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Le Pakistan sous le choc après un attentat suicide ayant fait 72 morts

Des talibans pakistanais revendiquent l'attentat de Lahore




Le Pakistan s'est réveillé lundi sous le choc après l'attentat suicide qui a frappé un parc populaire de Lahore, en plein dimanche de Pâques, tuant au moins 72 personnes dont nombre d'enfants et portant un coup sérieux aux espoirs d'embellie sécuritaire.
L'attentat a été revendiqué par les talibans pakistanais, qui ont déclaré avoir visé spécifiquement la communauté chrétienne. Mais selon l'inspecteur de police adjoint Haider Ashraf, la majorité des victimes sont musulmanes.
Le bilan s'établissait tôt lundi matin à 72 morts, a-t-il dit à l'AFP. Selon un responsable des services de secours, 29 enfants ont été tués, ainsi que 7 femmes et 36 hommes.
La déflagration s'est produite dans le parc Gulshan-e-Iqbal, proche du centre-ville de cette ville de 10 millions d'habitants, particulièrement bondé en ce jour de printemps où la minorité chrétienne célébrait le dimanche de Pâques.
Le kamikaze "s'est fait exploser près de l'aire de jeux pour enfants, où ils faisaient de la balançoire", a indiqué à l'AFP un haut responsable administratif de Lahore, Mohammad Usman. Des billes métalliques ont été retrouvées.
Secouristes et volontaires ont dans un premier temps porté assistance aux blessés au milieu des flaques de sang et des débris.
"Je n'arrive pas à trouver ma petite soeur. Mon enfant est rentré, mais je ne trouve pas ma soeur, ni ma nièce", se désespérait une femme, Amina Bibi.
Un médecin a décrit des scènes d'horreur à l'hôpital Jinnah, où des blessés étaient soignés à même le sol et dans les couloirs.
La situation demeurait chaotique lundi matin alors que les familles et les journalistes affluaient dans l'établissement, a rapporté l'AFP.
Un deuil de trois jours a été décrété dans la province du Pendjab, dont Lahore est la capitale. Ecoles et administrations devraient néanmoins rester ouvertes ce lundi, selon un haut responsable.
Les attentats visant les enfants ont une résonance toute particulière au Pakistan, toujours traumatisé par l'attaque perpétrée par un commando taliban dans une école de Peshawar, qui avait fait au moins 154 morts en décembre 2014.
La jeune lauréate pakistanaise du prix Nobel de la paix Malala Yousafzaï s'est dite "accablée par cette tuerie dénuée de sens".
Les Etats-Unis ont également condamné un "effroyable acte terroriste", et la France a réaffirmé sa volonté de "continuer à combattre partout le terrorisme". Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon a évoqué un "acte de terrorisme épouvantable".
Le réseau social Facebook a présenté ses excuses dimanche après un dysfonctionnement de son application "Safety Check" (contrôle de sécurité) qui a envoyé une notification à des utilisateurs dans le monde entier après l'attentat.
Javed Ali, dont la maison est située juste en face de l'entrée du parc, décrit "une énorme explosion (qui) a fait voler les fenêtres en éclats". "Tout tremblait, il y avait des cris et de la poussière partout".
"Dix minutes plus tard je suis sorti. Il y avait de la chair humaine sur les murs de notre maison. Les gens pleuraient, je pouvais entendre les ambulances", poursuit-il.
Le parc, où il se trouvait lui-même quelques heures avant, était "plein de monde à cause de Pâques, il y avait beaucoup de chrétiens là-bas. Il y avait tant de monde que j'ai dit à ma famille de ne pas y aller".
Au Pakistan, des groupes islamistes armés ciblent parfois la minorité chrétienne - environ 2% de la population de ce pays de 200 millions d'habitants, majoritairement musulman sunnite.
Un double attentat suicide perpétré par les talibans contre des églises à Lahore avait fait 17 morts en mars 2015.
La journée de dimanche a par ailleurs été marquée par de violents heurts entre la police et des milliers de partisans d'un islamiste pendu le mois dernier, Mumtaz Qadri, qui se sont affrontés dans la capitale Islamabad et sa ville jumelle de Rawalpindi.
Quelque 25.000 d'entre eux s'étaient réunis plus tôt dans la journée à Rawalpindi pour des prières avant d'avancer, armés de pierres, vers la capitale.
L'armée a été déployée pour assurer la sécurité de la zone autour du Parlement, où des manifestants avaient convergé dans la soirée.
L'exécution le 29 février de Mumtaz Qadri a mis en rage des factions islamistes qui avaient érigé Mumtaz Qadri au rang de héros pour avoir abattu en 2011 Salman Taseer, gouverneur du Pendjab et partisan déclaré d'une révision de la loi sur le blasphème.

 

Mardi 29 Mars 2016

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