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Le Nigeria accusé par Amnesty de la mort de 150 séparatistes




Amnesty International accuse les forces de sécurité nigérianes d'avoir tué au moins 150 militants indépendantistes pro-Biafra et d'en avoir blessé des centaines d'autres durant des manifestations pacifiques, dans un rapport publié jeudi, des accusations aussitôt démenties par l'armée.
"Depuis août 2015, les forces de sécurité ont tué au moins 150 membres et partisans de l'organisation pro-Biafra IPOB (Peuple indigène du Biafra) et en ont blessé des centaines lors de réunions non violentes, de marches et d'autres rassemblements", affirme Amnesty.
L'armée "a dispersé des rassemblements pacifiques en tirant à balles réelles avec peu ou pas d'avertissement", affirme l'ONG qui dit avoir 87 vidéos, 122 photos et 146 témoignages sur ces exactions.
Les militants réclament l'indépendance du Biafra, dans le sud-ouest du Nigeria, où vivent majoritairement les Igbos, un des trois groupes majoritaires au Nigeria.
Selon Amnesty, au moins 60 militants ont été tués lors de commémorations célébrant l'anniversaire du début de la guerre civile du Biafra le 30 mai 2016 à Onitsha, dans l'Etat d'Anambra.
L'ONG dénonce aussi des "centaines d'arrestations arbitraires" d'activistes et des actes de "torture" durant les violences et en détention.
Un jeune commerçant, Vincent Ogbodo, a raconté à Amnesty qu'il s'était caché dans une gouttière lors d'une manifestation réprimée à Onitsha et que lorsque des soldats l'avaient trouvé, ils lui avait "versé de l'acide" sur le corps.
D'autres témoins ont raconté que les soldats ramassaient les corps sans vie. Chukwuemeka, 25 ans, blessé par balle, dit avoir été emmené dans une caserne militaire où de nombreux cadavres étaient jetés dans une fosse commune, avant de réussir à s'échapper.
Amnesty demande des enquêtes indépendantes "afin de traduire les suspects en justice".
L'armée a dénoncé dans un communiqué "une tentative pure et simple de ternir la réputation des forces de sécurité en général et de l'armée nigériane en particulier".
Selon le porte-parole de l'armée Sani Usman, les militants indépendantistes ont tué cinq policiers lors d'une manifestation en mai, où ils ont attaqué des véhicules de l'armée et de la police.
Les forces de sécurité "ont exercé des restrictions maximales en dépit de cette vague de violence provocatrice et injustifiable", a-t-il ajouté.
L'organisation IPOB a commencé à manifester depuis l'arrestation en octobre 2015 de son leader, Nnamdi Kanu, toujours en détention et accusé de trahison.
Le conflit pour l'indépendance du Biafra de 1967-70 a fait plus d'un million de morts, la plupart d'entre eux de famine et de maladie, et reste un sujet extrêmement sensible et clivant au Nigeria.
Amnesty et d'autres groupes de défense des droits de l'Homme ont déjà accusé l'armée d'exactions similaires en décembre 2015, lorsqu'au moins 350 manifestants musulmans chiites avaient été tués dans la ville de Zaria (nord).

Vendredi 25 Novembre 2016

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