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Le «Coup de cœur» du FIFM au cinéma marocain : «Le retour du fils» d’Ahmed Boulane à l’affiche à Marrakech




Le «Coup de cœur» du FIFM au cinéma marocain : «Le retour du fils» d’Ahmed Boulane à l’affiche à Marrakech
«C’est un très bon geste que le cinéma marocain soit présent de façon aussi forte au Festival international du film de Marrakech (FIFM): à l’ouverture, à la clôture et dans la rubrique «Coup de cœur». Cette démarche est très positive et j’espère qu’elle va continuer vu qu’on produit maintenant plusieurs films par an, une vingtaine environ», a confié satisfait dans un entretien à Libé Ahmed Boulane. Venant d’un réalisateur qui n’a pas sa langue dans sa poche, ce compliment témoigne du symbole que représente cette triple initiative du Festival auprès des professionnels et cinéphiles inconditionnels du cinéma marocain.
En effet, pour sa onzième édition et pour la première fois de son histoire, le Festival international du film de Marrakech (FIFM) a choisi d’honorer de la plus belle manière le 7ème Art marocain, en le faisant valoir dès l’ouverture du Festival comme à sa clôture et en lui consacrant son «Coup de cœur». Parmi les quatre productions retenues dans ce dernier volet, les festivaliers ont eu le bonheur de vivre, mardi, les péripéties de Mehdi (Warren Guetta) et de son père, Aziz (Younès Megri), les personnages principaux du dernier opus d’Ahmed Boulane : «Le retour du fils».
Dans ce film d’1h25, le réalisateur marocain du film «Les Anges de Satan» aborde un sujet qui lui est cher. «Une histoire un peu personnelle», dit-il, dont la trame repose sur le personnage de Mehdi qui décide, quinze ans après avoir été kidnappé par sa mère française, de retourner au Maroc pour voir son père Aziz (Younès Megri). Le jeune homme, aujourd’hui la vingtaine, veut apprendre à connaître son pays natal où il rencontre une jeune femme marocaine. Sauf qu’il passe moins de temps à la maison auprès de son père Aziz, qui voit d’un mauvais œil cette relation. Le fils qui, se dispute de plus en plus fréquemment avec son père, décide un jour, après une discussion orageuse de s’en aller. Le pire cauchemar pour Aziz commence.




Libé : Cette année, un film marocain fait l’ouverture et la clôture du Festival de Marrakech. Est-ce un signe fort pour le 7ème Art national ?

Ahmed Boulane : C’est un très bon geste que le cinéma marocain soit présent de façon aussi forte au Festival du film de Marrakech: à l’ouverture, à la clôture et dans la rubrique «Coup de cœur». J’étais dans des festivals en Suède à Göteborg et même en Inde à Goa, et là-bas,  j’ai vu comment on s’organise pour que leur cinéma soit présent. Le FIFM est un Festival international pour promouvoir la production nationale. De ce point de vue, je dirais que cette démarche est très positive et j’espère qu’elle va continuer vu qu’on produit maintenant plusieurs films par an, une vingtaine environ. Ce serait déjà une manière de promouvoir au moins un quart de la production nationale à travers ce Festival, si l’on a cinq ou six films par édition.

Dans le même sens, pensez-vous qu’il y ait d’autres initiatives symboliques à prendre pour justement promouvoir le 7ème Art marocain ?

Je pense que les organisateurs savent mieux que moi ce qui est bien pour le Festival. Dans tous les cas, toute bonne initiative est une bonne chose pour le Festival. Une chose est sûre, c’est que la présence du cinéma national à cette édition fait plaisir.

Votre film «Le retour du fils» a été présenté mardi dans la rubrique «Coup de cœur». Que pourriez-vous nous dire sur ce film ?

J’ai commencé à écrire le sujet du film «Le retour du fils» pratiquement en 2000. Il devait normalement sortir bien avant d’autres productions mais cela n’a pas été possible. J’ai eu quelques difficultés à le sortir : je n’ai pas pu avoir les financements au début des années 2000. J’ai donc dû, entre-temps, réaliser «Les anges de Satan», ce qui  ne m’a pas permis de terminer ce sujet.
Ce qu’il faut savoir, c’est que ce film est un peu une histoire personnelle. Et comme je n’avais pas de moyens pour le produire, j’ai fini par le reprendre autrement, sous un autre angle. Car, cela faisait le quatrième scénario que j’ai écrit. Ce n’est pas quatre versions, mais quatre scénarios. C’est la dernière version que j’ai retenue et qui a eu l’aval de l’avance sur recettes, la coproduction de la SNRT et de la Francophonie.

Vous parlez de difficultés de financement. Est-ce que ce problème persiste encore dans le milieu cinématographique marocain ?

Ce que je veux dire, c’est qu’il peut arriver qu’on dépose des scénarios et qu’ils ne soient pas choisis. Ce qui est tout à fait normal. A ce jour, je suis à mon troisième film soutenu par l’avance sur recettes.
Tout compte fait, je suis finalement content de n’avoir pas fait ce film il y a 7 ou 8 ans. Cela m’a en quelque sorte permis de réaliser «Les anges de Satan». Ce que je ne regrette pas vu que ce long métrage fait en ce moment le tour du monde, tout simplement parce qu’il évoque une révolte des jeunes. D’ailleurs, on le prend comme un film sur le Printemps arabe, sachant qu’il a été fait en 2006 et l’histoire s’est passée en 2003.

Serait-ce juste de dire que vous avez vu venir ce mouvement ?

Non. Par contre, je dirais plutôt que c’est le Maroc qui a vu venir les choses bien avant d’autres pays. Le Printemps arabe, on le vit depuis les années 60. Des repères marquent ce mouvement : 1965, 1981, 1983, 1993, 2003. Le Maroc a vécu ces protestations pendant le Protectorat et après l’indépendance. Nous avons donc toujours été en avance.

Ces mouvements peuvent-ils inspirer un film ?

Je pense qu’on devait passer à une vitesse supérieure et ne pas s’attarder sur ça. Le Maroc a sa spécificité, il est différent. Le Maroc c’est le Maroc, l’Afrique, la Méditerranée, les Berbères, les Andalous, etc. C’est un carrefour de plusieurs religions, civilisations et beaucoup de couleurs.

Le Retour du fils
Quinze ans après avoir été kidnappé par sa mère française, Mehdi (Warren Guetta), aujourd’hui la vingtaine, retourne au Maroc pour voir son père Aziz (Younès Megri). Le jeune homme, moitié français moitié marocain, veut apprendre à connaître son pays natal. Il rencontre une jeune femme marocaine et passe ainsi moins de temps à la maison auprès de son père. Aziz voit d’un mauvais œil cette relation et se dispute de plus en plus fréquemment avec son fils. Un jour, après une discussion orageuse, Mehdi s’en va et ne rentre pas le soir à la maison. Le pire cauchemar d’Aziz commence…


Propos recueillis par ALAIN BOUITHY
Jeudi 8 Décembre 2011

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