Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Le PLF 2014 donne le départ à une austérité désorganisée

La loi de Finances exigera beaucoup d’efforts des ménages, une véritable menace pour la paix sociale




Le PLF 2014 donne le départ à une austérité désorganisée
La Chambre des représentants vient de voter la première partie  du projet de loi de Finances (PLF) 2014, à savoir le volet recettes. Adopté, lors d'une séance plénière, par 110 voix pour, 37 contre et 0 abstention, ce projet s’est fixé  comme objectif principal la réduction du déficit budgétaire.
Il ambitionne de réduire à tout prix  ce déficit à 4,9% du Produit intérieur brut (PIB), sur la base d'un taux de croissance de 4,2%, d'un taux de change moyen à 8,5 dirhams contre le dollar américain et d'un cours moyen de pétrole à 105 dollars le baril.
Pour le ministère concerné, ce projet vise la préparation de terrain pour un décollage économique, mais loin des perspectives et des projections à long terme.
Mais qu’en est-il à  court et moyen termes? Ce projet répond-il aux attentes sociales des citoyens ? Prend-il en considération la situation économique et sociale que connaît le Maroc ? Ne manque–t-il  pas d’innovation au niveau du développement économique?
Atteindre 4,2% de croissance et réduire le déficit à 4,9% : deux objectifs qui ne peuvent s’aligner au cours de cet exercice. La réalisation de l’un entrainera l’échec de l’autre. Pourquoi ?
En se focalisant sur la réduction du déficit, le gouvernement a pris des mesures qui ne ne manqueront pas de porter préjudice au principal moteur de croissance à même d’atteindre les 4,2% de croissance, à savoir la demande interne qui se cache derrière  70% de la croissance réalisée au Maroc durant la dernière décennie.
On déclare à ce propos que ce projet s’est inscrit sous le signe de l’austérité afin de réaliser les grandes orientations. Mais est-ce qu’il y a lieu de parler vraiment d’austérité? Evoquer cette dernière  revient à prévoir une offensive  contre les dépenses publiques en parallèle avec leur rationalisation, ce qui n’est malheureusement pas le cas.
Est-il besoin de rappeler, dans ce cadre, l’augmentation des charges de compensation de 2 milliards, de la masse salariale publique de 5,5%, même avec une coupe de 17% dans le budget de l’investissement (10 milliards de DH). Les dépenses globales sont en effet en hausse de 2,8% par rapport à 2013.
En parallèle, sur le volet recettes, le premier PLF du gouvernement Benkirane II, vient d’augmenter les prélèvements sur les contribuables.  En premier lieu, l’introduction progressive de la fiscalité agricole qui ne va pas passer sans incidence sur les revenus des agriculteurs. En second lieu, l’augmentation de la TVA sur plusieurs produits contribuera plus au moins à la baisse de la consommation.
Sur le volet fiscal, le projet de loi prévoit une taxation de plusieurs produits qui ont été exonérés auparavant, notamment les prestations de restauration fournies directement par l’entreprise à son personnel salarié, les opérations d’exploitation des hammams, certains matériels agricoles (10%), les engins et filets de pêche, désormais taxés à 20%. S’ajoutent à cela d’autres produits tels que le sel, le riz usiné qui ont vu leur taux de TVA passer de 10 à 14% et  à 20% pour les véhicules utilitaires.
La TVA étant supportée au final par les consommateurs, dont la hausse des taux ne peut que pénaliser le pouvoir d’achat des consommateurs.
La seconde composante de cette demande interne, en mesure de stimuler la croissance, à savoir l’investissement, a été elle aussi pénalisée par ce projet.
Versant dans l’optimisme, le gouvernement s’est dit capable de réaliser les 4,2%. Mais ce taux reste difficile à atteindre avec des dispositions pénalisant l’investissement de par les coupes drastiques dans le budget de ce dernier.
En substance, on peut parler de tout au sujet de ce projet, sauf d’un budget d’austérité puisque les principaux postes de dépenses n’ont pas été touchés, à savoir la masse salariale et la charge de compensation.  La masse salariale en augmentation de 5,5% et la charge de compensation en hausse de 2 milliards, (réduite de 40 à 35 milliards de DH), la charge globale de la Caisse, y compris les arriérés ( 7 milliards)  est de 42 milliards de DH.
Avec le PLF 2014, c’est parti pour beaucoup d’efforts pour les ménages, ce qui constituera une véritable menace pour la paix sociale.

Mohammed Taleb
Mardi 19 Novembre 2013

Lu 581 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs