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Le Groupe socialiste à la Chambre des représentants exprime son refus des coupes budgétaires

Ahmed Zaidi : Selon les premières prévisions, la décision gouvernementale engendrerait la perte de 50.000 postes d’emploi




Le Groupe socialiste à la Chambre des représentants exprime son refus des coupes budgétaires
La crise économique et financière et la décision du gouvernement Benkirane de procéder à des coupes budgétaires de 15 milliards de dirhams étaient au cœur de la discussion, lundi dernier, à la commission des finances et du développement économique suite à la demande présentée par les groupes parlementaires de l’opposition dont le Groupe socialiste à la Chambre des représentants qui a été le premier à en demander la réunion.
Comme à l’accoutumée, le gouvernement prétend que cette commission s’est réunie suite à sa demande conformément à l’article 45 de la loi organique de Finances de 1998, ce qui a provoqué l’ire des groupes de l’opposition, alors que ceux de la majorité ont soutenu la démarche du gouvernement.
Ahmed Zaidi, président du Groupe socialiste à la première Chambre a précisé que le rapport présenté par Nizar Baraka, ministre de l’Economie et de Finances a assimilé le Parlement à une institution d’enregistrement, précisant que son Groupe est le premier à avoir demandé la tenue de cette commission et que le recourt du gouvernement audit article peut être considéré comme un moyen de museler l’opposition et donc de l’empêcher de s’exprimer.
Cette situation a créé une confusion au sein de la commission, et après plusieurs tractations, il a été décidé de donner la parole au président du Groupe socialiste avant le ministre de l’Economie.
«La réunion d’aujourd’hui intervient suite à la demande des groupes parlementaires», a martelé Ahmed Zaidi lors de son intervention au nom du Groupe socialiste. Et d’ajouter :«Le gouvernement n’a pas pris l’initiative, et il ne l’a fait que sur notre insistance. N’était-il pas tenu d’informer le Parlement de sa décision conformément aux dispositions de l’article 45 ? L’exclusion de l’institution parlementaire n’est pas en harmonie avec les traditions démocratiques et le contexte actuel».
Tout en exprimant son rejet de cette décision qui aura des répercussions dangereuses sur la situation économique et sociale du Maroc, le Groupe socialiste a présenté quelques observations concernant aussi bien la forme que le contenu de cette décision.
Ethiquement parlant, le gouvernement aurait dû au moins informer tous les partenaires économiques, politiques et sociaux avant de prendre en catimini une telle décision qui est décisive pour la Nation toute entière. «Il est inconcevable que les entreprises marocaines représentées par la CGEM n’aient pas été consultées. Et il est inconcevable également que le gouvernement ait exclu l’opposition parlementaire de son agenda de consultations avant de prendre une telle décision», a affirmé le président du Groupe socialiste. Mais ce qui est grave, selon lui, c’est que des partis composant la majorité s’en démarquent.
A maintes reprises, le Groupe socialiste a mis en garde contre la politique menée par le gouvernement, et a présenté des propositions citoyennes. Mais «le gouvernement n’en a pas pris acte, et il a traité nos propositions qui sont opérationnelles et citoyennes pour faire face à la crise, de manière à fois  idéologique, suspecte  et avec une vision électoraliste. Nous n’avons pas besoin de vous rappeler les détails de tout cela, mais j’aimerais bien que vous vous référiez à certaines dates et que vous relisiez quelques documents de l’opposition ittihadie qui peuvent vous être utiles aujourd’hui en vue d’épargner à la Nation de s’enfoncer dans le gouffre», a-t-il souligné. Il a rappelé dans ce sens l’intervention du Groupe socialiste lors de la discussion du programme gouvernemental à la Chambre des représentants et son intervention au sujet de la loi de Finances 2012-2013…
Juridiquement parlant, en prenant cette décision, le gouvernement a bafoué la Constitution. Car il s’agit dans ce cas d’un amendement de la loi de Finances qui a été approuvée par le Parlement et, partant, toute modification de cette loi doit être approuvée par l’institution parlementaire. Certes le gouvernement s’est appuyé sur l’article 45 de la loi organique des Finances de 1998, mais il a violé cet article, car ce dernier stipule que le gouvernement est tenu d’informer les commissions parlementaires compétentes. Pis encore, alors le gouvernement devrait agir comme un seul homme pour défendre cette décision, ses composantes s’en sont rejeté la responsabilité et certaines ont menacé de démissionner et partant de faire sombrer le pays dans une crise politique.
En ce qui concerne le contenu de la décision du gouvernement dirigé par le PJD, Ahmed Zaidi a évoqué ses répercussions négatives sur l’avenir de l’économie nationale. Et selon les premières prévisions, elle  pourrait causer la perte de 50.000 postes d’emploi.
En outre, «le gouvernement, a ajouté Zaidi, recourt à la facilité et aux solutions purement financières et comptables. C’est là où réside une partie de la carence gouvernementale contre laquelle nous avions mis en garde lors de la discussion de l’actuelle loi de Finances. Au lieu de chercher les solutions et les fonds en luttant contre l’évasion fiscale, d’imposer les secteurs plus rentables et les fortunes, et de combattre réellement la corruption et la rente, l’Exécutif se contente seulement de parler sans rien faire».
Mais ce qui intrigue le plus le Groupe socialiste, c’est que le gouvernement entend justifier ses carences par le legs et les politiques du passé, tout en sachant qu’il a préparé deux lois de Finances et que les Marocains attendent jusqu’à maintenant que les promesses tenues lors de la campagne électorale en 2011 deviennent une réalité palpable.
Ahmed Zaidi a rappelé, dans ce sens, l’apport du gouvernement d’alternance présidé par l’ex-Premier secrétaire de l’USFP, Abderrahman El Youssoufi (1998-2002) qui a assumé cette responsabilité alors que le pays était menacé d’une crise cardiaque. Mais il s’est engagé dans une politique de réformes qui continue à donner ses fruits jusqu’à nos jours. A titre d’exemple, de 1999 à 2007, le taux de croissance s’est élevé à 5% en dépit de trois années de sécheresse ; ce gouvernement s’est acquitté de 14 milliards de dollars de la dette extérieure et a réduit  le taux de pauvreté de 16,2 à 9%, tout en  allouant 5 milliards au dialogue social…
De son côté, Nizar Baraka a brossé un tableau sombre de la situation économique et financière, et a défendu la décision prise par le gouvernement pour arrêter l’hémorragie.
Par ailleurs, le Groupe socialiste à la Chambre des conseillers a demandé une réunion urgente de la commission des affaires étrangères, des frontières, des zones occupées et de la défense nationale pour discuter des derniers développements concernant la cause nationale et interpeller à ce sujet le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération.

Mourad Tabet
Mercredi 17 Avril 2013

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