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Le Maroc impliqué dans des expulsions illégales de Subsahariens

La nouvelle politique sur l’immigration mise à rude épreuve




Le Maroc impliqué dans des expulsions illégales de Subsahariens
Les promesses de la nouvelle politique d’immigration au Maroc semblent avoir fait long feu. En effet, le Royaume est impliqué dans des expulsions d’immigrés irréguliers d’origine subsaharienne perpétrées par la  Guardia civil de Mellilia. Des révélations dans ce sens ont été divulguées par le quotidien espagnol El Pais en se basant sur des enregistrements audio de la police espagnole datant d’avril dernier.
Selon cette source, les clandestins sont expulsés via une porte située sur la barrière séparant le préside occupé du reste du Maroc. Une action illégale puisque interdite par les dispositions de la loi sur les étrangers et du décret Royal 557 de 2011 mais qui demeure courante. En effet, entre 20% et 30 % d’immigrés clandestins sont expulsés régulièrement au lieu d’être conduits aux postes de police ou au Centre d’accueil temporaire pour les immigrants (CETI).
Les policiers espagnols estiment que les articles de l’accord hispano-marocain de 1992 sur « la réadmission des ressortissants étrangers entrés illégalement » en vigueur depuis 2012 leur  permettent de procéder à ce genre d’expulsions. “ Chaque immigré illégal appréhendé, peut être réadmis immédiatement, sans aucune formalité et être expulsé si le Maroc l’accepte “, a indiqué le commandant Eduardo Lobo Espinosa, cité par El Pais.
 Certaines mesures de cet accord bilatéral et les dispositions de la Convention du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés signé par l’Espagne n’ont néanmoins pas  été respectées.« Il y a certes un conflit de lois concernant la question des immigrants clandestins mais cela n’empêche pas que l’expulsion de ces derniers doit répondre à certaines conditions et ne pas se faire dans l’illégalité. Un clandestin doit être conduit vers un poste de police pour être identifié avant son éventuelle expulsion. Il a le droit également de recourir  à la justice. Des droits qui lui sont confisqués soit au Maroc ou en Espagne », nous a précisé Aboubakar El Khamlichi, président de la Chabaka (Réseau des associations œuvrant pour le droit des immigrés).
  Mais qu’en est-il du sort de ces migrants irréguliers une fois rapatriés vers le Maroc ? « Ils sont conduits dans des conditions lamentables vers Oujda avant d’être expulsés de nouveau vers les frontières avec l’Algérie.  
De là, ils retournent au Maroc pour une nouvelle tentative d’accès en Europe », nous a expliqué notre source avant d’ajouter : «On ne fait que se renvoyer la balle sans oser régler ce problème une fois pour toutes ».
D’après le président de Chabaka, le Maroc continue à jouer le rôle de gendarme de l’Europe. Une attitude qu’on critique au sein de la Chabaka car elle porte atteinte à l’image et à la place du Royaume dans le continent africain.  « Pourquoi notre pays est-il appelé à jouer ce rôle alors qu’il n’a pas de frontières directes avec l’Europe ? », s’est-il demandé.
Une interrogation qui se pose aujourd’hui, selon lui, avec acuité. Notamment depuis la mise en place de nouvelles procédures en matière de migration. « Si les intentions du discours sont bonnes, la réalité est autre comme en témoigne la campagne actuelle d’arrestation de migrants clandestins. La récurrence de la violence à l’égard de ces derniers en dit long sur le décalage entre le discours et la réalité», a-t-il conclu.    

Hassan Bentaleb
Jeudi 21 Novembre 2013

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1.Posté par magid le 22/11/2013 01:35
C'est triste à dire mais le nombre croissant d'immigrés clandestin entraine avec lui son flot de mendiants mais ausssi parmi eux des personnes qui se livrent à des activités malhonnêtes . Le Maroc contrairement aux pays européeuns n'a pas les ressources nécessaires pour prendre en charge ces personnes installées illégalement sur son sol. Si le Maroc continue d'accépter ces clandestins sur son sol, il enverra de fait le message aux passeurs et aux candidats à l'immigration clandestine que le Maroc est une passoire ou il y est facile d'entrer. De même on soulève la question de l'accés à la justice pour les clandestins mais qui va payer les avocats et les fonctionnaires qui les prenderont en charge sur leur temps de travail? L'Etat avec son déficite chronique? Déjà que les marocains doivent mettre la main à la poche pour reccourir au service d'un avocat puisqu'il n'ya pas d'aide juridictionnellle. C'est bien d'être généreux encore faut il en avoir les moyens et le Maroc a déjà forte à faire avec ses propres problèmes.

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