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Le Brésil, pays du “Fussball”




Le Brésil, pays du “Fussball”
La première idole du pays du "futebol" et la première star de sa Seleçao étaient d'origine... allemande: l'empreinte germanique est historiquement cramponnée au Brésil, dont l'équipe nationale affronte l'Allemagne en demi-finale du Mondial-2014 mardi.
Bien sûr, le football y a été importé par des Anglais. Selon la version communément admise, le tout premier match a été organisé en 1895 à Sao Paulo par Charles Miller, né au Brésil mais devenu footeux lors de ses études en Angleterre. Rivalité oblige, on parle d'un précédent à Rio dès 1894 sous l'égide de l'Ecossais Thomas Donohe.
 
Pionniers 
Deux Hambourgeois ont posé des jalons historiques au Brésil. Le SC Germânia, un des premiers clubs créés à la fin du XIXe siècle, par un certain Hans Nobiling, participe avec quatre autres formations à un tournoi à Sao Paulo en 1902, considéré comme la première compétition de foot au Brésil. Au début, ce n'est pas l'Allemagne qui gagne: le SC Germânia perd le tout premier match, face au Mackenzie (1-2).
Le club doyen du Brésil est le Sport Club Rio Grande, fondé par un autre Hambourgeois, Johannes Minnemann, en 1900. Les autres clubs nés à la même époque ont tous disparu ou fusionné.
Autres clubs aux racines germaniques: le Coritiba, bébé de l'Allemand Fritz Essenfelder sous le nom de Clube Ginastico Teuto-Brasileiro; le Grêmio de Porto Alegre, dont le premier président, Carlos Luiz Bohrer, est d'origine allemande; et même son rival local, l'Internacional, destiné aux non Allemands par Henrique et José Poppe, frères aux origines... allemandes.
 
Jeunes premiers 
Hermann Friese avait joué au Germania hambourgeois (ancêtre du Hambourg SV actuel) et a naturellement rejoint son pendant pauliste en immigrant au Nouveau Monde. En 1903, le joueur du SC Germânia surgit comme la première vedette du foot au Brésil. Le quotidien O Estado de Sao Paulo consacre le "Reizinho" (petit roi) comme "le footballeur le plus sensationnel de tous les temps"...
Bien avant Leônidas et Pelé, le premier génie de la Seleçao s'appelle Artur Friedenreich. Fils d'un commerçant allemand blanc et d'une lavandière brésilienne noire, formé au Germânia, ce buteur participe au premier match de l'équipe nationale, en 1914, et lui offre sa première Copa America, en 1919, en marquant l'unique but en finale contre l'Uruguay. L'Amérique du Sud se pâme devant le talent du "Tigre" ou "Pé de Ouro" (pied en or), auteur de 1329 buts en 26 ans de carrière selon la Fifa.
 
Ambassadeurs
Il n'y a pas eu d'Allemand pour jouer en club au pays du "futebol". En revanche après le pionnier Zeze, attaquant parti au bout de cinq matches avec le FC Cologne en 1964 pour cause d'"allergie à la neige", de nombreux joueurs ont pu apporter à la Seleçao depuis les années 1990 leur expérience acquise en Bundesliga, surtout à Leverkusen et au Bayern Munich, la plupart dans un registre défensif (Dunga, Jorginho, Lucio...).
Aujourd'hui, ce sont Luiz Gustavo (Wolfsburg et ex-Bayern) et Dante (Bayern) qui donnent à la Canarinha la touche "alemã".
Réminiscence allemande au Mondial brésilien, Odebrecht, l'entreprise qui a construit l'Arena Corinthians, le nouveau stade de Sao Paulo, a été fondée par Emilio Jr Odebrecht, petit-fils d'un immigré allemand.
Le sud du pays, d'où vient le top model Gisele Bündchen, reste très marqué par l'immigration allemande au XIXe siècle encouragée par l'épouse du roi Pierre Ier du Brésil, la princesse Léopoldine, une Habsbourg, avec des implantations surtout dans les trois Etats méridionaux (Para, Santan Catarina, Rio Grande do Sul).
Une influence toujours vivace, comme l'atteste cette anecdote que l'écrivain Godofredo de Oliveira Neto raconte à l'AFP, vécue à Pomerode, près de sa ville de Blumenau: "Le Brésil avait gagné un match en Coupe du monde contre une équipe sud-américaine. Les gens sont sortis dans la rue en chantant un air brésilien connu dont les notes se transformaient peu à peu en une chanson du Tyrol bien connue".
L'auteur de "O Bruxo do Contestado", roman sur la colonisation allemande au Brésil, rappelle l'existence des Clubs de Chasse et Tir qui perpétuent la culture allemande dans le sud, y compris footballistique. "Au sein de ces clubs des environs de Blumenau où l'on parle encore allemand dans la rue, les gens sont pour l'Allemagne, même si le match se joue contre le Brésil".
Rendez-vous mardi. 

Lundi 7 Juillet 2014

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