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Le Pakistan n'a pas protégé Bhutto comme il aurait dû




Les autorités pakistanaises n'avaient pas pris les mesures qui s'imposaient pour protéger l'ancien Premier ministre Benazir Bhutto après son retour d'exil et elles ont ensuite "fortement gêné" l'enquête des Nations unies, a conclu jeudi une commission d'enquête de l'Onu dans un rapport.
Benazir Bhutto a été tuée dans un attentat commis après un rassemblement électoral à Rawalpindi le 27 décembre 2007, quelques semaines après son retour de huit années d'exil. "Lorsqu'elle est morte dans l'explosion des charges que portait un kamikaze âgé de 15 ans et demi, nul n'a pensé que cet adolescent avait agi seul", lit-on dans le rapport. "La commission a été déconcertée par les efforts de certains hauts responsables gouvernementaux pakistanais pour entraver son accès à des sources militaires ou proches des services de renseignement", ajoutent les auteurs du rapport. Les trois enquêteurs de l'Onu, qui ont mené leurs investigations pendant neuf mois sous la direction du représentant permanent du Chili aux Nations unies, Heraldo Munoz, estiment que les autorités pakistanaises ont délibérément bâclé leur enquête.
"L'assassinat de Mme Bhutto aurait pu être évité si des mesures de sécurité appropriées avaient été prises", concluent-ils dans ce document de 65 pages.
Le rapport ne dit pas qui est responsable de l'assassinat, mais laisse entendre que toute enquête crédible devra aussi s'intéresser à ceux qui ont conçu, planifié et financé l'opération. Il laisse entendre en outre qu'il ne faudra pas exclure une implication dans le complot de l'armée et des forces de sécurité.
Le président pakistanais d'alors, le général Pervez Musharraf, était au courant des nombreuses menaces pesant sur Benazir Bhutto, lit-on d'autre part. Pour autant, le gouvernement de Musharraf "n'a guère fait plus que l'avertir de ces menaces et prévenir les autorités provinciales, et il n'a pas cherché à les neutraliser ou à faire en sorte que la protection dont bénéficiait Bhutto soit à la hauteur desdites menaces", concluent les auteurs du rapport.
Les autorités ont traité Bhutto de manière discriminatoire, en comparaison avec d'autres ex-Premiers ministres qui avaient reçu une protection nettement plus efficace, continuent-ils.
Lors d'un rassemblement tenu quelques heures après le retour de Bhutto au pays, un premier attentat avait été commis à Karachi, en octobre 2007. Benazir Bhutto avait survécu, mais 149 personnes avaient trouvé la mort dans ce premier carnage.
Après cet attentat, Bhutto avait parlé d'un avertissement d'un "pays ami" qu'elle n'avait pas identifié. Le rapport énumère de nombreux manquements dans le dispositif de sécurité le jour de l'assassinat, mais aussi dans l'enquête ouverte ensuite par le pouvoir pakistanais. Les policiers déployés sur les toits le jour de l'attentat étaient censés avoir des jumelles et des fusils automatiques, indique la commission d'enquête onusienne. Or, aucun d'entre eux ne disposait de jumelles et ne savait qu'il aurait dû en avoir.

Reuters
Samedi 17 Avril 2010

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