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Le Pakistan rend hommage à ses étudiants tués et s'interroge




Le Pakistan rend hommage à ses étudiants tués et s'interroge
Le Pakistan rendait hommage jeudi aux 21 victimes de l'attaque terroriste qui a visé la veille une université du nord-ouest du pays, tout en s'interrogeant sur les ratés de sa campagne contre le terrorisme.
Une nouvelle bombe a été désamorcée jeudi matin par la police à une gare routière bondée de la ville voisine de Peshawar, empêchant "un grand désastre" selon un officier de police, et provoquant une nouvelle onde d'inquiétude dans un pays encore sous le choc de l'attaque de la veille.
Tôt mercredi, quatre hommes, armés de fusils d'assaut et de grenades, avaient profité du brouillard pour s'introduire sur le campus de l'université de Bacha Khan à Charsadda, à une cinquantaine de kilomètres de Peshawar. Ils ont massacré une vingtaine de personnes, majoritairement des étudiants, avant d'être abattus par les forces de l'ordre.
Un étudiant en géologie blessé au cours de l'attaque est décédé pendant la nuit, ont indiqué des sources médicales. Ses funérailles étaient prévues plus tard dans la journée de jeudi.
Le bilan final de l'attaque reste inchangé à 21 morts, a indiqué la police, selon qui une victime avait été comptabilisée deux fois la veille.
Environ un millier de personnes ont assisté jeudi matin dans un village à proximité aux funérailles d'un gardien de l'université tué durant l'attaque. Son père, Shah Hussain, s'est déclaré "fier" de lui.
"Je veux dire aux terroristes qu'ils ne pourront jamais gagner. Ils vont perdre, nous allons gagner, nous les partisans de la paix", a-t-il dit à l'AFP.
Sept autres blessés dans un état stable étaient soignés dans des hôpitaux locaux.
Le site du campus attaqué restait jeudi matin sous étroite surveillance, avec notamment des policiers déployés sur les toits des bâtiments, a constaté l'AFP.
Les autorités de la province de Khyber Pakhtunkhwa, où se trouve Charsadda, ont mis un point d'honneur à maintenir les écoles ouvertes jeudi, à l'exception de Bacha Khan et d'une autre université à Mardan.
"Les insurgés veulent qu'elles soient fermées", a expliqué à l'AFP le ministre régional de l'Enseignement, Arif Khan. "Nous avons voulu envoyer le message que l'enseignement va continuer".
Dans tout le pays, les drapeaux ont été mis en berne sur les bâtiments publics et une cérémonie d'hommage était prévue en début d'après-midi dans la capitale Islamabad.
Quelque 200 sportifs et responsables de la Fédération pakistanaise du sport (PSB) se sont rassemblés dans un stade jeudi matin pour prier pour les victimes.
"Nous sommes déterminés à ce que la jeune génération du Pakistan ne s'incline pas devant les terroristes", a déclaré le directeur du PSB, Akhtar Nawaz.
Des cérémonies de recueillement ont eu lieu à travers le pays -- à Multan, dans le Pendjab, des partis politiques et associations se sont ainsi retrouvés pour prier.
L'attaque de mercredi présente d'inquiétantes similitudes avec le pire attentat qu'ait connu le pays, perpétré il y a un peu plus d'un an dans une école de Peshawar, par des talibans qui avaient massacré de sang froid plus de 150 personnes, en majorité des élèves.
Elle jette aussi une ombre sur le bilan des autorités en matière de sécurité, pourtant érigée en priorité absolue.
"Juste au moment où tout le monde pensait que le Pakistan avait passé un cap et quasiment vaincu le monstre du terrorisme, il semble que la terreur relève sa tête ignoble", déplore jeudi le principal quotidien national, Dawn. "En 20 jours (depuis le début de l'année, NDLR), il y a eu 60 morts dans des attaques terroristes dans le pays".
Le Premier ministre Nawaz Sharif et le général Raheel Sharif, puissant chef d'Etat major, ont promis de poursuivre "à plein régime la guerre contre le terrorisme et l'extrémisme". "Toute la nation soutient cette guerre et elle sera menée à sa conclusion logique", selon le chef du gouvernement.
Une faction du mouvement taliban pakistanais Tehreek-e-Taliban Pakistani (TTP) a revendiqué l'assaut, mais a rapidement été désavouée par la principale composante du mouvement, qui a promis que ses auteurs seraient poursuivis et jugés au nom de la charia (loi islamique).
Deux des assaillants étaient des adolescents et les deux autres avaient une vingtaine d'années, a indiqué un haut responsable de sécurité.

Vendredi 22 Janvier 2016

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