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Le Parlement vénézuélien examine "l'état d'exception" sur fond de tensions grandissantes

Pour maintenir la pression, l’opposition appelle à descendre dans la rue afin de réclamer un référendum de destitution de Maduro




Le Parlement du Venezuela devait débattre mardi de la décision du gouvernement d'accroître ses pouvoirs en matière sécuritaire, alors que le ton devrait encore monter entre le président Maduro et l'opposition qui appelle à descendre dans la rue mercredi.
Lundi soir, le pays a fait un pas de plus vers l'autoritarisme après la proclamation de "l'état d'exception" par Nicolas Maduro.
Un décret publié dans la soirée étend durant 60 jours les prérogatives du gouvernement en matière de sécurité et de distribution alimentaire : l'armée et la police ont désormais pour ordre de "garantir la distribution et la commercialisation des aliments et produits de première nécessité".
Des comités locaux de citoyens, récemment créés, se voient dotés de pouvoirs de "surveillance" et de "maintien de l'ordre" pour "garantir la sécurité et la souveraineté du pays".
Certains experts soulignent les restrictions en matière de libertés individuelles et pointent le risque d'affrontements civils.
"Des civils qui exercent un contrôle social, cela promeut la violence politique car ces groupes sont désormais autorisés à réprimer le mécontentement social qui est en hausse", juge Marino Alvarado, un militant des droits de l'Homme.
Côté distribution et gestion énergétique, le dirigeant vénézuélien s'est attribué la faculté de réguler la journée de travail dans le secteur privé, et plus seulement dans le public, où les services ne sont ouverts que deux jours par semaine jusqu'au 27 mai, pour économiser de l'énergie.
Coupures d'électricité quotidiennes, pillages de commerces, pénuries et lynchages: ce pays pétrolier sombre chaque jour un peu plus dans la crise politique, économique et sociale depuis la victoire d'une coalition d'opposition aux élections législatives, fin 2015.
Le bras de fer entre chavistes (du nom du président défunt Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) et anti-chavistes s'est intensifié depuis que l'opposition a rassemblé début mai 1,8 million de signatures pour lancer le processus du référendum pour révoquer le président, qu'elle espère organiser d'ici fin 2016.
Pendant ce temps, l'opposition, réunie sous le nom de Table de l'unité démocratique (MUD), désormais majoritaire au parlement, devait débattre mardi de l'état d'exception à partir de 15H00 GMT.
Pour maintenir la pression, elle appelle à descendre dans la rue dès mercredi afin de réclamer un référendum pour destituer Nicolas Maduro dans un scénario rappelant partiellement celui du Brésil.
Coup sur coup, deux conférences de presse ont été convoquées mardi après-midi: la première par un des chefs de l'opposition, Henrique Capriles, la seconde, un peu plus tard, par le président Nicolas Maduro.
A l'image de l'opposition, les experts pointent le risque "d'explosion" du pays alors que sept Vénézuéliens sur dix réprouvent la gestion de leur président, selon un sondage de l'institut Venebarometro.
Le pays a subi en 2015 une inflation de 180,9%, une des plus élevées au monde, et un recul du PIB de 5,7%, pour la deuxième année consécutive. La situation soulève l'inquiétude de toutes parts. Washington, qui nie tenter d'influencer le cours des événements au Venezuela, s'est dit préoccupé lundi.
"Les conditions de vie pour les Vénézuéliens sont terribles," a déclaré le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, décrivant certaines situations de chaos "impressionnantes". "Il est temps pour les dirigeants d'entendre les différentes voix au Venezuela et de travailler ensemble afin de trouver de vraies solutions", a-t-il ajouté.

Mercredi 18 Mai 2016

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