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Le Groupe socialiste tire la sonnette d’alarme




L’opposition ittihadie met en garde contre toute tentative d’exploiter les médias à des fins idéologiques

Le Groupe socialiste tire la sonnette d’alarme
Au vu de certaines attitudes qui incombent à l’actuelle majorité numérique, il y a un risque certain, celui de voir cette dernière se complaire dans une sorte de monopole en matière de légiférer visant à imposer une vision unique concernant les politiques publiques.
Le Groupe socialiste  à la Chambre des représentants,  fidèle à ses principes et à ses positions, n’a pas manqué de le relever lors de  sa dernière réunion hebdomadaire du 16 avril courant.  Qu’il s’agisse  du débat relatif au projet de loi de Finances pour ce qui est des budgets sectoriels ou de la loi organique 02-12, avec  l’application des articles 49  et 92 de la Constitution, concernant la nomination des responsables à la tête des établissements et entreprises publics, l’attitude observée à l’égard de l’opposition par le gouvernement est de nature à  nuire à la méthodologie consensuelle qui a toujours été de rigueur à chaque fois  qu’il s’agit de grandes et importantes affaires concernant le pays.
Les membres de l’opposition ittihadie à la Chambre des représentants ont mis en garde contre le fait de considérer une logique fondée davantage sur le facteur numérique au sein de l’institution législative. La consolidation de cette logique, comme méthodologie de travail entre l’opposition et la majorité en ce qui concerne la mise en œuvre des lois organiques, entraîne l’absence du partenariat politique, de la discussion et de l’amélioration des textes. C’est la logique de l’idéologie étriquée qui prend le relais en matière de gestion de la chose publique dans des affaires déterminantes  pour la Nation et l’étape politique importante qu’elle vit.
Cette logique d’exclusion et renfermée intellectuellement au niveau des horizons fait fi du principe de la gestion étatique suppléée par la vision partisane. Ceci, d’après les membres du Groupe socialiste, augure de l’annulation des dispositions de la Constitution, notamment les articles 10, 60, 62 et 69, ainsi que des traditions de pouvoir au Maroc basées sur une approche participative quant aux affaires de l’Etat. Sans omettre que cette logique serait faite pour annoncer des régressions inacceptables dans l’exercice démocratique.
Cette exclusivité gouvernementale fondée sur la majorité numérique s’est traduite dans de nombreuses pratiques, surtout lors de l’examen des textes précités. Le gouvernement a essayé de faire passer le projet de  loi organique n° 02.12 en appliquant les dispositions des articles 49 et 92 de la Constitution au moment où les membres de la Chambre des représentants étaient préoccupés par la discussion du projet de loi de Finances, sachant que ces deux projets de loi revêtaient une importance aussi grande que stratégique.
Pour rappel, le Groupe socialiste, lors de la présentation de la loi organique relative aux établissements publics, cherchait à ouvrir un débat sur la nature de ces établissements et définir ce qui est stratégique et ce qui ne l’est pas, sans omettre de  veiller  à leur contrôle dans le cadre d’une bonne gouvernance et d’une application de la Constitution. Le gouvernement s’est souvent refusé à permettre à l’opposition d’avoir accès à l’information et aux documents nécessaires concernant les textes soumis au Parlement. De plus, les représentants de la majorité ainsi que les membres du gouvernement ont pratiqué la politique du silence, refusant ainsi de débattre de questions cruciales au sein des commissions parlementaires. Un mutisme qui dénote un comportement loin d’être civilisationnel et anti-démocratique comme ce fut le cas lors de la commission de la justice, de la législation et des droits de l’Homme, le vendredi 13 avril dernier.
Le Groupe socialiste à la Chambre des représentants, convaincu que la mise en œuvre des textes constitutionnels nécessite l’ouverture d’un dialogue entre les différents partis politiques représentés au Parlement, est persuadé que la participation de toutes les composantes nationales à ce débat est primordiale. Le Groupe socialiste tire la sonnette d’alarme quant au comportement du gouvernement et sa majorité arithmétique qui  affectent profondément le principe même du pluralisme et menacent l’orientation du pays vers le dialogue sur des questions vitales. Dans ce sens, il se réserve le droit de prendre les mesures nécessaires au cas où cette situation devrait perdurer. Par ailleurs, l’opposition ittihadie refuse de voir le Parlement devenir une Chambre pour faire des éloges ou applaudir aux orientations du gouvernement au sujet de la législation.
Dans le même cadre, le Groupe socialiste a débattu de la nouvelle  politique que le gouvernement compte mettre en œuvre dans le secteur de l’audiovisuel, et a mis en garde contre les risques  de soumettre celui-ci à des politiques fondées sur la logique partisane unilatérale et à la vision égocentrique dans une affaire qui intéresse toute la société et ne peut être acceptée que dans les régimes autoritaires et totalitaires.
En prévenant contre toute régression au niveau de la diversité et de la pluralité du produit médiatique marocain, le Groupe socialiste a insisté sur la nécessité d’opérer un changement et d’améliorer le rendement des médias sur la base d’un consensus national dans lequel le Parlement et les instances de gouvernance seront appelés à jouer un rôle essentiel allant dans le sens de la consolidation des acquis du peuple dans le domaine d’une pluralité, d’une diversité et d’une démocratie qui ont leurs références internationale et nationale dans le domaine des droits de l’Homme.  
L’opposition ittihadie met, par ailleurs, en garde contre toute tentative d’exploiter les médias à des desseins  idéologiques et de chercher à lui imposer le cachet d’un parti déterminé.  Le fait d’imposer de manière unilatérale des cahiers des charges aux médias audiovisuels publics  constitue, ajoute le Groupe socialiste,  une manière d’éviter et d’éluder une réforme authentique qui émane à coup sûr d’une volonté politique.
Les membres du Groupe socialiste ont également procédé à une première évaluation de leur action à propos du débat sur la loi de Finances, au niveau des commissions et des séances plénières, tout en saluant les interventions des membres du Groupe siégeant dans les commissions permanentes ou lors de la séance plénière et tout particulièrement celle prononcée par le président du Groupe lors de la séance plénière. 

Libé
Mardi 17 Avril 2012

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