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Le Maroc et les pays en transition s’invitent au débat à Londres

Une autre copie du Partenariat de Deauville va-t-elle être concoctée ?




Le Maroc et les pays en transition s’invitent au débat à Londres
Peut-on investir dans les pays arabes en transition? Quelles sont les opportunités offertes par ces pays? Quels sont les obstacles  empêchant ces investissements et comment les surmonter? Des questions qui se posent avec acuité dans cette aire géographique qui traverse actuellement une période compliquée sur le plan économique, politique et social liée aux conséquences des révolutions arabes, et des caractéristiques structurelles de ses sociétés. Des interrogations de plus en plus insistantes pour les investisseurs qui comptent s’engager dans des pays où la stabilité politique, monétaire et financière fait encore défaut alors qu’il s’agit de facteurs indispensables qui  permettent aux agents économiques d'avoir confiance dans les perspectives économiques à moyen et long termes.
C’est pour apporter une réponse à ces questions et à tant d’autres qu’une conférence internationale sera organisée le 16 septembre prochain à Londres.
Initiées par le Foreign and Commonwealth Office du Royaume-Uni, en partenariat avec la Banque européenne de reconstruction et de développement (BERD) et la Banque islamique de développement (BID), ces assises seront une première du genre et rassembleront des représentants de gouvernements, des associations professionnelles et des investisseurs du G8, des partenaires régionaux (Arabie Saoudite, Qatar, Koweït, les EAU et Turquie) ainsi que de grandes institutions financières internationales (IFI). Lesquels plancheront sur les opportunités d'investissement dans les six pays arabes en transition (Egypte, Tunisie, Maroc, Libye, Jordanie et Yémen).
Cette conférence intervient deux ans après le Partenariat de Deauville lancé à l'occasion du Sommet du G8 en 2011, et dans le cadre duquel les pays du G8 (Canada, France, Allemagne, Italie, Japon, Russie, Royaume-Uni et Etats-Unis), l'UE et les partenaires régionaux (Koweït, Turquie, Qatar, Arabie Saoudite et les EAU),  se sont engagés à soutenir les efforts politiques et économiques des pays en transition.
Pourtant, une question demeure: la prochaine conférence de Londres ne concoctera-t-elle qu’une pâle copie de Partenariat de Deauville ? En effet, malgré les résultats réalisés et la dynamique impulsée, les réalisations restent bien inférieures aux attentes et inégalement réparties. Elles sont même fragilisées par la dégradation de l’environnement politique et économique dans les pays en question.
Henry Marty-Gauquié, directeur représentant la Banque européenne d’investissement (BEI) à Paris, estime qu’au-delà de cet aspect de résultats, le Partenariat de Deauville a démontré certaines faiblesses comme celle d’être une démarche intergouvernementale (dont les décisions sont réduites au dénominateur commun du consensus), portée par une dynamique politique largement tributaire de la forte médiatisation donnée à son lancement (le Sommet de Deauville en mai 2011) et de la personnalité qui l’anime.
La deuxième faiblesse du partenariat est d’avoir fait le pari audacieux d’impliquer les pays du Golfe dans le soutien à la démocratie arabe, ce qui, dans la réalité, s’est avéré ambigu tant les monarchies conservatrices du Golfe ont eu des positions divergentes à l’égard des pays en transition : le Qatar et l’Arabie Saoudite ont plus accordé leur soutien aux mouvements intégristes en Egypte et en Tunisie qu’ils n’ont apporté de ressources à l’équilibre budgétaire de ces pays ; du reste, des tensions apparaissaient rapidement entre les monarchies du Golfe et la Russie sur la question syrienne.
Enfin, la mise en œuvre du partenariat s’est avérée tributaire de l’environnement politique et économique prévalant tant dans les pays en transition, que dans les pays développés donateurs.
Même vision de l’ancien Premier ministre français Dominique De Villepin,  qui a estimé dans son temps que l’initiative de Deauville, proposée par le G8 pour soutenir le Printemps arabe, a quelque chose d’archaïque et que les efforts déployés par l’UE pour les Etats de l’Europe de l’Est, sont à des années-lumière pour envisager de le faire pour les pays du Sud.  
Pour lui, la politique d’aide ne doit pas conduire l’Occident à une immixtion dans les révoltes politiques arabes, ni avoir peur d’elles. « Il faut accepter que ces peuples choisissent leur destin démocratiquement », a-t-il confié tout en précisant qu’autant l’Occident ne doit pas s’immiscer dans ces révoltes, autant il est essentiel pour le succès des révoltes sociales et économiques.
Et de son point de vue, De Villepin pense que les Européens devront être plus entreprenants qu’ils le sont aujourd’hui. «Ce que nous devons faire aujourd’hui est de réfléchir sur un nouveau statut de négociation avec les pays de cette région. Une véritable revitalisation de l’UPM, la création d’une banque pour la Méditerranée qui soit le centre des enjeux financiers de ces Etats », a-t-il précisé. La conférence de Londres fera-t-elle écho à ces propos et aux attentes exprimées par les révoltes du printemps 2011 ? Wait & see.

Hassan Bentaleb
Samedi 17 Août 2013

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