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Le PLF de la dernière chance … ou de pas de chance : Pour sa dernière année, l’Exécutif fait feu de tout bois en désespoir de cause




Mohamed Boussaid, ministre de l'Economie et des Finances, joue à l'équilibriste. Le projet de loi de Finances 2016 (PLF) qu’il a exposé, mardi dernier, devant les deux Chambres du Parlement, n’a qu’un seul mot d’ordre: l’équilibre des finances publiques. Exit donc la croissance, la création d’emplois et l’augmentation des investissements publics nécessaires en ces temps où il faut impérativement relancer la machine économique.  
«Il s’agit bien d’un projet de fin de mandat, caractérisé par la continuité et qui ne traduit pas les grandes lignes du programme gouvernemental », nous a précisé Hicham Attouch, président du Forum des économistes marocains et professeur d’économie (FEM)  à l’Université Mohammed V.    
D’après lui, L’Exécutif tente, tant bien que mal, de mener à terme son mandat sans toucher aux sacro-saints équilibres macro-économiques.  En effet, le projet de loi de Finances 2016 prévoit un taux de croissance de 3%, une réduction du déficit budgétaire à 3,5%, le maintien du taux d'inflation à 1,7% du PIB et la création de 25.998 emplois.  Le ministre a également annoncé que le PLF prévoit un budget d'investissement public total de 189 milliards de dirhams, dont 61 milliards relèvent du budget de l'Etat avec un soutien particulier au  Programme d’accélération industrielle et au Plan Maroc Vert, lequel  bénéficiera d'une enveloppe globale de 11 milliards de dirhams pour financer 497 projets dont 85 nouveaux. Après analyse de ces chiffres, notre source estime que le taux de croissance prévu est envisageable vu le contexte actuel de baisse des prix du baril de pétrole sur les marchés internationaux. Ceci d’autant plus qu’il correspond bien aux prévisions du HCP et de  Bank Al-Maghrib. Quant au taux d’inflation, notre expert précise que ce dernier  reste dans l’ordre de l’acceptable bien que la baisse des prix du pétrole ne se soit pas répercutée sur les prix  des produits finaux. « L’Etat n’a pas pris les mesures idoines pour les faire baisser ; leur évolution n’allant toujours pas de pair avec les prix à la pompe », nous a-t-il expliqué.
En évoquant le déficit budgétaire,  le président du FEM a noté qu’il  sera certainement corrigé  par la fiscalité comme c’est le cas habituellement, et ceci transparaît déjà à travers les augmentations de la TVA et surtout de l’IS.  En ce qui concerne les investissements  publics, il a indiqué que malgré une légère augmentation des crédits  qui leur sont alloués, ces derniers demeurent orientés vers les établissements et entreprises publics et, partant, il devient de plus en plus nécessaire de clarifier la part de leur contribution au budget général de l’Etat. « L’évaluation de l’impact de l’investissement n’a jamais été analysée en profondeur. Ce qui importe aujourd’hui, ce n’est pas le taux des investissements mais plutôt leur impact réel», a-t-il précisé.
L’annonce de la création des 25.998 emplois ne semble pas enthousiasmer notre source. Cette dernière estime  que le gouvernement a seulement ajouté 6.000 nouveaux postes budgétaires comparativement à l’année précédente, soit une sorte de compensation partielle au regard d’un taux de croissance qui n’est pas à même de permettre la création d’emplois. Une situation des plus problématiques puisque le secteur privé risque d’être mis à mal par l’augmentation de l’IS et ne créera donc pas de postes de travail en nombre suffisant pour absorber les milliers de demandeurs d’emploi qui arrivent annuellement sur le marché et qui seront laissés sur la touche tant par l’administration publique que par les entreprises privées.
Autre bémol à mettre au passif de l’actuel Exécutif, son aveu que la création d’emplois sera maintenue au minimum requis et que pour maintenir la qualité des services offerts aux citoyens, tout sera fait pour redéployer les fonctionnaires afin de combler le déficit en effectifs au niveau territorial et sectoriel.
Mais, il n’y a pas que les chercheurs d’emploi qui seront laissés pour compte par le PLF 2016. La TVA sur le blé et le maïs risquent également  de créer des problèmes notamment pour les éleveurs. « Le maïs importé entre dans les composantes de plusieurs produits alimentaires et avec la taxation  du secteur agricole, l’élevage ne manquera pas, lui non plus, de subir les conséquences de la politique antisociale du gouvernement Benkirane et de les répercuter sur le prix d’achat en gros et au détail de certains produits alimentaires et  viandes, notamment blanches, fortement consommés par les couches démunies», nous a expliqué Hicham Attouch. Et de conclure :  « Les usagers du train seront également touchés par les augmentations des taxes prévues par le PLF 2016, les prix des billets risquant d’augmenter de 20%. Ce qui pourrait remettre en cause les projets de l’ONCF et notamment sa capacité d’autofinancement » en ces temps où la manne du transport des phosphates est appelée à se tarir chaque jour davantage.

Hassan Bentaleb
Jeudi 22 Octobre 2015

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