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Le Kirghizstan prêt pour les Jeux Nomades et leurs surprenantes disciplines




Les sabots des chevaux se mélangent aux bras tendus de dizaines de cavaliers qui s'affrontent sur une steppe d'Asie centrale pour attraper le "ballon". Celui-ci, en l'occurrence, est le cadavre d'une chèvre fraîchement décapitée.
Après de longues minutes de mêlée, au rythme des hennissements des chevaux et des cris de leurs cavaliers, un homme parvient à s'extraire de la masse avec la carcasse de l'animal, avant d'être immédiatement pris en chasse dans une poursuite frénétique.
Immortalisé par Joseph Kessel dans son livre "Les Cavaliers", ce sport s'appelle kok-borou (Loup gris) au Kirghizstan, bouzkachi (Attrape-chèvre) en Afghanistan, et ce sera l'épreuve reine des Jeux Nomades mondiaux organisés en septembre au Kirghizstan.
Une première édition a eu lieu en 2014 dans ce pays pauvre d'Asie centrale, où les organisateurs assurent que les Jeux visent à préserver les traditions nomades menacées par la mondialisation. Cette année, 40 pays vont envoyer des athlètes au Kirghizstan.
Parmi les sports proposés, d'anciennes versions de la lutte, des épreuves de chasse, des courses de chevaux et, en point d'orgue, la compétition de kok-borou.
"Certains pourraient dire que c'est un sport cruel mais pour nous, c'est quelque chose de national, qui fait partie de nous", explique à l'AFP Témir Moldokoulov, 31 ans et membre de la sélection kirghize de kok-borou. "Pendant ces Jeux, nous ne représenterons pas seulement notre pays mais aussi nos ancêtres", poursuit-il.
Dans un pays instable comme le Kirghizstan, marqué par deux révolutions au cours des dix dernières années, les Jeux Nomades sont aussi une question de fierté nationale.
Cette année, le nombre de nations qui vont participer à partir à l'évènement organisé pendant deux semaines sur les berges du lac Issyk-Koul, à 70 km de la capitale Bichkek, a doublé par rapport à 2014.
L'Etat kirghiz a même lancé des éditions spéciales de timbres et de pièces de monnaie pour célébrer les Jeux, dont le logo est aussi porté en broche par les présentateurs de la télévision nationale.
Mais si le comité d'organisation explique être en mission "pour faire revivre et préserver la culture, l'identité et le mode de vie des peuples nomades à l'ère de la mondialisation", certains émettent des réserves sur le coût de ces Jeux.
Le gouvernement kirghiz a reconnu que la rénovation du stade où la plupart des épreuves auront lieu dépassera les 14 millions d'euros au lieu des 6,2 millions d'euros prévus à l'origine.
Nourdin Soultambaïev, du comité d'organisation, assure que les jeux font partie "du long chemin" entamé par le Kirghizstan. Ces investissements seront rentabilisés par la hausse des revenus touristiques, assure-t-il.

Samedi 17 Septembre 2016

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