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Le Maroc plus fébrile que jamais face à l’éventualité d’une crise pétrolière

A cause des arriérés de la Caisse de compensation, les pétroliers n’arrivent pas à constituer de stocks de sécurité légaux




Le Maroc plus fébrile que jamais face à l’éventualité d’une crise pétrolière
Alors que les regards des Marocains sont tournés vers l’évolution des cours du baril de pétrole à l’international, qui ont pris une courbe ascendante depuis que les informations se sont succédé à propos d’une intervention militaire occidentale en Syrie, qui se fait de plus en plus probable, le gouvernement Benkirane, préoccupé par son avenir au pouvoir, n’y a pourtant pas prêté attention. La preuve,  le Comité national d’approvisionnement en produits pétroliers, censé être préoccupé par de telles conditions afin d’étudier les options «possibles», si elles existent, pour lutter contre une éventuelle flambée des cours du baril, n’a pas tenu de réunion depuis le début de l’année, alors que des menaces sur l’approvisionnement en fuel avaient suscité les craintes de l’ONEE.
En effet, face à une éventuelle aggravation de la crise en Syrie, le Maroc, importateur de près de 95% de sa consommation énergétique annuelle, possède une réserve stratégique qui ne dépasse guère les 65 jours, répartie entre 30 jours détenus par la raffinerie de la Samir et 35 autres détenus par les pétroliers.
Ces derniers tenus par les textes réglementaires de constituer et d’entretenir un stock stratégique de 60 jours, ne possèdent d’après le dernier inventaire effectué ce lundi par les membres du  Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), que 35 jours d’approvisionnement, nous a affirmé le président du GPM, Adil Ziadi.
Interrogé par Libé à ce sujet,  M. Ziadi nous a expliqué que la situation serrée des trésoreries des pétroliers, impactées par  le retard accusé par le gouvernement dans le paiement de ses arriérés de la Caisse de compensation dus aux pétroliers, dont le montant global avoisine actuellement les 14 milliards de dirhams (MMDH), ne leur permet pas de garder lesdits niveaux de stock. Il est trop coûteux de garder un mois d’approvisionnement, les charges de stockage peuvent atteindre 5 MMDH par mois», a-t-il précisé.
M. Ziadi nous a assuré, par ailleurs, que les approvisionnements des pétroliers ont été effectués aisément avec 112,5 dollars en moyenne durant les deux derniers mois, et se sont poursuivis avec environ 115 dollars ces derniers jours.
Essayant de dissiper les craintes sur l’approvisionnement, le président du GPM a avancé le sacro-saint argument de proximité des sources d’approvisionnement éternellement soutenu tant par l’administration que par les pétroliers. «Nous sommes en face des grands marchés internationaux», a-t-il souligné.
Des propos qui restent cependant «peu rassurants» et incitent à s’interroger sur la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays. D’autant que le stock actuel est inférieur au seuil établi par les critères de l’Agence internationale de l’énergie, à savoir 90 jours.
Certes on s’approvisionne aisément avec les prix actuels du baril, mais est-ce le cas, si les cours flambent à 125 dollars, comme le prévoient les analystes? Dans ce cas de figure, M. Ziadi affirme que les arriérés vont s’accumuler, laissant une marge trop rétrécie pour les pétroliers. Il leur sera donc financièrement impossible d’immobiliser de tels niveaux.
Dans le contexte actuel, alors que le contrat d’octobre sur le baril de Brent a atteint un pic à 117,34 dollars, mercredi dernier, et pourrait frôler des sommets (150 dollars selon les analystes de la société générale) dans l'éventualité où le conflit s'étendrait à d'importants pays producteurs comme l'Irak. Il y a donc lieu de s’interroger : avec la libération d'une partie ou de la totalité de son stock stratégique, combien de jours le Maroc pourra-t-il résister en cas de crise?
Face à toutes ces préoccupations, le gouvernement semble dans l’expectative. On voit clairement que la sécurité d'approvisionnement ne constitue pas une priorité pour l’Exécutif indécis et préoccupé davantage par des querelles politiciennes.
Pourant, il continue à situer le niveau du stock, dit stratégique, à 60 jours. Or, «au lieu de revoir les textes obsolètes réglementant ce stock» élaborés sur la base du baril à 100 dollars, il s’accroche à l’idée de proximité des sources d’approvisionnement. Il n’est pas impératif d’immobiliser autant d’argent dans le stock, semblent dire les pouvoirs publics.
Quoi qu’il en soit, il y a nécessité d’adapter les textes au contexte actuel. Quelle que soit la situation, une stratégie d'approvisionnement en produits énergétiques est indispensable pour un pays comme le Maroc, importateur de la quasi-totalité de ses besoins énergétiques.

Mohammed Taleb
Mercredi 11 Septembre 2013

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