Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager

Le Maroc et l’Afrique Passé, présent et devenir




Le Maroc et l’Afrique  Passé, présent et devenir
La Fondation 
Fikr pour le développement, 
la culture et les sciences organise les 12 et 13 juin courant un congrès international de grande envergure, sous le thème «Histoire, Présent et Avenir».
Ce congrès qui aura lieu dès 15h00 
à l’amphithéâtre Meziane Belfkih de la Fondation 
Mohammed VI de Promotion 
des œuvres sociales de l’Education-Formation, sise au Boulevard Allal 
El Fassi, Hay Riad, Rabat, sera marqué par la participation 
d’enseignants-chercheurs, de 
décideurs et autres acteurs de la vie politique, 
économique et sociale marocains et étrangers.
 
Situé à l'ouest de l'Afrique du Nord et à une poignée de kilomètres du continent européen, le Maroc a depuis toujours tenté de conjuguer sa vocation naturelle de terre de liaison intercontinentale et sa volonté d'action afin de peser sur la scène internationale et de produire des dynamiques développementales (économiques, culturelles, sociales). Il a conçu une politique étrangère pluricentrée et a su créer un réseau complexe de liens interétatiques. L'engagement international du Maroc s'est resserré ou relâché au gré de l'épanouissement ou du reflux de sa puissance et en fonction de ses alliances de la nature circonstanciée de sa politique, tournée soit vers le local soit vers le mondial. 
La position géographique du Maroc l'a souvent exposé aux intérêts des puissances étrangères. Sa résistance est presque un cas de figure qui a duré jusqu'au Protectorat qui l'oblige à céder une partie de sa souveraineté. L'expansionnisme colonial européen a détourné le rôle d'interface que le Maroc effectuait en Afrique. Celui-ci s'est retrouvé coupé de sa profondeur africaine qu'il n'a commencé à recouvrer qu'au lendemain de l'indépendance. Il a soutenu la cause des Etats révolutionnaires (Ghana, Guinée, Mali, le gouvernement provisoire de la République algérienne), il a également abrité en 1961 le Congrès des Etats africains, connus sous le nom de Groupe de Casablanca. La charte qui en est issue énonce  des fondements similaires à la charte d'Addis-Abeba, adopte le crédo du non-alignement, appelle à la lutte contre le colonialisme et prévient contre le néocolonialisme.
Depuis 1984, année du retrait de l'ex-OUA, les relations maroco-africaines ont fortement tangué, en raison des revendications territoriales et du conflit lié à la question du Sahara. En revanche, le début du XXIème connaît une dynamique nouvelle qui se nourrit d'une philosophie de coopération équitable. La décade et demie passée est également marquée par l'esprit d'entreprise en Afrique, dans le sens d'un développement économique intégré et commun (infrastructures, habitat social, télécommunication, secteurs bancaire, minier et halieutique). Le Maroc est le 2ème investisseur africain dans le continent. Les déplacements réguliers du Roi affermissent encore plus ce changement de trajectoire économique. Ils déteignent sur la qualité des relations que le Maroc tente de promouvoir à l'échelle intracontinentale, avec en toile de fond la légitimité de l'héritage séculaire commun, culturel, cultuel, économique et social. Aujourd'hui, le Maroc a franchi un palier, en consacrant dans la Constitution de 2011 l'africanité de l'identité marocaine.
De par l'orientation nouvelle de sa politique étrangère, l'ordre socioculturel qu'il est en train d'édifier, la politique religieuse qu'il élabore et le dynamisme économico-commercial qu'il connaît, le Maroc offre aujourd'hui un modèle de développement Sud-Sud qui correspond, en de nombreux aspects, aux vœux des organisations des Nations unies qui œuvrent à qualifier et densifier les échanges commerciaux entre les Etats en développement. Le Maroc a opté pour l'établissement de relations bilatérales et multilatérales puissantes, moins sujettes aux variables des conjonctures politiques.
Depuis 2013, le Maroc se qualifie progressivement au rôle d'acteur continental et régional. Les récents événements qui ont ébranlé la région du Sahel et subsaharienne le confortent dans son opposition au sécessionnisme et son appel aux résolutions pacifiques négociées et équitables. Il défend aussi l'édification d'institutions démocratiques. 
L'effort et l'action du Maroc sont aujourd'hui continentalement reconnus. Sa gestion des passifs et des litiges politiques internes ou externes est appréciée. Le processus de démocratisation des institutions est mis en place. On requiert aussi, en Afrique, son expertise en matière de gestion et de requalification jurisprudentielle du champ religieux, afin d'endiguer le radicalisme religieux et la diffusion  continentale de ses interprétations doctrinales.
La nouvelle orientation africaine du Maroc a été récemment confirmée par le rapport du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), portant sur la question migratoire. Le Maroc devient un pays d'accueil, ce qui conduit à envisager un cadre législatif, juridique et éthique approprié. Les démarches préliminaires accomplies par le gouvernement illustrent la volonté d'asseoir une politique migratoire qui réponde aux décisions majeures de l'Etat. Il s'agit de la reconnaissance de la diversité culturelle, des libertés individuelles et collectives.
Le renouvellement des recherches et des études centrées sur les relations du Maroc avec les Etats de l'Afrique est plus qu'indispensable actuellement. Il faut, en première étape, effectuer un état des lieux, dresser un bilan ; voir ensuite où en est la diplomatie marocaine, mesurer sa vitalité et sa passivité, l'envisager par rapport à la nature des relations que l'Etat marocain élabore (politiques, économiques, sociales, militaires, religieuses, médicales, non gouvernementales) et en fonction de la partie africaine concernée (Etats, organisations, société civile).
 
Les axes proposés:
I- Cadre historique de la politique étrangère africaine du Maroc

Les sphères de la politique étrangère marocaine dans l'histoire (méditerranéenne, africaine, arabe, islamique);
Aspects essentiels de la politique africaine du Maroc avant l'indépendance;
Problématique du découpage du continent africain par la colonisation : conséquences et répercussions;
Le Maroc : une interface entre l'Afrique et l'Europe;
Physionomie de la diplomatie africaine ancienne du Maroc;
Les origines du mouvement de la Négritude;
La traite négrière internationale;
L'impact du Congrès d'Anfa sur la construction des Etats africains indépendants et la naissance de la vie politique;
Rôle de l'islam et du christianisme dans la configuration de la politique étrangère des Etats africains;
L'Afrique face à l'agenda des puissances internationales. 
 
II-Aspects de l'interaction Maroc-Afrique
 
Le mouvement de libération africaine et chute des empires coloniaux traditionnels;
La politique africaine du Maroc post-indépendance;
Rôle du Maroc dans la création de l'Organisation de l'Union africaine et les raisons derrière son retrait;
La démarche marocaine pour le parachèvement de son unité territoriale: Sahara, Sebta et Mellilia,
Participation marocaine aux forces onusiennes de maintien de la paix en Afrique;
Rôle du Maroc dans la création du mouvement Afro-asiatique et de ses principaux courants cadres.
 
III- Les questions litigieuses
 
La crise des frontières et les conflits armés en Afrique : entre résolutions définitives et solutions provisoires;
L'itinéraire diplomatique marocain relatif à la question du Sahara et perspectives de dépassement du blocage au Maghreb;
Le projet unioniste maghrébin : situation et perspectives;
La mondialisation et les grands bouleversements contemporains;
Le problème de la sécurité communautaire africaine et la politique défensive;
Le problème de la dette extérieure africaine;
La crise du Sahara marocain : entre les solutions internationales et régionales;
Phénomène de la migration africaine vers l'Europe et ses répercussions sur le Maroc;
Les politiques de complémentarité en Afrique : réalités et devenirs des grands regroupements communautaires;
Positionnement du Mouvement des non-alignés face aux questions africaines;
La problématique  de l'intégration spatiale et humaine en Afrique.
 
IV- Redynamisation de la politique africaine du Maroc
 
Les entraves d'une politique étrangère efficace orientée vers l'Afrique : les équations difficiles;
La coopération économique entre le Maroc et les Etats sahéliens et subsahariens;
L'expérience marocaine dans le domaine religieux au Sahel et l'espace subsaharien;
La diplomatie marocaine pour l'Afrique sous le nouveau règne;
Les partis politiques et la politique étrangère  en Afrique;
La politique parlementaire et populaire: rôles à jouer dans la consolidation des relations maroco-africaines;
La politique de solidarité et la coopération avec les Etats africains;
Méthodologie de prise de décision diplomatique des leaders africains.


Lundi 9 Juin 2014

Lu 2203 fois

Nouveau commentaire :

Votre avis nous intéresse. Cependant Libé refusera de diffuser toute forme de message haineux, diffamatoire, calomnieux ou attentatoire à l'honneur et à la vie privée.
Seront immédiatement exclus de notre site, tous propos racistes ou xénophobes, menaces, injures ou autres incitations à la violence.
En toute circonstance, nous vous recommandons respect et courtoisie. Merci.

Actualité | Monde | Société | Régions | Horizons | Economie | Culture | Sport | Ecume du jour | Entretien | Vidéo | Expresso | En toute Libé | L'info | People | Editorial | Post Scriptum | Billet | High-tech | Vu d'ici | Scalpel | TV en direct | Chronique littéraire | Billet | Portrait | Au jour le jour | Edito










www.my-meteo.fr

Votre navigateur ne supporte pas le format iframe
Votre programme TV avec Télé-Loisirs