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Le Maroc profond délaissé par le MEN

La Fondation Ytto livre son bilan




Le Maroc profond délaissé par le MEN

Et rebelote. Fidèle à sa vocation de défense des plus démunis, la Fondation Ytto a organisé la 9ème édition de la Caravane sociale annuelle. Cette année, c’est la région de Souss-Massa-Drâa  (province de Ouarzazate et Taroudant) qui a été choisie pour y mener une enquête qui s’est déroulée du 9 au 20 septembre. 2500 personnes issues des douars d’Imghrane et d’Ait Mekkour ont été ainsi interrogées. L’occasion de révéler encore une fois au grand jour une réalité sombre loin d’honorer le Maroc. Inconscience, exploitation, ignorance y sont conjuguées à une soumission vécue comme une fatalité. Une frange de la société complètement déconnectée du reste du pays.
A entendre la description que font les membres de la Fondation Ytto de ces régions, on s’aperçoit qu’il s’agit d’un Maroc profond et oublié.
Bien évidemment, l’analphabétisme fait rage dans ces régions. Son taux  est de l’ordre de 97% chez les femmes et de 85% chez les hommes, à Ouarzazate. A Taroudant, il atteint  92% chez les femmes et 64% chez les hommes. Un fléau qui n’épargne non plus les enfants. Ainsi 59% des filles et 41% des garçons sont analphabètes à Ouarzazate, contre 56% des filles et 44% des garçons à Taroudant. Allant toujours dans le même sens, l’enquête indique que sur 1769 enfants, seulement 479 sont scolarisés, dont 43% de filles. 87% sont en enseignement primaire et 13% en secondaire. 18% des enfants ont abandonné l’école, soit 332 (172 filles et 150 garçons). Parmi les enfants actifs, 69% travaillent dans les cafés des grandes villes, 27% travaillent dans les champs et font de l’élevage, et 4% exercent des activités diverses (forage de puits, gardiennage, etc.). Une déperdition scolaire qui s’explique aisément par le manque d’infrastructures, l’éloignement des établissements scolaires voire l’absence de moyens financiers.
Quid des mariages ? Sans trop de surprise, il s’avère que la presque totalité des unions ont été contractées en présence de tuteurs. Dans ces régions qui  ploient sous le poids écrasant des traditions et où la mentalité patriarcale règne en maître, il ne viendrait à l’esprit d’aucune jeune fille de se marier sans tuteur. C’est le seul mariage «reconnu». Les chiffres sont très parlants à cet égard. Sur 140 femmes interrogées à Taroudant, 135 (91%)  ont été mariées avec tuteur contre 73% à Ouarzazate.
Et pour cause, elles sont plus de 92% à ne pas connaître le Code de la famille. Quant au 8% restants, elles en ont une connaissance très vague. A qui incombe la faute ? Probablement à l’Etat et à la société civile qui devraient multiplier les campagnes de sensibilisation.
Par ailleurs et aussi bizarre que cela puisse paraître, les mariages des mineures ne sont pas très répandus dans ces régions. Seuls 29% des sondés confirment l’existence de cette pratique chez eux alors que 82% manifestent leur refus total. Quant à la polygamie, elle n’est guère appréciée et ils sont 94% à la rejeter.

Nezha Mounir
Samedi 14 Décembre 2013

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