocains un appel pour une normalisation des relations entre les deux pays. L’un d'eux a été immédiatement sanctionné par le ministre de la Culture.
Les autorités algériennes ne tolèrent pas que ces citoyens appellent à une normalisation de ses relations avec le Maroc. Des sanctions sont même à prévoir contre les « contrevenants ». C’est ce que vient de subir Bouzid Harzallah, un intellectuel, qui était le coordinateur des « Nuits de la poésie arabe ». Une manifestation qui s’inscrit dans le cadre des festivités célébrant « Constantine, capitale de la culture arabe 2015 », placée sous l’autorité directe de la primature.
Harzallah a eu le « tort » de cosigner, avec neuf de ses compatriotes et quatre écrivains marocains, une lettre ouverte à qui de droit appelant à l’urgence d’une intégration maghrébine. Les signataires y affirment que « contrairement à la politique qui use d’innombrables arguments pour entretenir les conflits passagers bien que parfois persistants, nous, poètes et écrivains réunis ici à Constantine, croyons davantage à l’essence même qui fait l’unité naturelle de nos deux peuples et œuvrons à la reconstruction des ponts au-delà du gouffre qui nous sépare afin de restaurer notre destin commun et rebâtir un avenir maghrébin plus lumineux ».
Une caravane des poètes algériens vers le Polisario
Immédiatement après la médiatisation de l’appel, le pouvoir algérien a vivement réagi. La presse du voisin de l’Est a fait état d’une colère de la présidence de la république et le chef du gouvernement contre le ministre de la Culture, Azzeddine Mihoubi, nommé lors du remaniement de mai.
Celui-ci a convoqué Harzallah pour lui signifier sa mise à l'écart et la désignation à sa place de Abdesselam Yekhlef, pourtant un des autres cosignataires de la lettre. Un changement très prévisible même si l’intéressé a essayé de se justifier dans des déclarations au quotidien Echourouk affirmant qu’il avait signé un appel apolitique louant seulement les liens de fraternité entre les deux peuples.
Saisissant parfaitement le message de ses supérieurs hiérarchique, le nouveau ministre a annoncé lors d’une réunion avec Khadija Hamdi, l’épouse de Mohamed Abdelaziz et également « ministre de la Culture » du Polisario, l’organisation d’une « caravane de poètes algériennes » vers les camps de Tindouf en février prochain à l’occasion du « 40ème anniversaire de la proclamation de la RASD ». Un geste de plus de sa part pour se faire pardonner.

4.Posté par said le 30/08/2015 00:34
Les responsables du Polisario sont ulcérés par les élections du 4 septembre prochain au Maroc, dans lesquelles un grand nombre de sahraouis sont engagés avec ardeur dans la campagne électorale qui bat son plein dans les villes et les localités du Sahara occidental.
Ce qui suscite plus particulièrement le désarroi chez la direction du Polisario, c’est la mobilisation sans précédent des jeunes sahraouis. Une ardeur qui angoisse le front indépendantiste soutenu par l’Algérie, lequel redouble les appels en direction de cette jeunesse pour boycotter les élections.
Il s’agit généralement de jeunes éduqués et de cadres sahraouis que le Polisario considère comme ses sympathisants à l’intérieur des principales villes, à Laayoune, Dakhla, Smara. Mais l’engouement que ces jeunes ont montré pour se porter candidats aux élections communales et régionales, déroute les dirigeants séparatistes.
Plus que tout, le Polisario et l’Algérie craignent que cette participation massive des sahraouis aux élections ne soit synonyme de leur ralliement au processus démocratique au Maroc, et de l’enterrement du projet séparatiste.
Surtout que les élections communales du 4 septembre seront doublées d’un vote pour les conseils de la Région, que les observateurs considèrent comme le prélude à la mise en œuvre du plan d’autonomie au Sahara occidental. Cette élection au suffrage direct du président et des membres du conseil de la Région, confère un pouvoir décisionnel aux électeurs.
Le front indépendantiste comptait particulièrement sur les jeunes pour maintenir vivante la flamme de la revendication indépendantiste. Mais au vu de l’engouement perceptible pour le scrutin qui doit se dérouler dans 10 jours, les dirigeants du Polisario et les responsables algériens sont obligés de se rendre à l’évidence : Le projet de création d’un autre Etat dans la région du Maghreb ne fait pas recette.
Cette situation est devenue une certitude non seulement parmi les habitants du Sahara occidental, mais également au niveau international. La communauté internationale et les principales capitales dans le monde tiennent absolument à éviter la création d’un nouveau foyer de tension dans une région déjà fragilisée par la multiplication des groupes terroristes et séparatistes.algerie
Dakhla
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