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Le Big Brother américain ou le retour de l’enfant prodige




L’enfant prodige revient sur la terre de ses ancêtres. Accueilli en héros sur la terre qui a vu naître son père, le Kenya, le temps de brèves effusions d’émotion pour se diriger ensuite vers l’Ethiopie des Négus. Le pourquoi de ce voyage, c’est le discours historique qu’il vient de prononcer du haut du perchoir du siège de l’Unité africaine à Addis-Abeba. Dans son speech, le président Obama, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a appelé ces congénères à assumer leurs responsabilités en ce qui concerne le devenir du continent noir dans ce début du 21ème siècle. Loin des discours paternalistes dont avaient le secret les présidents français et autres dirigeants occidentaux qui venaient pour apporter une aide superficielle tout en repartant avec des contrats faramineux pour leurs sociétés tant pour les matières premières que pour les hydrocarbures, à la fin, les pays africains restaient sous la dépendance des ex-colonisateurs, donc des éternels assistés. Le président de la plus grande puissance mondiale a mis un trait sur la politique de son pays héritée du temps de la guerre froide1, il est venu avec le principe «Trade, not aid», échanges économiques et non assistance. Le message est on ne peut plus clair. Pour M. Obama, il est temps d’effacer cette image stéréotypée de l’Afrique sous-développée, il faut reconsidérer cette façon de voir et traiter d’égal à égal avec les pays africains dont certains connaissent une croissance plus que remarquable. Mais cet exposé ne s’est pas arrêté sur cette note d’optimisme, au contraire il a mis le doigt là où le bât blesse, à savoir l’absence de pratiques démocratiques, le népotisme et le manque de transparence dans les transactions étatiques avec les grandes sociétés et firmes étrangères qui n’hésitent pas à puiser dans les caisses noires créées à cet effet, autrement dit pour graisser la machine bureaucratique qui tend à s’enrayer avant la conclusion d’un contrat. C’est devenu un secret de polichinelle. Dans un autre volet tout aussi critique, le président  américain n’a pas caché son mécontentement au sujet épineux de l’obstination de certains présidents africains à rester accrochés aux rênes du pouvoir. Il a appelé au rajeunissement de la classe des dirigeants au niveau du continent, une manière d’apporter du sang neuf mais aussi de nouvelles idées qui sont à même de remettre l’Afrique sur les rails du développement surtout qu’elle a tout les atouts pour accéder au sommet. Les plus concernés par cette réprimande ne sont autres que les deux plus grands absents de cette réunion extraordinaire : le président nonagénaire du Zimbabwé et actuel président en exercice de l’Union africaine et l’indéboulonnable président algérien. Ces absences, selon les observateurs, ont fait éviter aux services du secrétaire d’Etat aux affaires étrangères américains  la gêne d’avoir à expliquer et à apaiser la colère des pays concernés. 
Dans son allocution, le Big Brother américain a insisté sur les échanges inter-africains car, selon lui, on peut trouver beaucoup de marchandises de bonne qualité et à des prix préférentiels dans les pays africains mêmes. Comble de l’ironie, il se trouve que la seule lueur d’espoir pour l’Afrique et le pays  qui a fait des échanges Sud-Sud son cheval de bataille dans le continent, à savoir le Royaume du Maroc, se trouve écarté des instances africaines par des pays qui pêchent en eau trouble en usant des mêmes pratiques dénoncées par le président américain. C’est ça l’Afrique, dirait la chanson française. 
Le discours de Barack Obama est une rupture avec les pratiques anciennes héritées de la guerre froide et en même temps il somme les pays africains à plus de démocratie et à laisser la place aux jeunes pour qu’ils participent aux destinées de leurs pays respectifs, autrement dit, un appel à tous ces présidents à vie ou à multiples mandats pour lesquels les constitutions ont été revues et corrigées à l’envi, à quitter la scène politique avant qu’il ne soit trop tard. Nous avons dans l’Egyptien Housni Moubarak et le Libyen Mouammar Kadhafi les meilleurs exemples.
A bon entendeur salut, aurait pu ajouter M. Obama.


1- Dans le temps, les Etats-Unis, comme la France, avaient ourdi par personnes interposées des coups d’état sanglants qui avaient amené au pouvoir des tyrans sanguinaires.
Parmi les victimes de ces coups de forces, il y a Patrice Lumumba du Congo Kinshasa et Thomas Sankara de l’ex-Haute Volta et actuel Burkina Faso.

 

Nejm-Eddine Mahla
Vendredi 31 Juillet 2015

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