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Le Maroc dans un Top 10 peu glorieux

Documents falsifiés, ressortissants expulsés, passeurs affairés…




Les Marocains continuent de figurer en bonne place dans les statistiques de Frontex. Pour la deuxième année consécutive, ils sont classés au Top 10 des nationalités dont les citoyens utilisent des documents frauduleux pour entrer illégalement à l’UE ou dans l’espace Schengen, des passeurs détectés et des personnes refoulées par force.
Selon le dernier rapport annuel d’analyse des risques de cet organisme chargé de la gestion de la coopération aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne, le Maroc,  la Syrie et l'Ukraine arrivent en tête des  97 nationalités dont les citoyens utilisent des documents frauduleux pour entrer illégalement dans l’espace Schengen ou dans des pays tiers. En 2014, plus de 800 Marocains ont été détectés en possession de documents frauduleux et un peu plus de 300 autres au cours des cinq premiers mois de 2015. La plupart des Marocains ont été repérés à l'entrée de la zone UE / Schengen, principalement lors du passage entre le Royaume et les présides occupés de Sebta et Mellilia et les arrivées sur les vols au départ de Casablanca (CMN) à destination de Rome ou Bruxelles.
Les ressortissants marocains utilisent souvent des documents espagnols (cartes d'identité, permis de séjour, passeport) ou des passeports marocains. La plupart de ces documents sont contrefaits par des professionnels marocains qui utilisent, pour ce faire, des documents originaux. Sur les 3.176 passeports et 878 cartes d’identité falsifiés, ceux dont les Marocains sont détenteurs représentent respectivement 69% et 34% contre 10% et  28% en 2014. Notre pays arrive également en tête des nationalités utilisant des titres de séjour  frauduleux avec 29% contre 20% en 2014.
Au total, il y a eu environ 1.400 faux documents de voyage émis par les pays africains et signalés comme frauduleux par les Etats membres de l'UE au cours de 2013. Ce chiffre a augmenté de 14% en 2014 et l’entame de 2015 semble s’inscrire dans la tendance des années précédentes. Ces chiffres  englobent  cependant toutes les personnes ayant présenté de faux documents d’origine africaine  et non seulement les ressortissants africains. Environ 85% de ces documents frauduleux ont été repérés à l'entrée des pays tiers et les documents les plus détectés sont les passeports délivrés par le Maroc, le Nigeria, le Sénégal, le Mali, la Guinée et la République démocratique du Congo.
Le Maroc a été également placé en tête du peloton des passeurs.  Le document de Frontex a révélé à cet égard que le nombre de passeurs marocains identifiés est en hausse. Il est passé de 359 en 2013 à 647 en 2014 avant d’atteindre 877 en 2015, ce qui place les Marocains à la première place du classement par nationalité des passeurs détectés, devançant ainsi les ressortissants de la Syrie, de la Hongrie, de l'Espagne, de l’Albanie, de la Roumanie, de la Bulgarie, de la Turquie, de l’Egypte et de la Grèce. Le rapport a aussi  précisé que  les agents de Frontex ont détecté, au cours du troisième trimestre de 2015, 1.595  passeurs à l’intérieur du territoire dont 12% de nationalité marocaine et 956 au niveau des frontières terrestres dont 13% de Marocains.  
Un même constat a été dressé concernant les personnes refoulées. Les Marocains figurent parmi les principales nationalités dont les citoyens ont été expulsés en 2015 avec 6.109 personnes.     Le nombre de personnes refoulées par la force a atteint  4.739 contre 5.070 cas enregistrés en  2014 et 2.195 en 2013. Quant au retour volontaire des Marocains à la mère patrie, l’année 2015 a enregistré 822 cas contre 465 durant l’année précédente.  
2015 a également enregistré 2.744 cas de refus d’entrée de Marocains contre 3.577 en 2014 et  4.074 en 2013, soit une diminution de 35%.
Les refus au niveau des frontières terrestres ont baissé pour concerner seulement 1.446 cas contre  2.444 en 2014 et 2.995  en 2013 et, au niveau des frontières maritimes, 437  cas de refus ont été notifiés contre 470 l’année précédente.
Sur 2.744 cas de refus d’entrée,  176 ont été motivés par l’absence de documents de voyage valables contre 297 en 2014, 227  pour non-détention de visas ou de cartes de résidents contre 274 en 2014 et 154  concernent les personnes identifiées  comme inadmissibles  au niveau de l’UE contre 180 en 2014.  Les autres cas sont justifiés soit par l’usage de passeports, de visas ou de cartes de résidents falsifiés ou contrefaits ou par des raisons administratives ou de sécurité nationale.
Le rapport de Frontex a indiqué, en outre, que le Royaume figure au top des nationalités dont les détenteurs ont été détectés en séjour illégal au sein de l’UE avec 22.830 cas sur un total de 283.353. Un chiffre qui demeure, pourtant, en baisse de 4.3% par rapport à l’année précédente qui a enregistré 22.007 cas.  

Hassan Bentaleb
Samedi 5 Mars 2016

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