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"Le Maroc à l'épreuve du terrorisme" de Aziz Khamliche : Et le terrorisme continue (2)




"Le Maroc à l'épreuve du terrorisme" de Aziz Khamliche : Et le terrorisme continue (2)
Lors d'une rencontre avec la presse, mardi 20 mars 2007 à Rabat, le ministère de l'Intérieur a annoncé que la cellule de Abdelfettah Raydi était composée de 30 individus ayant pour la plupart des antécédents judiciaires en relation avec les attentats du 16 mai 2003, dont 24 ont déjà été arrêtés après l'attentat dans le cybercafé de Sidi Moumen, le 11 mars. Les arrestations avaient été effectuées à Salé, Casablanca, Agadir, Rabat et Tiznit. Selon les mêmes sources, les membres de la cellule ciblaient le port de Casablanca, une caserne des forces auxiliaires et des postes de police à Casablanca. Ils s'apprêtaient également à perpétrer des agressions contre des forces de l'ordre. La découverte, mercredi 14 mars, de 200 kg d'explosifs dans l'appartement qui abritait des terroristes n'a fait que renforcer les craintes. 223 personnes ont été arrêtées, à cette occasion, dont 186 furent relâchées. Les 30 membres de la cellule de Raydi exerçaient de petits métiers et commerces. 16 d'entre eux sont âgés entre 18 et 27 ans et 60% sont issus du même quartier de Sidi Moumen. 
Surprises.
A l'aube du mardi 10 avril 2007, quatre individus, qui détenaient des explosifs, ont trouvé la mort lors d'une course-poursuite avec des membres des services de sécurité à Hay Al Farah à Casablanca. 
Ayoub Raydi et deux de ses acolytes, en l'occurrence Mohamed Rachdi et Saïd Beloued se sont fait exploser, alors que Saïd Mentala a été abattu par les forces de l'ordre. 
 - Ayoub Raydi, frère d'Abdelfettah, est né en 1984, poissonnier, résidant à Derb Soltane. Son niveau scolaire ne dépasse pas l'école primaire.           
Recherché depuis la mort de son frère, il fait sa réapparition le 10 avril, quand il décide de s'exploser, entraînant avec lui l'inspecteur de police Mohamed Zindiba.
  - Mohamed Rachdi, né en 1970 à Casablanca, réside à Sidi Moumen comme les deux autres membres de son groupe. Il était ouvrier et dispose d'un niveau scolaire secondaire.
Recherché pour avoir été impliqué dans le meurtre d'un gendarme, il s'est fait exploser à Hay El Farah.
- Saïd Beloued est né en 1974 à Casablanca. Il est électricien et a un niveau scolaire secondaire. Il est inconnu des services de police. Le 10 avril, il ne se trouvait pas dans la maison de Hay El Farah. Surgi à l'improviste, il cherchait à se rapprocher de la police et des hauts gradés. Il se dirigea alors vers les policiers et se fait exploser non loin d'eux et des journalistes présents sur les lieux.                                                                                                           - Saïd Mantala. alias "Warda",  est né en 1973 à Casablanca. D'un niveau scolaire équivalent à l'école primaire, il était sans emploi et il était recherché depuis le 16 mai 2003.
Encerclé par la police et ne voyant aucune issue, il décide de sortir le sabre à  la main. Son corps a été criblé de balles.
Le 14 avril 2007, deux nouvelles explosions ont été signalées samedi 13 avril, au Boulevard Moulay Youssef. Selon des sources sécuritaires, il s'agissait là encore d'un double attentat suicide. Les terroristes, deux frères, étaient apparemment munis de ceintures d'explosifs.
Il s'agit de Mohamed Maha, né en 1975 à Casablanca et de son frère Omar. Mohamed est né en 1975 à Casablanca et Omar en 1979. Les deux frères résident dans une baraque édifiée sur le toit d'un immeuble à Derb Soltane. Le premier est ouvrier et le second commerçant. Tous les deux ont quitté l'enseignement au niveau du Collège. 
Selon des témoins, un des volontaires de la mort s'est approché du consulat général américain, dans le quartier Gauthier, alors que l'autre se dirigeait vers un centre américain privé, l'American language center, tous deux situés dans le même périmètre dans le centre-ville de Casablanca. Devant la présence policière dans ce secteur, ils se sont fait exploser, à une minute d'intervalle. Selon des témoins, un des deux terroristes a demandé à un policier qui se trouvait à un barrage à une centaine de mètres du centre américain de pouvoir y pénétrer et alors que le policier lui demandait des explications, il s'est fait exploser. Une passante a été blessée, a indiqué une source policière.
En octobre 2008, des jugements allant de l'acquittement à 30 ans de prison ferme ont été prononcés à l'encontre des membres de la cellule Raydi , au nombre de 51 dont une femme, condamnée à deux ans avec sursis après avoir donné naissance à un bébé alors qu'elle était en détention. .
Youssef Khodri, qui a pris la fuite, a été condamné en octobre 2008 à 10 ans de prison ferme. 
Hicham Doukkali, l'ingénieur  de Meknès
Lundi 13 août 2007, vers 11h45, le jour de son anniversaire, un jeune ingénieur d'Etat en génie civil, travaillant aux services des impôts à Meknès, marié et sans enfants, Hicham Doukkali, alias "Abou Qatada", a fait exploser une bonbonne de gaz, à quelques mètres d'un autocar de touristes. La déflagration, qui s'est produite à la place Lahdim, l'un des endroits les plus fréquentés par les touristes étrangers qui visitent la Médina de cette cité impériale, n'a fait aucune victime, ni dégâts matériels. L'explosion a, en revanche, arraché un bras du volontaire de la mort qui a été évacué vers l'hôpital militaire Mohammed V de Meknès.    
Selon le ministère de l'Intérieur, cet "acte individuel" s'inscrit dans le cadre d'une tentative désespérée des milieux terroristes face à  la vigilance des services de sécurité consistant en le renforcement des mesures de sécurité et aux campagnes d'assainissement menées pour restreindre la marge de manœuvre des éléments terroristes et lutter contre le terrorisme. 
Né le 13 août 1977, Hicham Doukkali a paniqué au moment où il s'apprêtait à  commettre son forfait, compte tenu, dit-on, de l'étau qui s'est resserré autour des groupes extrémistes, avec le renforcement des mesures de contrôle et de sécurité et les campagnes d'assainissement menées dans plusieurs villes du Royaume, notamment à  Meknès.
En pleine période estivale, soit le 6 juillet, le royaume avait mis toutes ses forces de sécurité en état d'alerte maximum pour contrer une "menace sérieuses d'actions terroristes" qui, selon les experts, émanerait de la branche maghrébine d'Al-Qaïda.
La police antiterroriste a ainsi arrêté des dizaines de suspects depuis six mois, selon une source policière. "Cette campagne a mis les terroristes sur la défensive et a déstabilisé leurs complots, les poussant à commettre des actes de désespoir comme celui-ci", a avancé une autre source. 
Suite à cet attentat, il a été procédé à l'arrestation de quatre ingénieurs collègues du terroriste ainsi que de sa femme. L'un des individus arrêtés aurait avoué avoir été mis au courant par Hicham Doukkali de ses projets terroristes. 
H. Doukkali avait adhéré à l'association islamiste de Cheikh Yacine, "Al Adl Wal Ihssane" en 1998, alors qu'il entamait des études en mathématiques à Tanger, et il aurait été encadré par un "adliste" qui poursuivait lui aussi ses études dans une école spécialisée dans la ville du Détroit.
Il se fera connaître à l'Ecole Hassania (des travaux publics) parmi ses compagnons pour ses tendances islamistes radicales et son refus d'accomplir la prière en compagnie de ses camarades de classe, dont il n'hésitait pas à faire des procès en désaveu. Ses voisins, en revanche, affirment, selon une autre source,  qu'il n'était pas connu comme extrémiste et expriment leur consternation et leur frustration à ne trouver aucune explication à son comportement illogique. Ils considéraient Doukkali comme un homme pacifique, et rien n'aurait pu laisser deviner de telles intentions. 
Au service des impôts où il travaillait, ses collègues font eux aussi part de leur grand étonnement, car il était rigoureux et ponctuel. La famille de Doukkali, sous le choc, a refusé de fournir des explications à la presse, estimant qu'il est " innocent et n'est pas un extrémiste".  
Le psychiatre Driss Moussaoui explique, à cet effet, que de nombreux facteurs culturels, notamment ceux liés à l'identité, sont à l'origine de tels actes terroristes. Certains individus sont en conflit avec leur identité religieuse, explique-t-il. "Quelques-uns se posent actuellement la question de savoir s'ils sont suffisamment musulmans. Ils foncent dans une démonstration par rapport à eux-mêmes et aux autres pour prouver qu'ils sont plus musulmans que les autres et qu'ils défendent la religion."        
En Juillet 2008, Hicham Doukkali a été condamné à la prison à perpétuité, alors que son complice, Hassan Azougar, a écopé d'une peine de dix ans de prison.
Ce verdict a été confirmé en appel, le 25 novembre de la même année. 

Libé
Vendredi 3 Septembre 2010

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