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Le G20 en ordre dispersé à Hangzhou face à l'impopularité des accords commerciaux

Les dirigeants reconnaissent une crise de confiance




Arrêt de négociations de nouveaux traités, meilleure répartition des richesses ou mesures protectionnistes en douce : les dirigeants du G20 cherchent des pistes pour répondre à la méfiance croissante de leurs concitoyens face à la mondialisation et au libre-échange.
Même si la déclaration finale du sommet de Hangzhou (est de la Chine) devait réaffirmer hier lundi une unité de façade pour soutenir le commerce international et relancer la croissance, jamais les pays du G20 n'ont adopté autant de nouvelles mesures pour restreindre les échanges de biens et services depuis sept ans.
Le rythme de progression du commerce mondial s'est effondré sous la barre des 3% depuis la crise financière de 2008-2009, contre plus de 7% lors des deux décennies précédentes.
La Chine, qui accueille le sommet, est d'ailleurs accusée par l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis de créer des distorsions sur le marché mondial de l'acier en l'inondant avec sa production excédentaire colossale.
"Les dirigeants du G20 ont tous reconnu à Hangzhou qu'il y avait une crise de confiance, que les gens ne voient pas les bénéfices de la mondialisation", a indiqué à l'AFP un responsable participant au sommet sous couvert d'anonymat.
Brexit oblige, les chefs d'Etat s'efforcent désormais de rassurer leurs concitoyens à l'approche d'échéances électorales importantes, notamment en France et en Allemagne l'année prochaine.
Mais le regain de réticence est surtout perceptible aux Etats-Unis où le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump, mais aussi sa rivale démocrate Hillary Clinton, ont d'ores et déjà exprimé leur opposition à de futurs accords commerciaux comme celui négocié actuellement avec l'UE (TTIP ou Tafta).
Si le président américain Barack Obama est arrivé à Hangzhou afin de donner un coup d'accélérateur pour boucler cet accord avec Bruxelles avant son départ de la Maison Blanche en janvier, son homologue français François Hollande a plutôt exprimé son intention d'y donner un coup de frein.
Dans les jours qui ont précédé le sommet du G20, le gouvernement français a durci sa position. Le Premier ministre Manuel Valls a exigé "un coup d'arrêt clair" dans les négociations.
"Rien de nouveau sous le soleil", a toutefois répliqué le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, lui aussi à Hangzhou.
Il a assuré que les négociations ne seraient pas interrompues et que Bruxelles conservait son mandat pour les mener, en dépit des contestations exprimées non seulement à Paris, mais aussi à Berlin.
Le ministre allemand de l'Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel, a estimé que les discussions avaient de facto échoué car les Européens ne devaient pas céder aux exigences des Etats-Unis. La chancelière conservatrice Angela Merkel continue néanmoins de défendre le projet, dans un pays qui se rendra également aux urnes en 2017.
Mais face à la poussée du parti populiste AfD, qui a remporté dimanche un succès électoral important dans une région de l'ex-RDA communiste, Mme Merkel plaide désormais pour une meilleure répartition des bénéfices des échanges commerciaux. Le Premier ministre canadien Justin Trudeau était sur la même ligne.
Partant du constat que "les classes moyennes travaillent plus dur que jamais et ont l'impression de ne pas s'en sortir", il a plaidé samedi à Hangzhou pour une meilleure répartition des fruits de la mondialisation.
Trudeau n'en a pas moins lancé un avertissement à ceux qui se laisseraient tenter par des programmes d’isolement comme ceux de Trump.

Mardi 6 Septembre 2016

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