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Le Maroc bien parti pour une seconde ligne du FMI

Quel sera le prix à payer en cas de renouvellement de la LPL ?




Le Maroc bien parti pour une seconde ligne du FMI
La ligne de précaution et de liquidité (LPL) offerte par le Fonds monétaire international (FMI) au Maroc expirera en août prochain. D’ores et déjà on sait que le Maroc cherchera à la renouveler. «Nous avons une volonté de renouveler et le FMI a exprimé son désir de la renouveler», a déclaré le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Boussaid, en marge du Congrès régional organisé par le FMI et le Fonds arabe pour le développement économique et social, à Amman, en Jordanie.
Une déclaration qui a eu un effet positif sur le risque de crédit du Maroc, tombé à son plus bas niveau en près de trois ans. Le coût de l'assurance de la dette libellée en dollars du Maroc contre le défaut a chuté de 15 points de base hier à 178, le plus bas depuis août 2011, selon les données compilées par l’Agence financière Bloomberg.
Le gouvernement, a considéré la LPL comme un instrument de couverture, ce qui a été d’ailleurs salué par le FMI. C’est sur cette base que le Royaume est parti pour solliciter une seconde phase ou une rallonge de l’échéance.
Selon le ministre, cet instrument constitue un produit qu’il serait utile de renouveler. «Cela ne peut être que bénéfique d’avoir une telle assurance», a indiqué le ministre lors de la conférence qu’il a organisée en présence de la directrice générale du FMI qui était en visite officielle au Maroc la semaine dernière.
Cette dernière n’a pas écarté cette possibilité bien que le Maroc n’ait pas usé de cette ligne durant les 24 mois de son ouverture.
La DG du FMI a  estimé que sont institution est «à la disposition des autorités marocaines pour évoquer un autre programme de cette nature ou plus concrètement une autre ligne de précaution et de liquidité ». Selon la patronne du FMI, cela relève de la décision des autorités marocaines, mais «nous sommes tout à fait favorables au principe du réexamen et d’une renégociation».
 Elle n’a d’ailleurs pas manqué, à l’image de M. Boussaid, d’estimer que le gouvernement a enregistré des résultats satisfaisants en matière de rééquilibrage des indicateurs macroéconomiques.
Les mesures, dans la plupart du temps douloureuses, du gouvernement, conjuguées à la diminution des prix du pétrole, ont permis de réduire les déficits jumeaux et de reconstituer en partie les réserves.
Des propos qui ne doivent pas écarter de notre  vision le prix payé par le Maroc, surtout les classes moyennes et les couches vulnérables, pour arriver à soi-disant, mettre le train des finances publiques sur la voie du rétablissement des équilibres.
La première chose à citer dans ce sens et qui a été relevée par Mme Lagarde, c’est l’augmentation durant les deux dernières années, notamment, de la population jeune, qui reste d’après elle «trop importante» (30%).
Ce qui l’a amenée à exhorter les pouvoirs publics à adopter des réformes dans le sens d’une croissance plus créatrice d’emplois.
Outre la hausse du chômage, il y a lieu de revenir sur l’acharnement du Maroc au respect « à tout prix » du cahier des charges signé lors de la contractualisation de la LPL.
Selon le ministre lui-même, qui avançait que le gouvernement a réussi à atteindre les objectifs fixés par le FMI  pour la fin 2013, le Maroc n’a pas été certain d’arriver à satisfaire les exigences de l’institution internationale. «Nous étions inquiets en septembre mais nous avons finalement réussi à enclencher le début du rétablissement des finances publiques», a reconnu le ministre.
Des coupes drastiques dans le budget d’investissement qui ont eu un effet négatif sur la commande publique, qui constitue un levier stratégique du développement économique et social, et par conséquent sur l’investissement privé et partant sur le chômage. Sans évoquer la cure d’austérité qui a frappé de plein fouet  la quasi-totalité des budgets ministériels et surtout les dépenses d‘investissement, qui ont été le parent pauvre de la précédente loi de Finances, mais aussi de celle en préparation.
Ceci dit, il y a lieu de s’interroger sur le prix que le Maroc sera dans l’obligation de payer en cas de renouvellement de la LPL. Outre les intérêts à verser (1%, soit l’équivalent de 62 millions de dollards), le Royaume sera tenu de  respecter les recommadations d’un autre programme.
La condition sine qua non est «un réexamen et une autre négociation», mais quel serait le prix que le Maroc devrait payer dans ce cas? 
   

Mohammed TALEB
Jeudi 15 Mai 2014

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